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Moïse Rahmani

Billet d'humeur (triste) du jeudi 13 juin 2002

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Une voix s’est tue. Je suis triste ce soir. Une époque disparaît, une voix s’est tue.

Léon Hasson, un des pionniers du Congo, une des voix importants de notre communauté s’est tue lundi.

Nous n’entendrons plus retentir lors des prières, le jour de Kippour, cette voix forte.

Malgré le mal qui le minait, malgré cette maladie qui le faisait marcher difficilement, je le vois encore, lors de l’office de Neila clôturant le jeune, se tenir, un peu courbé certes, mais debout, durant tout l’office, dans une attitude de respectueuse dévotion, comme il le faisait depuis des décennies.

Je le vois monter à la Teva et donner l’exemple à la communauté. Sa largesse envers la synagogue, envers Israël, envers autrui était légendaire.

Je le vois encore altier malgré l’âge. C’est en pensant à lui que j’avais écrit, lors de la conclusion de mon ouvrage «Rhodes, un pan de notre mémoire» «entendez-les répondre amen d’une voix forte au Haham lorsqu’il entonne les berakhot».

Venu fort jeune de sa Rhodes natale au Congo, il entama une carrière commerciale qui hissa son entreprise parmi les premières du commerce et de l’industrie congolaises. Touche à tout, iI développa, avec son frère Asher ZL, un des plus importants groupes économiques du Congo, participant, dès avant l’indépendance du pays, à l’essor et au développement de ce pays.

Juif du soleil, il était un exemple pour nous tous. Soucieux d’autrui, généreux mais discret, simple, amical et serviable envers tous, il incarnait, en même temps que toute une époque, le type même du sépharade: courtois, affable et à l’écoute d’autrui.

Il a rejoint son frère Asher disparu il y a peu et nous laisse un peu plus seul. La synagogue sera diverse désormais. Un peu plus silencieuse. Au revoir, Léon. Vous nous manquerez.

Il y a quelques jours j’ai eu un choc en apprenant la perte, à Anvers, d’Etty, la femme de mon ami le rabbin Yaakov Spitezki, aumonier des étudiants.

Elle a perdu cette lutte entamée il y a près de huit ans contre ce mal insidieux. Je ne l’ai jamais vu ou entendu se plaindre. Sa foi profonde lui faisait accepter ce qui lui arrivait et, comme son mari, elle demeurait à l’écoute des autres. Jusqu’à la fin. Son amour des siens, sa bonté, sa modestie, sa passion pour le judaïsme étaient exemplaires.

Tout chez elle était occasion de louer le Tout Puissant, nous donnant en cela une belle leçon de confiance envers D.ieu et de foi profonde.

Je la vois encore, rayonnante de bonheur, accompagner sa fille aînée sous la houppa.

Léon Hasson, Etty Spitezki, deux amis que je perds aujourd’hui.

A la famille de Léon, à celle d’Etty, je leur redis ici ma profonde tristesse. Le souvenir de ces deux être rares sera pour nous une source de bénédictions.

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