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ne dort ni ne sommeille le Gardien d'Israël - Behold, He who keeps Israel will neither slumber nor sleep (Ps 121,4)

Monica Waitzfelder : "L’Oréal a pris ma maison : les secrets d’une spoliation" par Yaël König, écrivain

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Monica Waitzfelder

La traduction en anglais du livre de Monica Waitzfelder, « L’Oréal a pris ma maison : les secrets d’une spoliation », paru chez Hachette Littérature en 2004, paraît dans les jours qui viennent. L’ouvrage est introduit par une magistrale préface de Serge Klarsfeld.
Le monde anglo-saxon attendait cette parution avec une impatience que n’avait pas manifestée, il faut le reconnaître, le public francophone.
Dépassant les limites d’une recension littéraire, nous avons ici le souci d’expliquer cette dramatique affaire à nos lecteurs, affaire sur laquelle la Cour Européenne de Justice doit prochainement se prononcer.

De toute évidence, la femme qui me fait face n’a pas connu la dernière guerre mondiale. Pourtant ce conflit quasi planétaire, qui occupe une place prépondérante dans son existence, la lamine sans répit.
Née au Brésil, à Rio, Monica Waitzfelder a grandi auprès d’un frère aîné et de parents juifs d’origine allemande.
La petite Monica est douée pour la danse, le piano ; la musique est sa passion.
Mais comme un enfant juif n’a le droit de choisir qu’entre être médecin, médecin, ou médecin, Monica deviendra…médecin !

L’enfance de Monica aurait pu être heureuse. Ses parents s’aiment, et même si l’argent est loin de couler à flots, la vie suit son rythme tranquille.
Alors, pourquoi sa mère, Édith, court-elle se réfugier sous la table lorsqu’un avion traverse le ciel ?
Pourquoi s’effondre-t-elle à la mention du nom de L’Oréal ?
Quand elle va acheter du shampoing, pourquoi murmure-t-elle : « Ils ont fabriqué ce produit dans ma maison… » ?
Pourquoi cette mère, attentive, vive, intelligente, passe-t-elle des jours et des nuits à sangloter, refusant d’en donner la raison ? Refusant, ou ne le pouvant pas ?
Édith affirme ne plus se souvenir de sa mère, dont elle fut privée à 10 ans : n’est-ce pas la preuve qu’elle ne peut faire front à l’histoire terrible de sa famille sans s’y perdre à jamais ? Comment la croire lorsqu’elle laisse échapper parfois que sa chambre de petite fille mesurait 80 m² ? Pourquoi trouve-t-elle toujours toutes les maisons petites au Brésil, dans ce pays où pourtant tout est vaste ?

Édith Rosenfelder appartient à une famille vivant au numéro 19 de la Wendstrasse, à Karlsruhe, en Allemagne, dans cette superbe maison.

Les Rosenfelder, qui ont l’outrecuidance d’être juifs, vivront là jusqu’à fin 1936. Puis, le danger grandissant de la manière exponentielle que l’on sait, le grand-père de Monica, Fritz Rosenfelder, se rend en France. Et il s’y rend seul : sa femme et sa fille n’ont pas le droit de quitter l’Allemagne, pas plus que celui d’entrer en France. Elles sont obligées de se cacher.
C’est ainsi que la jeune Édith se retrouve, toute petite et toute seule, cachée dans la Forêt Noire.
Pour obtenir l’autorisation de les faire venir à Paris, Fritz est obligé de céder à un chantage comme seuls les nazis savent en combiner.
Le 24 mai 1937, après de prétendues tractations, le grand-père de Monica signe, sous la contrainte, à l’Ambassade d’Allemagne à Paris, un « accord » entre lui et la préfecture de police française, puis le consulat français en Allemagne, et enfin les nazis.
Cet accord permet à la famille de Fritz Rosenfelder de le rejoindre à Paris. Ainsi les parents Rosenfelder et leur fille Édith auront la vie sauve.
La maison sera remise aux mains de la Badischer Gemeinde Versicherung Verband (BGV) ; — à cette date on spoliait et tuait déjà les Juifs, mais en y mettant « les formes »— On se souvient en effet que le délire nazi se targuant de légalité, les bourreaux tenaient à justifier leurs innombrables spoliations.
Promesse est donc scellée d’échanger la vie des Juifs Rosenfelder contre cette splendide propriété.
Et que croyez-vous qu’il advint ?
Les Rosenfelder furent massacrés. Eux et toute leur grande famille.
Tous, sauf la petite Édith, qui, après des années de fuite et d’errance en France, des années de danger imminent, finira par se retrouver en Suisse.
En 1946 Édith, seule, mineure, orpheline, débarque au Brésil, parce que les USA n’acceptaient plus de réfugiés.
Plus tard, elle rencontrera là le futur père de Monica, cousin des gens qui, en Europe, à Montreux, avaient tenté d’aider la jeune orpheline à retrouver « un reste de famille ». En vain.

