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Moïse Rahmani

Sur le génocide des Tutsi

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L’inavouable. La France au Rwanda
Par Patrick de Saint-Exupéry – Ed. les Arènes
304 pp – 19,90 euros – ISBN 2 –912485-70-3

En Afrique, la France ce bat depuis cinquante ans pour conserver son empire. La décolonisation n'a pas été une rupture, juste une étape. Avec le temps, ses dirigeants ont simplement privilégié l'ombre, perfectionnant certaines techniques forgées durant les guerres coloniales : les opérations secrètes, l'enseignement de la guerre révolutionnaires, cette doctrine de manipulation des foules.

Au Rwanda, dit l’auteur, la politique française fit une réussite. Techniquement – veut-il dire si on veut se débarrasser des concepts encombrants que sont le bien et le mal, l’humain et l‘inhumain, l’acceptable et l’inadmissible, elle fut au sommet. La mystification est une figure de la guerre. La France la pratiqua avec une maîtrise qui glace le sang.

Des soldats français ont formé, sur ordre, les tueurs du troisième génocide du XXe siècle. La France leur donna des armes, une doctrine, un blanc-seing.

Patrick de Saint-Exupéry, journaliste au Figaro, a découvert cette histoire malgré lui dans les collines rwandaises. Il faisait beau. Il faisait chaud. C’était l’été. C’était magnifique. C’était le temps du génocide !.

Imprescriptible. L’implication française dans le génocide tutsi portée devant les tribunaux
Par Géraud de La Pradelle – Ed . Les Arènes
192 pp – 19,90 euros – ISBN 2-912485-80-0

Le génocide et la complicité de génocide sont des crimes imprescriptibles. Quels que soient leur nationalité ou leur niveau de responsabilité, aucune immunité n’en protège les auteurs ? En 1994, la communauté internationale a reconnu le génocide tutsi comme l’un des trois génocides du XXè siècle.
Il est désormais avéré qu’entre 1991 et 1994, des soldats français ont formé, sur ordre, des Rwandais qui ont participé à ce génocide. Pendant le massacre l’armée française s’est portée à leur secours, leur permettant de poursuivre aussi longtemps que possible, leur terrible besogne. Elle les a épaulés dans leur guerre contre le FPR avant de faciliter leur fuite au Zaïre. Depuis, les autorités françaises n’ont cessé de protéger leurs anciens alliés devenus génocidaires.
Ce livre appelle à la mise en cause, devant les juridictions françaises ou devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), des hommes politiques placés au cœur de l’Etat, mais aussi de hauts fonctionnaires, d’officiers supérieurs ou de simples soldats, au titre de la participation directe ou de la complicité de génocide.
Les premières plaintes visant des Français ont déjà été déposées à Paris.

Géraud de La Pradelle est agrégé de droit, professeur émérite à l'Université de Parix X Nanterre, et a présidé la commission d'enquête citoyenne pour la vérité sur l'implication française dans le génocide tutsi, qui a tenu sa première session du 22 au 26 mars 2004. Géraud de La Pradelle est spécialiste du droit humanitaire de la guerre.

L’horreur qui nous prend au visage : l’Etat français et le génocide du Rwanda
Dirigé par Laure Coret et François-Xavier Verschave – Ed. Karthala
592 pp – ISBN 2-84586-620-8

En 1994, s’accomplissait au Rwanda le dernier génocide du XX e siècle. En trois mois, un million d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants étaient exterminés uniquement parce qu’ils étaient Tutsi. Il est vite apparu que la question des responsabilités françaises étaient incontournables. La France a en effet soutenu un régime fasciste qui couvrait l’idéologie et les forces du génocide, puis ces forces en train de commettre l’abomination, avant de favoriser leur repli et leurs préparatifs de « revanche ». Les voix qui dénonçaient en France ce sinistre scandale ont été vite étouffées par une chape de plomb politico-militaire et une désinformation incessante.

En 1998 cependant ,les révélations du journaliste Patrick de Saint-Exupéry contraignaient une Mission d’information parlementaire à soulever le couvercle, mais pour conclure seulement à une « erreur » d’appréciation politique, en dépit du contenu même de son rapport. Un ensemble d’associations et de citoyens a estimé ne pas pouvoir laisser dans un tel déni la commémoration des dix ans du génocide. Ils ont organisé, du 22 au 26 mars 2004, une Commission d’Enquête Citoyenne (CEC), appuyés par plus de huit mille signature. Cette semaine intense de travaux est retranscrit dans cet ouvrage.

Les membres de la CEC ont été saisis d’effroi et de dégoût devant ce qui ressort d‘un tel faisceau de preuves et d’informations : la France est inextricablement mêlée à un génocide. es responsables civils et militaires ont favorisé de fait son accomplissement. La France ne veut d’ailleurs pas le savoir, ni assumer ses responsabilités ni demander des comptes à ses plus hauts dirigeants.

Certains continueront de considérer que la raison d’état doit protéger le noeud politico-militaire engagé dans un génocide. Pour les autres, la mémoire des victimes rwandaises, les leçons de génocide après celui des Juifs où l’état français s’était déjà trouvé compromis, la prévention de futurs crimes de masse, en Afrique ou ailleurs, l’avenir de la démocratie en France, imposent de faire la vérité et d’imposer des contre-pouvoirs. La lecture de ce livre peut contribuer à accroître le nombre de citoyens qui refusent l’intolérable.

J’ai serré la main du diable. La faillite de l’humanité au Rwanda
Par Roméo Dallaire – Ed. Libre Expression
688 pp – ISBN 2-7648-0072-X

Il a fallu sept ans au commandant des forces de l’ONU pour écrire ce livre. Il raconte ce qui s’est passé et son témoignage est sans concession.
C’est vraiment la faillite de l’humanité !

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