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Moïse Rahmani

Les juifs à Nice et dans le Comté

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Une revue culturelle niçoise, "Lou Souregntin", éditée en français et en nissart, consacre l'essentiel des pages de son numéro 168 d'octobre 2005, aux Juifs de Nice et du Comté.

Sourgentin, en parler nissois, signifie "petite source" et il était bon que cette revue consacrât un dossier à ce que fut une des sources culturelles de la région.

L'éditorial, en nissart, de Jean-Michel Bessi, est explicite : Judiéu à Nissa o Nissart judiéu : Juifs à Nice ou Niçois juifs et se termine par le constat : lu judiéu à Nissa, soun ben de Nissart judiéu ! les juifs à Nice sont bien des Niçois juifs.

Les Juifs sont présents à Nice depuis des siècles. Une communauté active est signalée dès les débuts du XIVè siècle.

Son instalaltion juridique date de 1406. Ils exercent les métiers de changeurs, d'orfèvres (le trésorier de la ville paye à un joailler juif un bijou pour la comtesse de Savoie).
Une famille se distingue, les Avigdor, qui ont marqué l'histoire de la ville entre 1630 et 1768. L'un deux sera consul de Prusse, un autre député au Parlement du Turin, un troisième, enfin, Septime, administrateur de la Banque de France. La lignée s'éteindra avec le suicide, sans raison apparente, de Septime.

D'après Isabelle Rocca (Socio-histoire du ghetto juif de Nice) l'édit du port-franc de Villefranche de 1648 s'adresse aux Juifs hollandais, espagnols, flamands et allemands afin de les inciter à s'installer et à développer la ville.

Quelques pages font état des brimades qu'ils eurent à subir ; baptèmes forcés d'enfants confiés à des nourrices chrétiennes, port de la rouelle et, en 1942, de l'étoile jaune et l'affaire Dreyfus et ses conséquences à Nice, largement évoquée.

La synagoge de Nice est égalemen évoquée : sa construction, son inauguration il y a plus d'un siècle, le 21 mars 1886. L'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord insuflle une vie nouvelle, un sang nouveau à cette communauté comme la figure d'un hérois niçois, Jean Lippmann, ancien combattant de la guerre de 14-18, volontaire en 1939, résistant de la première heure, un des acteurs de l'insurrection qui suivit le 6 juin 1944, arrêté par la gestapo il fut fusillé. Une plaque, rue Massena rapelle son souvenir.

Un article de Robert Bistolfi étudie les similitudes entre le judéo provençal et le judéo-nissart et quelques articles, en judéo-nissart, enrichissent le journal.

Une place est consacrée au patrimoie légué : signalons deux villas splendides offertes par des Juifs : la villa Kerylos à Beaulieu léguée par Théodore Reinach, la villa Ile de France et ses somptueux jardins à Saint-Jean Cap-Ferrat donnés par la baronne Ephrussi de Rotschild et l'Observatoire de Nice par Louis Bishoffsheim.

Les persécutions, la déportation des enfants, l'attitude des Italiens, les lieux de mémoire sont très largement étudiés au fil des pages de cette très intéressante revue qui permet, aux amoureux de la Côte d'Azur dont je suis, et aux autres, de connaître une des facettes de cette belle ville.

Cette belle revue, disponibles dans les kiosques niçois, peut-être obtenue par mail au lou.sourgentin@wanadoo.fr (www.sourgentin.org)

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