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Moïse Rahmani

De Metula News Agency : une grosse responsabilité

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Une grosse responsabilité ! (info # 011501/2) Par Sami El-Soudi © Metula News Agency Tiens, les médias français, l?AFP en tête, n?ont pas repris la déclaration officielle de M. Arafat qui a accusé Israël de « voler les organes des enfants de Rafah à des fins médicales ! » Ils n?ont pas modifié non plus ses affirmations quant à « l?arrestation » de trois dignitaires palestiniens, membres de l?exécutif de l?AP, qui auraient trempé dans l?affaire du Karine A. En fait d?arrestations, le chef acheteur d?équipements militaires Moughrabi et son assistant Razzem ont quitté la région depuis longtemps, si bien que le porte-parole de l?Autorité palestinienne a bien été obligé de contredire le Sultan Arafat. Que dire aussi de la liquidation d?El-Kermi ? Comment les Israéliens ont-ils pu l?abattre en pleine rue, alors que la clique d?Arafat avait officiellement annoncé, le 22 décembre dernier, que Kermi, suspecté d?activités terroristes PAR L?AUTORITE PALESTINIENNE avait été arrêté par NOS forces spéciales et avait été emprisonné ? Je ne questionne pas les intentions de ceux qui commettent des faux par sympathie pour mon peuple mais je récuse les résultats de leur contrefaçon. En résumé, il y en a marre de nous faire passer pour des demeurés, en montrant tous les jours à quel point nous ne sommes pas fiables. Quels services les désinformateurs pensent-ils nous rendre, lorsqu?ils véhiculent les informations les plus crétines qui sortent de la bouche du Raïs et qui sont démenties par la réalité dès le lendemain ? En quoi ces gens pensent-ils faire avancer la cause palestinienne, celle de notre légitimité et enfin, la cause de la paix ? Je persiste à penser que les aspirations de mon peuple sont légitimes et que, dans ces conditions, les causes justes n?ont pas besoin d?être travesties. Les réactions des USA ainsi que des pays occidentaux, suite aux déclarations fantaisistes d?Arafat au sujet du Karine A, ont porté un coup terrible à notre crédibilité. Les mensonges et le double langage ont fait reculer l?échéance de notre émancipation politique d?une bonne dizaine d?années et la paix, qui semblait à portée de main, n?est plus à l?ordre du jour. Ce qui m?inquiète le plus, c?est qu?il y a une main organisatrice, qui choisit parmi les déclarations d?Arafat, lesquelles elle va véhiculer et celles qui ne vont pas sortir de Ramallah. Preuve en est que cette info des vols d?organes d?enfants par les démons juifs n?apparaît nulle part, alors que celle qui prétendait que l?affaire du trafic d?armes était une invention des Israéliens a été reprise partout. Moi, en tant que Palestinien, je ne fais certainement aucune confiance dans ce tri et je n?ai donné de procuration à quiconque, afin qu?on me construise une image médiatique. Ma légitimité n?a pas besoin de ces aides, d?images et de ces mensonges, elle réclame au contraire que la vérité soit dite, comme elle est, dans toute sa crudité. Ce qu?il faut dire et que les censeurs ont choisi de dissimuler, c?est que Yasser Arafat a complètement perdu les pédales et qu?il a sombré dans une dévotion mystique frénétique. Ses proches et ses conseillers s?arrachent les cheveux, alors que la conduite politique du Président a délaissé le domaine du rationnel. L?un de ses aides d?habitude les plus écoutés m?a dit hier, « qu?il semble attendre que le prophète en personne vienne le chercher à Ramallah, afin qu?il fasse son entrée par le ciel à la Mosquée, devant le peuple ébahi.» « Il n?y a pas de lien conséquent entre ses déclarations » ajoute le conseiller, « il peut appeler à la guerre sainte et au sacrifice et dans la même heure, s?étonner de n?être pas considéré comme un faiseur de paix. En plus, il prend des colères terribles contre son entourage et contre ses officiers ; il voit des traîtres et des défaitistes partout ! » Ceci dit, de plus en plus de voix s?élèvent chez les Palestiniens afin de replacer notre lutte dans la rationalité et dans la légitimité. Ce re-calibrage passe par la présentation urbi et orbi d?une position claire, qui ne constitue pas un obstacle théorique et structurel à une solution pacifique. L?avenir politique de la Palestine est à ce prix et je ne lui connais aucun raccourci. Les initiatives courageuses se multiplient, de ceux qui ont compris que la propagande ne remplaçait pas le choix d?options politiques réalistes (je devais cette affirmation à Stéph, qui disait à propos des courants israéliens opposés à toute perspective de paix, « que la bêtise n?