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Moïse Rahmani

Lorsque les déportés, morts dans les camps, servent d'argument publicitaire. (21 février 2013)

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Lorsque les déportés, morts dans les camps, servent d'argument publicitaire.
 
 
Je suis outré. Le Musée Kasern Dossin par où tant des nôtres sont passés avant leur déportation, a fait hisser des drapeaux, à l'entrée.
Banal, me direz-vous. Edifice public, il est légitime que l'oriflamme claque au vent malinois.
Mais ce ne sont pas les couleurs belges ! Sur ces bannières des portraits. Ces portraits de déportés comme incitation à visiter les lieux. Une honte.
 
Daniel Dratwa, dont les compétences ne sont plus à prouver, a, en raison d' un processus infâme" à propos d’une comparaison entre les exécutions d’Auschwitz et l’élimination des malades mentaux qui fut arrêtée après les protestations publiques. Dratwa rejette aussi la proximité entre le sort des victimes et les photos des meurtriers. "Ces choix scénographiques rendent toute discussion impossible !"
 
Notre ami Daniel a démissioné du Musée en décembre 2012.
 
Ses craintes étaient fondée. Il  écrit :
Ceci est une des façades du musée de Malines avec 6 hampes de drapeaux qui illustre le programme d’une invitation à un colloque qu’il organise. Ils en sont donc fiers.
Regardez bien les tissus flottant au vent … on y voit les portraits de nos disparus.
Comme n’importe laquelle des sociétés commerciales, le conseil d’administration a jugé bon et éthique de choisir un logo/emblème pour signaler sa présence sur la voie publique qu’ils déclineront ensuite sous de multiples formes pour avoir une communication moderne.

Son choix après mûre réflexion s’est porté sur les portraits de nos disparus sans rien y retrouver à redire; à la suite de quoi ils ont commandé ce travail à un graphiste qui s’est penché sur le sujet en choisissant les portraits les plus photogéniques ? les plus tristes ? les moins typés ? ou en faisant une « salade niçoise » pour être le plus universel ? ont-ils contacté les victimes ou les descendants pour obtenir leur autorisation sur leur droit à l’image ? On se demande quel plan de communication le CA a transmis au graphiste pour faire son job ?

Je pense que tout cela est obscène et banalise la shoah.
Mais peut-être est-ce le souhait du conseil qui dirige cette institution ?
La question est jusqu’à quand le laissera-t-on faire ou est-ce moi qui possède une sensibilité outrancière ?
Fin de citation.

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