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Moïse Rahmani

Mon ami AriƩ (30 janvier 2008)

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Mon ami Arié

Arié Renous, mon ami Arié. Je le connaissais depuis près de trente ans, depuis notre arrivée à Bruxelles.
Personnage charismatique, leader incontesté de la communauté juive qu’il contribua à forger, il brisa le monopole de la radio étatique en créant, ex-nihilo, Radio Judaica, la première radio juive d’Europe, sinon du monde. Il tint, envers et contre tous, remplaçant, à chaque saisie, les émetteurs (les caves du Palais de justice de Bruxelles les abritent…).
Radio Judaica, la voix de la Communauté juive, apportait, enfin, l’information que nous attendions tous et se révélait, désormais le formidable outil que nous connaissons pour lutter contre la désinformation.

Homme de tous les combats, partisan farouche et inconditionnel de l’Etat d’Israël qu’il chérissait, il n’avait de cesse de lutter pour sa pérennité et son image de marque. Ses ennemis étaient nombreux et coriaces : l’antisémitisme, l’antisionisme, la désinformation, le négationnisme.
Ses colères, toujours justifiées, étaient légendaires. Homme de conviction, il haïssait les compromissions et la lâcheté. Loyal envers ses amis, même ceux qui ne pensaient pas comme lui pour autant qu’ils fussent sincères, il fustigeait les détracteurs d’Israël et de la communauté.
Son amour de ce qui était juif était total et il n’eut de cesse de travailler pour le bien des siens. Homme des médias, il fonda Contact J pour porter un regard autre, décidément politiquement incorrect, sur le Moyen-Orient.

Il avait eu l’intelligence de former une équipe qui prit les rennes du Cercle et de la radio. Rares sont les personnages communautaires qui ont cette prescience et qui préparent l’avenir. Quelques jours avant son départ, il assistaitencore à un des discussions sur l‘avenir de la communauté…

Le Cercle Ben Gourion qu’il fonda, fut un pôle d’attraction pour la Communauté. Les conférences, les débats, les discussions, les soirées tenues furent nombreuses et variées, apportant un plus, à chaque fois.

Ses origines saloniciennes lui inculquèrent l’amour de cette culture et des traditions.

Arié laissa un témoignage touchant de sa vie en écrivant, pour ses trois fils et ses dix petits-enfants, ses mémoires. Sa sensibilité affleure à chaque page.

Sa famille était ce qui était essentiel à ses yeux. Mari et père aimant, grand-père gâteau, il était heureux de réunir toute sa famille sous le soleil du Midi.

Son départ laisse un grand vide et nous sommes, aujourd’hui, tous un peu orphelin.

Au revoir Arié. Notre communauté perd un pilier, moi je perds un Ami.

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