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Moïse Rahmani

Un formidable ouvrage de mémoire. : Les larmes de la rue des Rosiers d'Alain Vincenot

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Un formidable ouvrage de mémoire.

 

Les lecteurs de notre site et de notre revue connaissent l’attachement que je porte à Alain Vincenot. C’est un ami fidèle et loyal, un être de qualité rare, un homme de convictions,  un homme de cœur.

Mais c’est aussi et surtout un remarquable écrivain. Journaliste talentueux, il n’a pas hésité, au cours de sa carrière, de défendre ses idées et sa liberté de pensée envers et cotre tous..

 

Il met son expérience d’homme de terrain et de recherches minutieuses au service de sa plume et nous a déjà livré quelques très beaux ouvrages-enquêtes.

Nous avons ainsi eu le plaisir de lire le vie d’une barre à Paris en attente de démolition, une analyse de la condition des policiers au travers des interviews de  nos braves pandores, un travail sur les quinquas, les laissés pour compte et sur la danse.

Mais c’est dans le travail de mémoire qu’Alain Vincenot excelle. Il a écrit un très émouvant ouvrage sur « La France résistante : Histoire de héros ordinaires ». Dans ce livre parmi d’autres témoignages, il cite « Je trahirai demain ».un poème écrit en novembre 1943 d’une jeune femme de, Marianne Cohn, 23 ans,  torturée, mutilée et achevée à coups de bêche pour avoir tenté d'accompagner en Suisse 28 enfants juifs.. Sa lecture  vous donne la chair de poule.

Un livre qui m’a fait pleurer c’est « Je veux revoir Maman, les enfants juifs sous l’Occupation », préfacé par Madame Simone Veil . Un ouvrage terrible. L’histoire ce ces enfants qui n’ont pu dire au-revoir à leur Maman ; Ici aussi, il nous livre un poème, celui de Liliane Goldberg Lancry qui n’avait que deux ans lorsque sa mère lui fut arrachée, en 1940 :

 

Il nous offre, aujourd’hui, un essai « Les larmes de la rue des Rosiers » préfacé par Elie Wiesel.

 

La Rue des Rosiers, est le cœur du quartier juif de Paris depuis le Moyen-âge. Les réfugiés ashkénazes du XIX è siècle ont appelé ce territoire du IV ème arrondissement, le Pletzl, la petite place.

En été 1940, le gouvernement de Vichy imposait les premières mesures anti-juives. Jusqu’à la Libération, en 1944, le cœur de ce quartier, si animé, s’est arrêté de battre.

 

Toutes les mesures anti-juives prises par Vichy, la rafle du Vel d’Hiv, sont inscrites dans les murs de la rue des Rosiers. Ils ne demandent qu’à parler à quiconque veut bien les écouter. Alain Vincenot l’a fait. Il a interrogé les murs, entendu leur histoire, écouté certains de ceux qui les ont gravé et les a couché sur le papier.

Il raconte, pudiquement, avec l’œil du témoin vigilant mais attentif et compatissant, les drames qui suintent de chaque pierre.

Milo Adoner est le seul survivant de la cinquantaine de familles qui habitaient au 10-12 de la rue des Deux-Ponts dont ses parenta et ses cinq frères et sœurs. Salomon Zigelman, arraché à sa fille Léa du 9 rue des Guillemites, Hersz Lewkowicz, boucher au numéro 12 de la rue des Rosiers qu’évoque son fils Clément, le père de Sarah Traube, Jacob, poissonnier sous le porche du 27 rue des Rosiers,  Joseph et Malka Malamout, assassinés à Auschwitz. Ils habitaient au 36 avec leur fille Suzanne. Maurice et Régine Zynzsajn tenaient tune épicerie au 54. Ils n’ont laissés à Victor leur fils, que quelques lettres, écrites de Drancy.

Alexandre Halaubrenner eut son père Jacob fusillé pour acte de résistance. Léon, son frère, mourut en haute Silésie. Ses deus sœur, Mina, 9 ans et Claudine, 5 ans, furent raflés à Izieu oar Klaus Barbie. La famille habitait le 25 !

 

Quelques photos mettent un visage sur un nom et donnent un visage à un numéro de la rue des Rosiers.

 

Ces histoires dramatiques forment, comme le dit Elie Wiesel « Une description de la rue des Rosiers et des rues avoisinantes… bouleversantes de vérité vécue et de partagée.

 

Un livre dense et fort. Un livre vrai. Un livre qui ne laissera personne indifférent et dont on ne sort pas indemne.

 

Les Larmes de la rue des Rosiers

Par Alain Vincenot – Editions des Syrtes

288 pages - ISBN 978-2-84545-154-4 – 20 euros

 

Les autres ouvrages d’Alain Vincenot :

Feurs de béton, éditions Romillat, 2001.

Paroles de flics, éditions Romillat, 2002.

La France résistante, éditions des Syrtes, 2004

Je veux revoir Maman, éditions des Syrtes, 2005

Quinquas, les paris de l’emploi, éditions Belfond, 2006

Un  temps pour danser, éditions du Rocher, 207

 

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