Durant son enfance, Monica apprend à ne pas interroger sa mère, ses questions projetant Édith dans une souffrance intolérable.
Monica sent, elle le sait, que la lourdeur écrasante qui oppresse son cœur et sa vie a une cause effrayante, mais elle ne sait pas laquelle. Née et grandissant au Brésil, elle connaît l’existence de la Shoa, elle sait que sa famille n’y a pas survécu, ne serait-ce que parce qu’autour d’elle tout le monde a une famille, sauf elle. Mais ce qu’elle ignore, c’est comment exactement tous ces gens ont été mis à mort.
Personne n’en a jamais rien dit. Et Monica sait qu’aucune de ses tentatives pour faire raconter sa mère n’aboutit jamais. Alors elle ravale ses questions. En outre, vivant sous une dictature militaire, elle a appris à se taire, comme les autres Brésiliens, quasiment au biberon ! Ainsi passent les années…
Monica perdra son père dans les années 70, d’un cancer.

En 1984, la jeune Monica vient en France.
Metteur en scène d’opéras, elle travaille principalement à l’Opéra de Paris.
À cette époque déjà lointaine, si elle est heureuse une fois sur son lieu de travail, elle ne comprend pas pourquoi elle souffre d’angoisse dans le train, le métro ou le RER, au point de se sentir mourir…
Elle ne sait quasiment rien du passé de sa mère ; elle ne sait même pas que ses parents sont passés par la France ! Heureusement, cette période difficile ne dure pas. Cependant, fidèle à sa détermination de vouloir toujours comprendre, Monica se décide à consulter un thérapeute. Au cours du travail qu’ils accomplissent ensemble, Monica dessine un jour, spontanément, à son grand étonnement, des barbelés emprisonnant de nombreuses personnes.
Rappelons que Monica n’est pas, à ce moment-là, au fait des détails sur cette entreprise d’extermination.
Le thérapeute lui suggère alors d’interroger sans tarder Édith. Elle doit savoir ! Et encore une fois Monica essaie. « Rien à faire, dira-t-elle ; pourtant, les rares fois où ma mère a parlé, sa mémoire s’est révélée impressionnante ; elle décrivait des détails, des couleurs de cette maison, des éléments dont j’obtiendrai confirmation par la suite. »

Rétrospectivement, Monica Waitzfelder pense être venue en France pour comprendre. Même si elle ne savait rien, ou pas grand-chose. D’ailleurs elle n’a pas cherché à savoir ; elle a toujours refusé de lire quoi que ce soit sur la Shoa, ou de visionner un film s’y rapportant ; « J’avais ça « en live » en la maison, sans en avoir conscience… »
Et puis…

Un jour de décembre 1999, Monica reçoit un appel téléphonique, prélude à de grands bouleversements.
Un membre de la Commission Mattéoli lui demande si elle a reçu un questionnaire au sujet de la spoliation des biens juifs.
Oui, elle l’a reçu. Mais que peut-elle faire ? Toute sa famille exterminée, sa mère ne pouvant raconter, pas de documents, pas la moindre preuve de ce qu’elle a commencé à comprendre : la belle demeure qu’évoquait parfois Édith Rosenfelder lui appartenait vraiment. Et il devient évident qu’Édith a droit à la reconnaissance de ce fait et à des réparations de guerre.

