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Moïse Rahmani

C'├ętait il y a soixante-cinq ans.(28 janvier 2010)

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C’était il y a soixante-cinq ans.

 

Hier, 27 juin 2010, nous avons commémoré le soixante-cinquième anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Ce jour est devenu le jour de la mémoire.

Il y a  soixante cinq ans, les soldats alliés découvraient un spectacle insoutenable : celui des usines de la mort où six millions de nos sœurs et de nos frères, où trois cent mille Tziganes ont été massacrés non pour ce qu’ils firent mais ce qu’ils furent.

Ils furent sacrifiés par des personnes qui firent fi de leur culture originale (l'allemande était admirable) au profit d’une autre barbare et mortifère où le culte de la race supérieure qu’ils avaient décrété  était mise en avant.

Ils furent aussi sacrifiés par les Alliés, la Croix Rouge et le Vatican dont les dirigeants savaient et qui laissèrent faire.

Ils furent sacrifiés par l’indifférence dont tous firent preuve à cause d’un antisémitisme qui culmina alors.

 

Hier, un cimetière juif en France, terre des Lumières, a été profané. Des croix gammées souillent des stèles, dont certaines ont été jetées à terre et brisées. Des inscriptions « Juden Raus » relevées. De l’antisémitisme à l’état pur. (Ce Juden raus me rappelle ce que Mahmoud Darwsih, le hérault palestinienne, écrivait : « partez et emportez les ossements de vos morts »).

 

Lorsque des tombes sont profanées, des pierres tombales saccagées, brisés ou volées, cela a une signification : c’est nier la présence de celui qui est enterré.

 

Nos cimetières, à Auschwitz et ailleurs, sont le ciel. Nos morts ont été brûlés, les nazis ne voulant pas laisser de traces.

Comme en 1948, l’antique cimetière du Mont des Oliviers a été saccagé et les pierres, volées, servirent de pavement et de murs pour les latrines.

Comme à Salonique où, pour faire oublier que cette ville était peuplée à cinquante pour cent de Juifs, les plaques du cimetière détruit par les Allemands ont servi à paver les rues par les Grecs. Ou a Kos, à côté de Rhodes, il y a quelques années, en 1993, – je l’ai vu et filmé – des tombes ont été violées et des ossements jonchaient le sol et une inscription déshonorait le mur : odos ellenikos, rue grecque.

 

Comme aujourd’hui, dans les pays dits-arabes, les cimetières sont détruits. L’antique cimetière de Bassatine, au Caire, n’a pratiquement plus de pierres tombales qui rappelle le nom de celui qui y est enseveli.

Lorsque nous ne serons plus là, la mémoire de notre présence millénaire sera éradiquée.

 

La Shoah est niée alors que les témoins vivent encore. Ahmadinedjad promet à Israël un holocauste nucléaire, le Hezbollah, le Hamas, la Syrie, voisins d’Israël veulent l’éradiquer. L’antisémitisme renait, plus violent que jamais. Des centaines d’actes, l’an passé, en France, en Angleterre, en Belgique. A nous, aujourd’hui de lutter afin que le « plus jamais ca » soit un plus jamais ca.

 

 

C’est pourquoi nous devons témoigner encore. Et toujours.

 

 

 

 

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