était pas une option politique »). Il faut du courage pour avancer. Le groupe de dirigeants palestiniens de premier plan, qui ont eu plusieurs rencontres avec Yossi Bilin (Beilin Ndlr) et Abraham (Avraham Ndrl.) Burg, bravant ainsi les ordres d?Arafat, ont eu ce courage. A l?issue de cette série de rencontres, les deux Israéliens pouvaient déclarer avec raison que « les Palestiniens avaient abandonné la condition du droit du retour (des descendants des réfugiés de 48 Ndlr) ». A la suite de ces déclarations, Ariel Sharon s?est senti obligé de préciser que « Beilin et Burg ne représentaient personne ! » On a pourtant affaire à une lame de fond de la part d?une grande partie de l?intelligentsia palestinienne, que personne ne cristallise mieux que mon ami le Professeur Sari Nusseiba. Nusseiba a précisé, la semaine dernière, trois points essentiels de ses propositions : a) Il a répété que l?exigence palestinienne du retour était incompatible avec la paix b) Il a affirmé que le sous-sol de la Mosquée (El-Aksa Ndlr) devait appartenir aux Juifs (alors qu?Arafat exigeait la totalité du Mont du Temple à Camp David) et d) Il a affirmé que la démilitarisation du futur Etat de Palestine était dans l?intérêt de la paix et de la stabilité régionale. Pour qui connaît un tant soit peu le Moyen Orient, les déclarations du Professeur Nusseiba revêtent une importance primordiale dans la recherche d?une solution négociée de coexistence. C?est la première fois qu?un leader arabe respecté, occupant un poste exécutif important dans l?Autorité palestinienne, énonce aussi clairement des principes compatibles avec des dispositions réalisables. Messieurs Landau et Hanigbi (Hanegbi Ndlr), ministres de la droite du Likoud, se sont empressés d?exprimer des doutes quant à la sincérité de Nusseiba, étalant ainsi toute leur ignorance de la société arabe. Ils devraient savoir, ces deux opposants à toute solution négociée, que le deuxième degré n?existe pas dans mon monde, certainement pas en ce qui concerne le domaine des concessions à faire à Israël ! Sari Nusseiba a ainsi hypothéqué sa propre existence au profit du dialogue pacifiste. Dorénavant, il risque à chaque instant d?être abattu par l?un de ses frères palestiniens. Je dirai que Nusseiba est certainement l?un des hommes les plus en danger du Moyen Orient. Il n?est pas suffisant de faire état de ces constatations. L?ouverture de Nusseiba nécessite un suivi approfondi. D?Israël, bien sûr, qui ne peut pas se permettre d?ignorer cette vraie main tendue, au risque d?enterrer toute perspective d?une issue pacifique à notre conflit, mais aussi des nations férues de paix et de progrès, qui ont compris à quel point la recherche de solutions était compliquée et donc, à quel point l?initiative de Nusseiba était précieuse. Les partis épris de paix vont donner du poids à Sari Nusseiba et il n?y a rien de plus simple, pour Israël par exemple, que de renforcer le statut politique du Professeur. Il suffit pour cela de l?écouter et de montrer aux Palestiniens, par des gestes politiques tangibles, qu?ils sont des interlocuteurs valables et respectables dès qu?ils sont représentés par une personnalité rationnelle ! Certains politiciens israéliens d?extrême droite s?escriment à utiliser les perfidies d?Arafat afin de les étendre à tous les Palestiniens et de laisser croire « que tous les Palestiniens partagent le statut d?Arafat d?interlocuteur non grata. » En fait, ces irresponsables ne cherchent que des prétextes pour faire durer notre conflit à l?infini. Aucun peuple, aucune région pourtant ne peuvent exister sans cultiver, au moins, l?espoir d?une paix juste et durable. La communauté internationale rationnelle doit elle aussi « donner de l?importance » au courant Nusseiba. Ses représentants doivent simplement l?écouter et donner une existence politique à son point de vue. A notre point de vue ! Il suffit par exemple que les ministres européens et américains fassent des rencontres avec le Professeur une escale obligatoire lors de leurs voyages en terre sainte. Qu?ils répercutent systématiquement en public le contenu de ces discussions, qu?ils montrent enfin, par des prises en compte tangibles, que l?option Nusseiba existe et qu?il faut l?exploiter. Les prises de position de Sari Nusseiba sont à la révolution palestinienne, ce que les propositions du regretté Barak étaient aux Juifs (aux Israéliens Ndlr). Elles sont très difficilement acceptables au regard des mythes, des promesses et des ethos palestiniens mais elles sont aussi un pont de réalisme et de bonne volonté, une fine passerelle vers un avenir décent. L?Europe a ici une responsabilité majeure dans la consolidation de cette passerelle, après qu?elle a complètement manqué le momentum de paix de l?automne 2000. Il faut qu?elle cesse d?employer des langages codés et qu?elle s?aligne massivement derrière les leaders qui peuvent amener la paix. L?espoir existe. Alignez les propositions Clinton, Barak et Nusseiba et la paix devient une éventualité !

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