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Moïse Rahmani

Légion d'honneur ou légion d'horreur ? (21 février 2007)

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Légion d’honneur ou légion d’horreur ?

Libération titrait ce 19 février Maurice Papon «est un mort sans remords et revanchard».

Un homme arrogant et hautain, imbu de sa personne, insolent, lâche et couard, est mort, dans son lit, à 96 ans.

Cet homme, responsable zélé du régime de Vichy, responsable de la déportation de 1.600 Juifs dont 250 enfants, voués à une mort certaine, a non seulement échappé à l’épuration mais a entamé une carrière au service de l’état, occupant diverses fonctions, dont celles de préfet (notamment de préfet de police à Paris entre 1958 et 1967) et de ministre du budget.

En 1999 son activité de secrétaire général de la préfecture de Gironde est dévoilée et des documents, signés de sa main, prouvent son rôle essentiel dans la déportation des Juifs.

Au lieu de faire front, il fuit. Extradé de Suisse, il est jugé, condamné à dix ans de prison, n’en fera que trois. Une prison dorée affirment certains.

Convaincu de son innocence, il fait appel. La peine est confirmée. Ses décorations, dont celle de commandeur de la Légion d’honneur décernée par de Gaulle en juillet 1961, révoquées. Il sera condamné deux fois pour port abusif de décoration. Il n’en a cure.

Il veut, aujourd’hui, être enterré ave sa décoration ajoutant ainsi l’insulte et l’escroquerie morale à ses méfaits.

Soulignons que sa répression de la manifestation des Algériens, en octobre 1961, se soldera par près de 330 morts maghrébins, jetés vivants des ponts dans la Seine. D’autres arrêtés mourront en prison.
Les journaux, inféodés à l’état, avanceront le chiffre de 3 ou de 4 décès.

Papon est mort dans son lit. Que son nom soit effacé et, s’il doit laisser un souvenir, ce sera celui d’un criminel et d’un lâche.

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