D’ailleurs Monica, du temps où elle vivait à Rio, se rappelle que les membres de la communauté juive ont reçu des réparations de guerre. Tous, mais pas sa mère ; comme si elle ne disait pas le vrai, comme si Édith était mythomane…

À partir de là commence un périple impressionnant, avec des rebondissements tels qu’un écrivain blanchi sous le harnais hésiterait à les inventer.

Monica reçoit les mémoires de son grand-père Rosenfelder, difficiles à déchiffrer, mais explicites. Elle en lit deux pages, puis repose les feuillets, pendant six mois ou un an. C’est que l’émotion la « tsunamise ».
Ce texte, écrit en prison, avant la déportation, sous l’emprise d’une peur viscérale, ne donne pas de détails, mais permet une lecture révélatrice entre les lignes. Fritz Rosenfelder ne sait pas alors qu’un jour on parlera, on écrira l’histoire de la Shoa… Les détails, les dates, le numéro de convoi, c’est plus tard que Monica les obtiendra, des services de Serge Klarsfeld, dont le combat n’est plus à présenter.
Monica, donc, téléphone en Allemagne afin d’obtenir les documents inhérents Nom de nom ! Evdémment !à la propriété de cette maison. On lui rétorque que… sa mère est folle !
On lui dira ensuite que la Wendstrasse, rue où se situe la maison n’existe pas !
Enfin « on retrouve la Wendstrasse », mais la maison aurait été bombardée…

Des années d’appels, de courriers restés sans réponse, d’invectives, et soudain — une négligence ?— Monica reçoit un document pour le moins révélateur : un permis de construire demandé par les nazis, qui avaient fait le projet d’abattre la maison pour construire un immense parking ! Mais surtout, dans l’historique des appartenances apparaît le nom des Rosenfelder, ainsi que tous les détails qu’Édith avait fournis sur sa maison !
L’employé du cadastre aurait-il « zappé » le fait que Monica Waitzfelder était une descendante des Rosenfelder ?
En tout cas, Monica respire, elle est heureuse ; tout va être exposé au grand jour. Candeur, quand tu nous tiens…
« En vrac », Monica apprend que si la maison ne fut pas restituée après la guerre, c’est qu’en février 1949, l’entreprise française l’Oréal avait déjà choisi d’y installer sa filiale allemande, et venait d’acheter, dans ce but, le 17 de la Wendstrasse, l’immeuble mitoyen, en attendant de réunir les 17 et le 19. En 1954 la BGV revend cette maison à l’Oréal Allemagne. Le contrat de vente précise que la maison est un bien spolié pendant l’époque nazie !

Le trouble passé politique des premiers dirigeants de l’Oréal, acteurs d’une extrême-droite proche de l’idéologie nazie, va jouer un rôle peu glorieux dans cette histoire.
Eugène Schueller, pour ne parler que de lui, fondateur de la firme française, était l’idéologue et le financier de la Cagoule, faction antisémite française ; la Cagoule était partout, dans la police, au gouvernement de Vichy... N’oublions pas que Schueller avait fait allégeance à Hitler… Voici d’ailleurs ce qu’écrit Monica Waitzfelder au sujet de certains membres de la Cagoule :
« Au sortir de la guerre, l’Oréal est là pour permettre à d’anciens collaborateurs, dont nombre de cagoulards, de se refaire discrètement une virginité. Ainsi Jacques Corrèze, (matricule cagoulard 552), secrétaire général du MSR (mouvement social révolutionnaire) et engagé dans la LVF( Légion des volontaires français : il a prêté serment à Hitler le 10 octobre 1940)se retrouve dans la filiale espagnole de l’Oréal, puis devient président de Cosmair, la filiale de l’Oréal aux Etats-Unis. Jean Filliol (matricule cagoulard43) principal homme de main de la Cagoule, est embauché sous le pseudonyme d’André Lamy. Sont également recrutés Gabriel Jeantet (matricule cagoulard 467) et Jean Leguay. Pour mémoire, ce dernier, adjoint de Bousquet au Secrétariat Général de la Police pendant l’Occupation et délégué du secrétariat pour la zone nord, est considéré comme l’un des principaux responsables de la rafle du Vél d’Hiv. »

