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Moïse Rahmani

Quelques réflexions après les fêtes austères

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Chers Amis bonsoir,

Nous venons de terminer Rosh Hashana et Yom Kippour et nous entrons dans les fêtes plus joyeuses de Souccoth pour se terminer avec ce que je considère la plus belle de nos fêtes, celle qui a gravé en moi des souvenirs impérissables, la fête de Simha Torah.

Nous avions tous encore en mémoire le Kol Nidré entonné jeudi passé par le Grand Rabbin Moïse Méïr Levy. Une voix de l'au-delà qui nous a fait tous avoir les larmes aux yeux. Un Kol Nidré exceptionnel d'un homme exceptionnel. En hommage à ce Haham et pour honorer sa mémoire bénie, nous diffuserons, pour clôturer cette émission, le mizmor shir leyom hashabat, un psaume qui introduit l'office du vendredi soir.

Un mot d'abord pour exprimer la crainte que j'ai eu - crainte partagée par nombre d'entre nous, lorsque j'ai vu des dizaines de sièges inoccupés pour Kol Nidre. La synagogue sépharade n'avait pas fait le plein.

La même anxiété me prit le matin de Kippour lors de la lecture du premier sefer. La encore, beaucoup de sièges vides. Y aurait-il désaffection de nos membres (près de cent sièges sur les trois cents que compte au total la synagogue, n'avaient pas été attribués. N'importe qui pouvait le constater !

Il nous a même été dit, officiellement, que durant l'été, souvent il n'y avait pas minyan lors de l'office du vendredi soir. Quelle pitié ! Quel gâchis !

Heureusement, pour la Neila le Kal était comble car beaucoup viennent de l'extérieur, les Sépharades ayant l'habitude de faire de la Neila un office très particulier et chaleureux..

Comme j'ai regretté les absences définitives de nos voix judéo-espagnoles pour le chant de clôture. Celles de nos amis Jacky Israël, Moïse Capelluto, Alberto Mergian, Léon Hasson ! des voix qui faisaient vibrer toute la communauté. Heureusement que le rabbin avait invité notre cher Elie Hasson à prendre la relève et qui, avec beaucoup de coeur et de courage, a fait vibrer nos tripes, a fait pleurer nos coeurs et nos âmes avec cette belle prière en ladino.

Merci Elie et fasse le Ciel que, de longues années encore, tu rappelles par ces oraisons dans la langue qui est notre, que cette synagogue a été voulue, édifiée et payée par une communauté espagnole, de bric et de broc peut-être aujourd'hui peut-être, mais qui fut espagnole avant tout.
Jamais on ne rendra assez hommage à des hommes comme le Grand Rabbin Levy qui mobilisa les « Congolais », comme Conrad Franco, Elie Benezra, Ezra Natan, Maurice et Joseph Zacai, le Haham Passy, le Rabbin Adut, les époux Simon et Lina Haïm dont cette synagogue porte le nom et tous les autres. C'est uniquement leur vision et leur dévouement désintéressé et admirable envers la communauté, notre communauté, ma communauté qui fait qu'elle est aujourd'hui ce qu'elle est.

Je voudrai saluer deux synagogues qui font « le plein ». La synagogue de Waterloo, la sympathique CIWABS qui draine tous les Juifs du Brabant wallon sous l'impulsion de notre ami Jacky Benzenou que je salue ici cordialement et Sépharade 2000 qui vient de déménager de la chaussée d'Alsemberg où les membres étaient à l'étroit vers la rue Boetendael où ils sont déjà à l'étroit.
Sépharade 2000 attire de plus en plus de monde. Les services y sont chaleureux, l'ambiance familiale et, d'après certains, rappelle les débuts de la rue du Pavillon. Ceux qui s'y sont rendus pour la clôture de Kippour ont été ravis car, comme une grande famille, toute la communauté a coupé le jeune entre elle.
Je voudrais les féliciter et les encourager car, au coeur d'Uccle, ils attirent de plus en plus de monde. Je sais, il me l'avait dit et ceci m'a été confirmé hier par Madame Lévy et par sa fille Malka, que le Grand Rabbin Levy fréquentait depuis des années Sépharade 2000, qu'il y prenait du plaisir et qu'il y était honoré comme il se doit.
Le rabbin Abergel a évoqué Moïse Levy en termes très affectueux et très respectueux lors des funérailles du Grand Rabbin l'appelant un maître, un ami, un frère. Les prières de Shiva ont d'ailleurs été faites dans cette synagogue.

Je tiens à remercier ici publiquement les nombreux donateurs de la communauté sépharade de la rue du Pavillon qui, sans avoir été sollicités par qui que ce soit, se sont fait un devoir de verser à l'Institut Sépharade Européen une généreuse contribution. Ceci est la preuve du désaveu car ils montrent qu'ils rejettent l'amalgame que seuls de petits esprits tentent de créer artificiellement et ils affirment que cette relation est bien fusionnelle entre les membres de la communauté sépharade et leur Institut qui, envers et contre tout, défend et diffuse notre culture, leur culture en Belgique et hors de nos frontières. Que ces membres soient judéo-espagnols ou judéo-arabes ; qu'ils viennent de l'empire ottoman ou du Maghreb, qu'ils soient originaires d'Irak ou d'Egypte, de Syrie ou d'Iran. J'en veux, pour seul exemple, le site que nous avons créé et qui est visité quotidiennement par près de deux mille visiteurs en moyenne avec plus de dix mille pages lues. Permettez-moi de répéter ces chiffres : deux mille visiteurs en moyenne chaque jour qui lisent dix à douze mille pages (nous en avons des dizaines de milliers en ligne !). Cette notoriété rejaillit qu'on le veuille ou pas sur tous les sépharades de Belgique car, où qu'ils aillent, dès qu'ils disent : nous venons de Bruxelles, ils s'entendent souvent répondre « Ah Bruxelles, l'Institut Sépharade, Los Muestros ». Vous êtes très nombreux à nous l'avoir rapporté : le monde juif en général, le monde sépharade international en particulier n'ignorent rien de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Une simple recherche sur google dans internet, aussi bien sur l'Institut Sépharade que sur Los Muestros ou votre serviteur vous renvoie à des centaines, voire des milliers de liens.

Nous n'en tirons, croyez-moi, ni gloire ni vanité. Bien au contraire. Cela nous incite, cela nous oblige à nous dépasser, à nous surpasser et c'est ce qui fait notre force.

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