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Moïse Rahmani

Les enfants du huitième jour (13 septembre 2006)

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Les enfants du huitième jour.

Une fois n’est pas coutume, ce billet d’humeur ne sera pas un « coup de gueule ». Je voudrais vous parler des anges. Oui, vous avez bien entendu, des anges.

Non des anges avec des ailes comme on peut l’imaginer, vous savez ces anges gardiens dont chacun de nous a un mais un autre type d’ange, de ces anges que l’on voit dans la rue, sur notre chemin, parfois chez des amis, des parents, quelque fois chez nous.

Ces anges, enfants du huitième jour pour reprendre le titre d’un film primé il y a quelques années au Festival de Cannes, ont une particularité : leur cœur ne connaît que l’amour. L’amour désintéressé, l’amour pour l’amour, même si cet amour n‘est pas payé – ou mal payé - de retour.

Ces enfants du huitième jour, même si souvent ils sont âgés, plus âgés que nous, demeurent à jamais des enfants. Des enfants qui s’émerveillent d’un rien, qui s’enthousiasment de peu. Une jolie fleur, un air musical leur fait plaisir. Ils sourient tout le temps, ont le cœur en fête, l’âme sereine. Ils disent bonjour à tout le monde, même aux inconnus,

Si vous répondez à leur sourire, à leur bonjour, vous les ravissez, vous les enchantez et ce ravissement, cet enchantement, vous le lisez sur leur face, certes un peu différente de la notre, mais si noble, si belle. Leur figure s’illumine et brille.

Parfois les gens se moquent d’eux. Par bêtise, par méchanceté… Leurs yeux s’emplissent de larmes : ils ne comprennent pas pourquoi les gens sont ainsi avec eux, eux qui ne demandent rien, si, juste un peu de tendresse.

Parfois leurs proches ont honte d’eux. Ils sont impatients, ne les écoutent pas. Parfois ils les oublient dans des institutions. Oh il y en a, vous savez, qui ont laissé des leurs, des années durant, pensant que le payement de la pension suffirait à combler le vide et l’absence.

Ces enfants du huitième jour ont un problème, ils aiment tellement leurs proches que cela devient lourd, très lourd pour la personne qui bénéficie de cet amour. Etre le « bon D.ieu » pour un enfant du huitième jour est très pesant, très prenant car pour tout l’amour qu’il vous prodigue sans retenue ni mesure, il ne vous réclame rien en retour.

L’enfant du huitième jour, si vous savez l’écouter, vous rend meilleur. Il suffit simplement de tendre l’oreille.

Nous sommes emplis de préjugés, la différence fait peur, inquiète. On se sent gênés à leur vue.On les fuit. On ne veut pas les voir, On dresse, entre eux et nous, un mur ségrégatif. Mais les principales victimes c’est nous, pas eux.

Nous aimons et haïssons. Certains détestent les Juifs, les Noirs, les Arabes, les homosexuels, les gros, les maigres, les petits, les grands, les riches, les pauvres. Certains étendent cette détestation sur un peuple, généralisant et stigmatisant un état : suivez mon regard…
Mais, les enfants du huitième jour, n’ont pas ces préjugés. Comme les jeunes enfants de deux, trois ou quatre ans qui sont spontanément vers l’autre, voyez-les jouer avec les autres, toutes races confondues, toutes religions mêlées… C’est une joie. Ils ont le cœur en fête.

On s’imagine que les anges sont éternels mais on risque parfois de les perdre car les anges ça s’envole… Leur place est au Ciel, au pied du Trône, directement sous Le Regard. Et c’est au moment où on risque d’être séparé d’eux, à tout jamais, qu’on se rend compte de leur importance infinie. Avant qu’ils ne s’envolent pour se blottir dans les bras de D.ieu, nous devons prendre conscience que, pour tous ceux qui ont parmi eux, des anges, leur rôle est un rôle de protecteur qui consiste à nous rendre meilleur.

Alors, si vous voyez passer un enfant du huitième jour, souriez-lui. Vous en serez récompensé au-delà de toute espérance….

Ce billet est dédié à un ange, ma soeur aînée Viviane, qui n’entendra jamais cette émission, qui ne lira jamais ce billet car Viviane est un ange comme le sont tous les enfants du huitième jour.

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