En 1991, Jean Frydman dévoile le passé nazi de l’Oréal : André Bettencourt doit démissionner de l’entreprise ; il voulait devenir sénateur, il ne le pourra plus. Il fut même, brièvement il est vrai, interdit sur le territoire américain.
« Jean Frydman a découvert l’histoire, mais nous, nous sommes cette histoire ! » rappelle Monica. « On nous a tellement niés, tellement obligés à nous taire… Des gens comme nous finissent parfois par croire qu’ils n’ont aucun droit, aucun ! »

Et aujourd’hui encore, plutôt que de s’honorer de restituer à une famille ce qui lui appartient, l’Oréal se tait, l’Oréal se félicite de ce que la Cour de Cassation n’ait pas autorisé l’ouverture du dossier.

« Je croyais dur comme fer que la France était la patrie des droits de l’homme, mais j’ai découvert qu’elle est avant tout celle des droits des riches et des puissants, affirmera Monica à plusieurs reprises. C’est alors, continue-t-elle, que j’ai vraiment compris à qui j’avais affaire ! J’ai donné de nombreuses interviews ; peu d’entre elles ont été publiées. C’est pourquoi je rends particulièrement hommage à Alexandre Garcia, du Monde, qui publia le 8 mars 2001 un article circonstancié sur notre affaire de spoliation et de déni de la propriété. »

Monica Waitzfelder, relativement isolée, démunie, dont la cause émeut, est rattrapée par l’actualité, la vitesse de propagation de « nouvelles fraîches », par l’incapacité des gens à se concentrer et à agir dans le temps, des gens qui cependant, devraient la soutenir, l’aider, avancer avec elle.
Pourtant Monica continue. Et quand on lui demande pourquoi, elle répond :
« Le visage de ma mère ne me quitte pas. Quand la France a refusé d’ouvrir le dossier, au motif qu’il n’était « … pas de la compétence française », ma mère est tombée très grièvement malade. D’abord déprimée, elle a peu à peu chuté dans une incommensurable tristesse. Son organisme s’est mis très vite à refuser de fonctionner... Puis, moi qui suis médecin, j’ai constaté chez elle, pour la première et unique fois de ma vie, un phénomène étrange ; le long de sa colonne vertébrale les orifices de sortie des nerfs se sont refermés sur les terminaisons nerveuses, entraînant de terribles douleurs que même la morphine ne calmait pas. Ma mère, hospitalisée dans un service de soins intensifs, a hurlé de douleur pendant tout un mois. Elle a même subi un accident vasculaire cérébral. J’ai fait venir deux spécialistes de la douleur ; elle a fait de la physiothérapie… Elle n’a plus marché pendant trois mois. Elle prend toujours des remèdes, plus puissants que la morphine… Elle est aujourd’hui particulièrement fragile… Et bien que ce ne soit pas le plus important, tous ces soins sans sécurité sociale, laquelle n’existe pas au Brésil, ont fini de nous pressurer. J’assume seule cette charge énorme, et notre situation financière est très difficile. Mais ma mère a 78 ans aujourd’hui, et je veux que sa vérité, la vérité, soit reconnue. »

