Accueil - sefarad.org

Moïse Rahmani

Pour les 30 ans de Radio Judaïca et nos 18 ans d'émission

    MENU    

SEFARAD.org
Moïse
Billet humeur
Ouvrages
Livres
Réaction
Belsef
DONS

Page PRECEDENTE


Pour les 30 ans de Radio Judaïca et nos 18 ans d'émission

Billet d’humeur du 11 mars 2010

 

 

Bon anniversaire Radio Judaïca ! Mazal Tov. Radio Judaïca a trente ans.

 

Le 11 mars 1980, Henri Benkoski en prenant l’antenne à 11H, pour la toute première fois, démarrait la première radio juive privée du monde.

C’était l’époque de mon ami Arié Renous, zl, l’âme de cette radio, celui qui la tint à bout de bras durant des décennies.

C’était l’époque des 3 B : Henri Benkoski, Maurice Blibaum et le  regretté Micky Brandon zl.

 

Arié, Micky, je pense à vous à chaque fois que  je suis ici. Je pense aussi à vous deux, Henri et Maurice car c’est vous qui m’avez inculqué ce merveilleux virus.

 

Aujourd’hui, trente ans après, Henri et Maurice sont toujours fidèles à ces premières amours.

 

Rivka et moi avons rejoint l’équipe et nous sommes présents, amis auditeuses et auditeurs depuis 18 ans faisant peut-être de "La Voix Sépharade" la doyenne des émissions de Judaïca.

 

Depuis octobre 1992 Rivka et moi sommes fidèles à l’antenne. Depuis 18 ans, chaque semaine,  Rivka et moi ressentons la même excitation qu’au premier jour, le même picotement  au moment de dire bonsoir à nos chers auditeurs et à nos chères «  auditeuses » (ma marque de fabrique, ma signature, au grand dam de Manuela, mon épouse et de ma complice Rivka) « auditeuse » étant suivi irrémédiablement par le aïe aï aïe de Rivka .

A ce propos, je me souviens d’avoir, un jour, reçu un mail d’une de nos « zauditeurs » me disant toute l’amitié qu’il avait pur nous et le plaisir qu’il avait à nous écouter mais me faisant remarquer, très respectueusement et presque avec regret que le féminin d’auditeur était auditrice. J’ai trouvé ceci très mignon, très gentil, très sympathique. Chaque animateur de radio a sa marque alors, pourquoi pas ne pas inventer un nouveau féminin ?

Parfois Rivka inverse les genres et commence par saluer (pensant me faire taire) les auditrices en premier. Or, nul n’ignore que le masculin d’auditrice est « auditrin » Rivka, jalouse ma culture linguistique encyploquédique et phémonémale,  ajoute alors à son aië, aïe aie un Mushon; Mushon navré.

Quand je pense qu’une stamboulite d’Etterbeek, comme elle se qualifie, veut m’enseigner le franses,  à moi qui l’ai appris de mes ancêtres les Gaulois !

 

Pendant ces dix huit ans ; il y eut des moments forts. Je me souviens particulièrement de l’émission que nous avions consacrée à Judith de Mello, la Texane, il y a quinze ans. Judith, une marrane dont la famille habitait, au Moyen-âge la ville « à la mal jetée » hand werfen, Antwerpen, Anvers, nous avait chanté à capella un chant de Chabbat en espagnol que la famille se transmettait de génération en génération !

 

Je me souviens de l’émission de nos frères en souffrance, Caroline Saffarian et Edouard Jakhian lorsque nous avons abordé  le génocide arménien, je répète, n’en déplaise aux négationnistes et aux falsificateurs, le génocide arménien. Edouard Jakhian, avec sa grandeur d’âme, réclamant justice mais refusant de condamner le peuple turc pour les errements de ses dirigeants et voyant, dans les propos de certains intellectuels turcs demandant une révision des thèses officielles un espoir. Edouard Jakhian, un grand monsieur, nous a montré, ce jour, son plus beau visage.

 

Je me souviens que nous avions reçu Mathias et Serge, deux autres frères en souffrance, mes amis Tutsis.

Le corps de leurs parents, de leurs  frères et de leurs sœurs massacrés était encore chaud que déjà les falsificateurs renversaient les rôles : la victime devenait bourreau.

Ils nous parlèrent d’une judéité qu’ils revendiquaient.  Serge, une copie carbonne – c’est le  cas de le dire – de Jean Reno, arborant fièrement un immense Magen David.

 

Je me souviens de nos amies Violette Fintz, Elise Hasson, Lucia Garzolini venues témoigner de la déportation des Rhodeslis et d’Albert Israël, déporté à 16 ans qui ne pouvait contenir son émotion mais qui nous donnait une magnifique leçon de courage. Stipan Bosnjak, le Rom ,le Tzigane, que nous avions également reçu, avait retranscris le témoignage de son frère déchiré, Albert

Tsipan a écrit une émouvante lettre d’un petit-fils rom à sa grand-mère croate.

 

Je me souviens…  Mais il y a tant à conter car je me souviens de chaque émission !

 

Pour ces trente ans de Judaïca et pour nos Hai, je remercie nos auditeurs et auditeuses, Voui Rivkele, auditeuses ! de leurs encouragements et de leur fidélité.  Merci

 

 

 

 

 

- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2017

Retour au site sefarad.org -