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Moïse Rahmani

C'├ętait il y a soixante-six ans (27 janvier 2011)

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C’était il y a soixante-six ans.

 

Aujourd’hui, 27 janvier 2011,  nous allons commémorons le soixante-sixième anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Ce jour a été fixé par l’ONU, le jour de la mémoire et adopté par quelques pays dont l’Italie.

 

Il y a  soixante six ans, les soldats alliés découvraient un spectacle insoutenable : celui des usines de la mort où six millions de nos sœurs et de nos frères, où trois cent mille Tziganes ont été massacrés non pour ce qu’ils firent mais ce qu’ils furent.

Ils furent sacrifiés par des personnes qui firent fi de leur culture originale (la culture allemande était admirable) au profit d’une autre barbare et mortifère où le culte de la race supérieure qu’ils avaient décrété était mis en avant.

Ils furent aussi sacrifiés par les Alliés, la Croix Rouge et le Vatican dont les dirigeants savaient et laissèrent faire.

Ils furent sacrifiés par l’indifférence dont tous firent preuve à cause d’un antisémitisme qui culmina alors.

 

Des cimetières juifs en France, terre des Lumières, sont profanés. Des croix gammées souillent des stèles, certaines sont jetées à terre et brisées. Des inscriptions « Juden Raus » les narguent. De l’antisémitisme à l’état pur. (Ce Juden raus me rappelle ce que Mahmoud Darwsih, le hérault palestinienne, écrivait : « partez et emportez les ossements de vos morts »).

 

Lorsque des tombes sont profanées, des pierres tombales saccagées, brisés ou volées, cela a une signification : c’est nier la présence de celui qui est enterré.

 

Nos cimetières, à Auschwitz et ailleurs, sont le ciel. Nos morts ont été brûlés, les nazis ne voulant pas laisser de traces.

Comme en 1948, l’antique cimetière du Mont des Oliviers a été saccagé et les pierres, volées, servirent de pavement et de murs pour les latrines.

Comme à Salonique où, pour faire oublier que cette ville était peuplée à cinquante pour cent de Juifs, les plaques du cimetière détruit par les Allemands ont servi à paver les rues par les Grecs. Ou a Kos, à côté de Rhodes, il y a quelques années, en 1993, – je l’ai vu et filmé – des tombes ont été violées et des ossements jonchaient le sol et une inscription déshonorait le mur : odos ellenikos, rue grecque.

 

Comme aujourd’hui, dans les pays dits-arabes, les cimetières sont détruits. L’antique cimetière de Bassatine, au Caire, n’a pratiquement plus de pierres tombales qui rappellent le nom de celui qui y est enseveli.

Lorsque nous ne serons plus là, la mémoire de notre présence millénaire sera éradiquée.

 

A la libération d’un camp, Buchenwald si je ne me trompe pas, le général en chef des troupes alliées, Dwight David Eisenhower, surnomme Ike, avait convié la presse en leur demandant de filmer et de témoigner parce qu’un jour, avait-il dit, on vous dira que cela n’a pas existé, que tout ceci est faux.

 

Ike avait raison. Les négationnistes n’ont pas attendu que les témoins disparaissent pour nier la véracité de la Shoah. Les rescapés des camps sont de moins en moins nombreux hélas (Auschwitz a été libéré il a 66 ans !) mais les témoignages demeurent et il est de notre devoir, nous qui sommes également des rescapés (les nazis n’ont pas envahi le Moyen-Orient, l’Angleterre, l’Afrique noire sinon nous ne serions pas là, aujourd’hui), de reprendre le témoin et de porter le flambeau.

 

La Shoah est niée alors que les témoins vivent encore. Ahmadinedjad promet à Israël un holocauste nucléaire, le Hezbollah, le Hamas, la Syrie, voisins d’Israël veulent l’éradiquer. L’antisémitisme renait, plus violent que jamais. Des centaines d’actes, l’an passé, en France, en Angleterre, en Belgique. A nous, aujourd’hui de lutter afin que le « plus jamais ca » soit un plus jamais ca.

Ce qui est arrivé hier se reproduit déjà dans l’indifférence quasi générale. Le génocide des Tutsis en est la plus crainte preuve.

Les massacres de masse au Congo (notre invité en parlera, ce soir), des millions de morts même si on ne peut pas les qualifier de génocide, une autre.

Et que dire du Biafra (c’était il y a longtemps !), du Cambodge avec les sinistres Khmers rouges.

 

La Shoah était déjà inscrite dans Mein Kampf. Personne n’a voulu croire ce que Hitler écrivait.

L’antisémitisme ressurgit, de plus en plus violent et les islamistes nous promettent une nouvelle Shoah. Une fois de plus, nous sommes seuls.

 

Begin disait :" Lorsque quelqu’un te dit qu’il va te tuer, crois-le'. Oui, je le crois et fais mienne cette pensée de l'homme d'Etat.

 

C’est pourquoi nous devons témoigner encore. Et toujours.

 

 

Moise Rahmani

 

 

 

 

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