Accueil - sefarad.org

Moïse Rahmani

Kippour 5767 (27 septembre 2006)

    MENU    

SEFARAD.org
Moïse
Billet humeur
Ouvrages
Livres
Réaction
Belsef
DONS

Page PRECEDENTE


Kippour : le jour le plus solennel de notre calendrier. Le jour où, même le moins Juif des Juifs, celui qui ne ressent pas son judaïsme, celui qui s’est éloigné de sa communauté, se sent attiré, comme par un mystérieux aimant, vers les siens et retrouve le chemin de la synagogue, celle où il n’entre qu’une fois l’an.

La synagogue, un soir de Kol Nidre, est différente. Tous réunis, tous émus, une même ferveur nous unit car nous sentons, au moins ce soir, faire partie d’un kla, d’une communauté. On se projette dans le passé et on se revoit, enfant, tenant la main de son père, couvert par son taleth et l’adulte que l’on est devenu, regrettera toujours ce doux poids de la main paternelle qui, à l’époque, nous faisait rire et que l’on pleure maintenant.

Cette tradition de réunir sous son taleth sa famille de femmes, peut-être même l’ai-je initiée ici, je ne m’en souviens plus, est quelque chose que je ne peux pas imaginer manquer. Avoir mes filles non mariées, ma femme, sous mon taleth est quelque chose qui m’émeut au-delà de tout et je crois que j’attends, d’année en année, ce geste qui me replonge dans mon enfance, qui me relie à cette immense chaîne qui va loin, très loin dans le passé. Ce n’est pas seulement émouvant et pathétique, c’est magnifique, c’est grand.

Ce jour redoutable, qui clôt ces dix jours de pénitence entre Rosh Hashana et Kippour où chacun de nous se doit d’examiner sa conscience, ses actes, son comportement, n’est redoutable parce que nous savons tous que, malgré tout, nous avons parfois, nous avons souvent, mal agit.

Ce sentiment, non de crainte mais de gravité est présent, je crois chez chacun de nous car qui est celui qui n’a jamais péché ?

Il n’entre pas dans mes intentions de m’ériger en censeur ni en moralisateur, loin de moi cette idée et puis, qui suis-je pour le faire ?
Mais, en ouvrant le Siddour de Yom Kippour, le livre de prières, je suis toujours étonné de cette mise en garde qui exige de chacun de nous demande le pardon de son prochain. Non de manière collective comme on l’entend parfois dans les discours de certains, mais d’aller vers celui que l’on a offensé et requérir son indulgence, Si je ne m’abuse, dans nos livres de prières, il est indiqué qu’il est inutile de venir demander l’absolution de D.ieu si l’on n’a pas obtenu, d’abord, celle de son prochain.

N’est-ce pas merveilleux, cette religion qui place l’homme au dessus de tout ? On ne peut respecter D.ieu si on ne respecte pas d’abord son prochain. Où voit-on cette primauté ? N’est-ce pas dans nos Ecritures que s’inscrit Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Cet enseignement, Lévitique chapitre19, verset 18 (j’aime ce chiffre 18 car il signifie Hai, vie) va encore plus loin puisque le verset 34 impose : « Vous traiterez l'étranger en séjour parmi vous comme un indigène au milieu de vous; vous l'aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. Je suis l'Éternel, votre Dieu ». Nous ne faisons aucune séparation entre les êtres : il n’y a pas chez nous de croyants et d’infidèles, nous n’affirmons pas « hors de la synagogue point de salut », nous nous contentons de répéter cette injonction superbe : les Portes du paradis sont ouvertes aux Justes de toutes les Nations Talmud, traité Sanhédrin.. Aux Justes de toutes les Nations….

J’ai toujours été frappé de voir sur les murs de la Synagogue de Bruxelles, rue de la Régence, s’étaler cet enseignement. J’ai toujours été frappé de lire, sur le papier à lettres du Grand Rabbin Lévy, zl, sous les armoiries du Congo, cette phrase magnifique : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu et ton prochain.comme toi-même ».

Alors, au moment d’entrer dans Kippour je vous souhaite, sincèrement et plus profond du cœur, l’apaisement. Bon jeune de Kippour. Que la paix s’installe en vous et pour tout Israël.

- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2017

Retour au site sefarad.org -