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Moïse Rahmani

6 juin 1967. Je me souviens (6 juin 2007)

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6 juin 1967.

Les quelques jours précédant le 6 juin furent terribles. Nasser demandant à U-Thant, secrétaire général de l’Onu, de retirer les troupes qui servent de tampon entre l’Egypte et Israël. Nasser pavanant imposant le blocus d’Eilat. Un casus belli auquel il répond : « Les Juifs veulent la guerre ? Ahlan wasahlan. Ils sont les bienvenus » ! De Gaule et son embargo assassin sur les armes (la France est le fournisseur principal d’Israël).

C’était hier. Je me revois livide, écoutant radio Brazzaville qui retransmet la radio française. La guerre entre Israël, l’Egypte, la Syrie, la Jordanie a débuté. Les radios arabes crient victoire, les médias européens répercutent les communiqués du Caire, de Damas, d’Amman clamant la défaite d’Israël.
Des amis libanais, vaguement compatissants mais si heureux et moqueurs au fond, me téléphonent. Leur bonheur suinte du combiné !

Les radios arabes clament : les Juifs sont repoussés à la mer, les Arabes sont à Tel Aviv… La rue musulmane pavoise… Om Kalsoum se souille à jamais en chantant le sang » Etbah, etbah, etbah… Egorge, égorge, égorge le Juif » . Tiens, c’est curieux, les chants et les slogans n’ont pas vieilli… ce sont toujours les mêmes).

Nasser, Hussein, la rue arabe plastronnent.

Nous, les jeunes Juifs de Kinshasa, nous précipitons à l’Ambassade d’Israël : « on veut partir séance tenante. On veut aller défendre Sion. On veut aller SE défendre ». L’ambassadeur nous reçoit et calme notre émotion. « Nous n’avons pas besoin de vous, on vous appellera si nécessaire ».

Tôt dans l’après-midi les vraies nouvelles tombent enfin ! Les flottes aériennes égyptiennes, syriennes, hachémites sont détruites. Quel soulagement, quelle joie.

Je revois les défilés dans les capitales européennes : « Israël vivra ».
Je me souviens des paroles ignobles de de Gaule : « Peuple sur de lui et dominateur ». Il était fini le temps d’Israël notre ami, notre allié !

Je me souviens (j’ai encore l‘enregistrement) de la conversation téléphonique captée entre Hussein et Nasser tentant de faire croire à l’opinion arabe que les Américains étaient aux côtés d’Israël. Hussein demandant : « Et les Anglais aussi » ? Et Nasser acquiesce : « oui les Américains et les Anglais» . Europe 1 a diffusé sur ses antennes cette conversation et un disque, relatant la guerre et contenant cet entretien a été mis en vente. Malfaisants, Nasser et Hussein tentent de déclancher la troisième guerre mondiale.

Je me souviens du rôle de l’URSS qui mentait à tout le monde, affirmant qu’Israël massait des troupes à la frontière syrienne. Ce qui était faux.

Je me souviens…

Je me souviens de la joie sauvage qui m’a envahi et des pleurs qui ont coulé sur mes joues, sans retenue, lorsque j’ai vu les soldats de Tsahal sangloter devant le Mur Occidental.
Finalement les Juifs pouvaient se recueillir à nouveau devant le monument le plus sacré de leur histoire et qui leur était interdit depuis le 15 mai 1948.

Je me souviens du son du shofar du Grand Rabbin Goren devant le Mur et des paroles de Moshé Dayan : « Nous tendons aux Arabes une main de paix ».

Je me souviens de l’enthousiasme qui m’a étreint lorsque le cessez le feu a été signé au KM 101, à 101 kilomètres du Caire qui était, comme Damas et Amman, à portée de main de Tsahal.

Israël était prêt à rendre tous les territoires contre la paix. La réponse fut les trois NON de Khartoum.

Je me souviens…

1967. Six jours qui ont changé le monde. 1967, six jours qui m’ont changé.

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