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Moïse Rahmani

Un procès exemplaire (14 février 2007)

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Un procès exemplaire : celui de Charlie-Hebdo.

Autant vous le dire tout de suite, je n’étais pas un partisan farouche de Charlie Hebdo.
Cet hebdomadaire satirique me dérangeait quelque peu par son côté gauchisant, anarchique, soixante-huitard. Je dois vous avouer que si j’ai connu 1968, c’était en Afrique et non en Europe et je n’ai pas tellement vibré aux discours de Dany le rouge ou d’André Glucksman…

Rappelez-vous : à la suite de la « fatwa » contre le journal danois, France Soir publiait à son tour ces caricatures.
Ce fut de suite la levée de boucliers contre le quotidien qui licenciait, sur le champ son rédacteur en chef. France Soir s’empressa de présenter ses excuses à ses lecteurs musulmans.

Qui a défendu, à l’époque, ce rédacteur en chef ?

Révolté, Charlie-Hebdo, décide alors de publier ses caricatures. Le Mrap, officiellement le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples lui intente un procès. Est-ce sa vocation ? Mouloud Aounit qui se dit laïc, son indévissable président, semble s’être fait le héraut de la lutte contre l’islamophobie. Mais, pour lui, tout est islamophobie : l’affaire du voile ? islamophobie. Les caricatures ? islamophobie. Radeker ? islamophobie.
Mais les fatwas et les menaces de mort contre les soi-disant islamophobes n’entrent pas dans les condamnations d’Aounit. Soi dit-en passants, le Mrap et Aounit me considèrent comme étant d’extrême droite puisque j’ai publié un livre sur les réfugiés juifs des pays arabes. Un livre politiquement très incorrect. Eminemment incorrect.
Le Mrap a décidemment bien changé : Contre le racisme Aounit ? Bien sur. C’est son sosie qui a défilé à une manifestation où le sinistre « Mort aux Juifs » a été lancé. Sans réactions ni condamnations aucunes.
Aounit est l’ami de Tarik Ramadan, vous savez, celui qui ne condamne pas la lapidation de la femme soupçonnée d’adultère, mais un « moratoire » ! Mais c’est politquement correct. Les démissions en bloc du Mrap se sont succédées : Albert Memmi et tant d’autres hostiles à la démagogie de son président inamovible.

Charlie-Hebdo, a donc décidé de publier les caricatures. Je vous avoue que je suis contre le fait d’attaquer les croyances les plus intimes des gens. Toutes les croyances. De tous. Mais je n’ai pas entendu de protestation de quiconque, et certes pas d’Aounit, contre les insultes proférées dans le monde musulman contre les Juifs et les Chrétiens. Je ne vous ferai pas l’injure de vous en citer mais elles abondent, croyez-moi !

Au fait, saviez-vous que ces caricatures avaient été publiées, trois mois avant le journal danois, par la presse dite arabe, notamment en Egypte, sans susciter aucune polémique. Il a fallu trois mois pour organiser, mettre en scène et orchestrer cette ire musulmane !

La honte est qu’une grande surface française, Carrefour pour ne pas la citer, ait apposé dans ses magasins du Caire : « nous ne vendons pas des produits danois ! ». Sans réactions, ni protestations.

La honte est que les pouvoirs publics et la justice aient accepté le dépôt de cette plainte. Ils n'ont fait que se salir, hélas.
La justice française, en relaxant Chalie-Hebdo, s'en sort grandie. Serait-ce, je le souhaite et l'espère, la fin du "politiquement correct" ?

La Commission du Sénat belge a rendu public le rapport sur l'attitude des pouvoirs publics dans la traque aux Juifs durant la Guerre. Sans complaisance. Un rapport accablant du CERES signale, entre autres, que "La Belgique a collaboré d'une manière indigne pour une démocratie". Ce rapport de 45 pages est disponible depuis ce jour sur internet.

Mais ne nous énervons pas et passons à autre chose.

Il y a un magnifique mot, dans le judaïsme. Il se nomme Tsedakka. C‘est un nom qui porte, comme certains, deux significations. Mais Tsedakka est, sans contexte, le plus noble car il signifie charité et justice. N’est-ce pas merveilleux que cette double signification, que ces deux termes se confondent en un seul.
Très vite le judaïsme a défini que l’une ne va pas sans l’autre, que l’une est indissociable de l’autre et ne peux exister sans l’autre.
Dès ses origines, le judaïsme nous a inculqué une valeur essentielle : le versement de la dîme. Normalement, chaque Juif devrait consacrer dix pour cent de ses revenus à la tsedakka. Dix, pas onze, ni douze, ni treize. Dix pour cent afin que cette dîme ne soit pas un fardeau et ne soit pas prétexte à un manque de modestie du donateur.
Nos Sages, nos hahamim nous ont enseigné quelque chose d’essentiel. Ils nous ont donné un précepte : « Tous les juifs sont responsables les uns des autres. » Je suis donc responsable de mon prochain et je me dois de l’aider.
La plus grande mitzvah nous dit-on, c’est lorsque le donateur et le bénéficiaire demeurent anonymes. Faire le bien pour le bien pour eux qui peuvent et, pour les autres recevoir sans être honteux.

Nous accueillons, ce soir, deux grandes figures de la communauté juive : Madame Monique Benizri, l’épouse du Grand Rabbin de la Communauté sépharade et Madame Nicole Jaendel qui s’occupe très activement et surtout très efficacement et en toute discrétion, de la communauté sépharade et de son Foyer que je vous engage vivement, très vivement même à fréquenter et à remplir de votre présence les shabbatot. Vous verrez : y goûter c’est l’adopter. Tiens cela pourrait être son slogan.

. Depuis de longues années, Monique Benizri s’intéresse à la condition des personnes en difficulté. Elle a d’abord constitué Mazal, rassemblant les dames de notre communauté dont notre amie Rivka, Le but : doter des filles pauvres en Israël.
Elle préside, aujourd’hui Emounah Bah, dont le but est d’assurer une éducation à des jeunes en difficulté afin de ne pas en faire d’éternels assistés mais de leur donner les moyens de s’en sortir dignement.
Monique et Nicole nous donnent l’occasion, aujourd’hui, de mettre en pratique ces enseignements. En aidant Emounah Bah vous faites non seulement une mitzvah, ce qui est déjà un but en soi, mais vous permettez à des jeunes en difficultés de sortir du carcan de l’ignorance. Par votre solidarité, vous leur donnez la possibilité d’évoluer et de se parfaire. Vous leur octroyez la chance d’être des jeunes comme les autres et, à mes yeux, c’est cela la plus grande mitzvah.

Aujourd’hui, c’est la fête des amoureux. L’amour est essentiel dans la vie. Alors à toutes et a tous, hag sameah.

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