Monica explique qu’Édith a commencé d’aller un peu mieux le jour même où elle lui a lu au téléphone la magnifique préface de Serge Klarsfeld à la version anglaise de son livre.
En effet, 20 ans plus tôt, même Steven Spielberg, enquêtant sur les rescapés de l’immonde et ayant spécialement envoyé une équipe à Rio pour rencontrer Édith, dont il ne connaissait pas l’histoire, n’a pu obtenir les confidences de la mère de Monica. À l’époque, Édith n’avait pu évoquer que des banalités de la vie quotidienne… Rien n’est sorti des horreurs dont elle fut victime et témoin… Cependant elle avait conscience de l’importance de cette démarche de Spielberg, et les cartes de vœux pour Roch Hachana et Kippour qu’il lui envoie, écrites de sa main, sont essentielles pour Édith.

« En fait, explique sa fille, ma mère nous a révélé des « choses » quand elle était inconsciente, dans le coma, aux soins intensifs. Certains membres de l’équipe médicale qui s’occupaient d’elle ont avoué qu’ils avaient pleuré en l’écoutant… Aujourd’hui ma mère a besoin de soins constants ; deux infirmiers se relaient à son chevet, et un physiothérapeute la suit quotidiennement. »

En France, le doyen des avocats généraux de la Cour de Cassation a, dans un premier temps, déclaré que rien ne s’opposait à l’ouverture du dossier Rosenfelder.
Puis il y a eu soudain refus de cette même Cour.
Pourquoi ? À présent, Monica attend de la Cour Européenne de Justice qu’elle condamne la France, qui a refusé d’ouvrir le dossier.
Le jour où cela se fera, le jour où enfin un procès pourra être intenté, Monica Waitzfelder n’aura aucune difficulté à prouver que cette maison est celle de sa famille. Tout est prêt. Le dossier est inattaquable.
La seule « chance » de l’Oréal, c’est que ce dossier reste fermé.
« Devant un géant de cette engeance tout le monde se couche, déclare Monica. Et le seul moyen aujourd’hui de nous faire perdre, c’est de ne pas autoriser à ouvrir le dossier ! »

— Aujourd’hui où l’actualité met en lumière les 490000 millions de dollars issus de la vente d’œuvres spoliées, où les Juifs évoquent un « business de la Shoa », où une soixantaine de toiles réclamées par les avocats des ayants droits sont retirées de certains musées,
— Aujourd’hui où, au moment même où le livre de Monica Waitzfelder sort en anglais, la maison l’Oréal achète l’entreprise anglaise Body Shop pour 950000 millions d’euros,
— Aujourd’hui où Monica détient toutes les preuves de la légitimité de sa propriété,
— Aujourd’hui où l’Oréal peut réparer les terribles erreurs de ses aînés,
— Aujourd’hui où le monde grandit de reconnaître les fautes passées,
— Aujourd’hui où le monstre visqueux balance son horrible face, d’un pays à l’autre, attaquant ici, puis là,
Qu’attend la maison l’Oréal pour faire justice?
Nous ne comprenons pas.

Et notre incrédulité va encore plus loin : il y a eu réparations versées pour la spoliation de cette famille Rosenfelder, mais… elles ont été versées aux vendeurs du bien à l’Oréal, c'est-à-dire aux nazis eux-mêmes !!!!
Et ceci alors qu’après la guerre l’Allemagne elle-même avait déclaré cette vente illégale !

« Ma famille n’a pas de tombe, rappelle Monica. Je veux que justice lui soit rendue. On m’a dit un jour : « Vous savez, il faut oublier ; d’ailleurs la fille Bettencourt a épousé un Juif… Ah oui ? Et alors ? Est-ce que ça veut dire que ma famille n’est plus morte ? »

Yaël König
Écrivain

« L’Oréal a pris ma maison ». Monica Waitzfelder. Hachette Littératures. Paris 2004. Pages 46-47

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