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Moïse Rahmani

Marc-André Charguéraud : un historien de la Shoah

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Marc-André Charguéraud : un historien de la Shoah 

 

Marc-André Charguéraud est un historien de la Shoah, et un homme de lettres qui a mené plusieurs enquêtes sur l'attitude des témoins de la Shoah.  Combattant volontaire dans les troupes françaises en 1944, il est diplômé de sciences politiques et de droit (Paris) et a obtenu un Master of Business Administration à l'université de Harvard. Il a dirigé plusieurs entreprises avant de se consacrer à l'écriture de livres sur l'histoire de la Shoah.

Ses travaux font autorité en ce domaine et il a consacré plusieurs ouvrages sur le sujet.

Son écriture est fluide, sa lecture simple à la portée de tous. Avec des mots de tous les jours il retrace toute l’horreur de la Shoah pour nous la restituer dans toute son horreur et nous montrer, faits et preuves à l’appui, que le monde libre resta, souvent, insensible à la détresse juive.

 

Le premier tome de ce travail magistral : Tous coupables ? Les démocraties occidentales et es communautés religieuses face à la détresse juive, 1933-194, nous décrit la montée du nazisme. S’appuyant sur une somme considérable d’ouvrages l’auteur pose un regard autre sur la responsabilité et la culpabilité des démocraties occidentales face à l’attitude des régimes totalitaires à l’égard des Juifs. Sont-elles toutes coupables ? Sans doute pas totalement, mais bien plus qu’on ne le croit. De nombreux Juifs allemands, fuyant l’Allemagne nazie, ont cherché vainement refuge. On se souvient du bateau Saint-Louis avec ces 980 passages, refoulé de port en port et qui finalement put débarquer ses passagers en Belgique. 200 furent acceptés par la France, 200 par l’Angleterre et 282 par la Belgique qui furent plus tard, déportés.

 

On se souvient aussi de la tragédie du Strumza avec à son bord 769 passages en février 1942. Les autorités turques lui refusèrent l'autorisation de jeter l'ancre dans le port d'Istanbul et le repoussèrent en Mer Noire. En quelques heures, le bateau sombra, probablement touché par une torpille lancée par erreur par un sous-marin soviétique qui avait pris le "Struma" pour un cargo de l'Axe. Un seul passager du "Struma" survécut.

 

Dans cet ouvrage, Marc-André Chargéreaud ouvre à nouveau un certain nombre de dossiers, tels la condamnation du régime hitlérien par Pie XI, les visas pour les États-Unis et l’Angleterre, l’attitude des religieux allemands dans les premiers temps du Reich. Il pointe surtout du doigt la passivité du monde et il a bien raison.

 

Tous coupables ?

Par Marc-André Charguéraud – Éditions Cerf-Labor et Fides

306 pages – ISBN 978-2-06066-6 (Cerf) – 978-2-8309-0890-2 (LF)– 140 FF

 

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Dans le second tome de cette oeuvre considérable, Silences meurtriers. Les Alliés, les neutres et l’Holocauste. 1940-1945, il épingle le silence du monde face à la tragédie nazie. Le sort et le massacre de six millions de Juifs ne fut pas une priorité.

On se souvient que Himmler envoya aux allies, via Istanbul, Joël Brandt qu’il fit libérer pour aller proposer aux alliés ce marché : un million de Juifs contre n’importe quel marchandage.

Après maintes péripéties Brand rencontra au Caire Lord Moyne, haut représentant anglais qui lui opposa une fin de non-recevoir « « Que ferais-je de ce million de Juifs ! » Les Juifs hongrois furent déportés et massacrés.

L’auteur nous livre, pour la première fois, les preuves de ce reniement spirituel que fut le lâchage des Juifs par les Alliés ?

 

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Silences meurtriers

302 pages – ISBN 978-2_204-06678-8 (Cerf) – 978-2-8309-0991-7 (LF) – 140 FF

 

Dans le troisième tome de cet opus, Survivre. Français, Belges, Hollandais et Danois face à la Shoah. 1940-1945, l’auteur nous montre comment les démocraties européennes se sont comportées face aux persécutions nazies. Il nous explique l’attitude de la population et comment le sauvetage des enfants, exemplaire en France le fut moins en Belgique et même désastreux en Hollande.

Il dénonce cette tentative de christianisation des enfants juifs, certes ce ne fit pas le but premier, mais les religieux chrétiens cherchèrent à sauver les corps, mais aussi, dans leur esprit, les âmes (n’a-t-on pas l’exemple d’Aaron Lustiger qui se convertit et devint Jean-Marie, fut cardinal Lustiger !)

Rappelons-nous de cette légende qui veut que le roi du Danemark, Christian X, arbora une étole jaune (certains disent aussi que les Danois, dans leur majorité, la portèrent) alors que l’étoile jaune  ne fut jamais imposée aux Juifs danois

Avec cette approche comparative, « Survivre » nous permet une meilleure compréhension des années noires. 

 

Survivre

Préfacé par François-Georges Dreyfus

342 pages – ISBN 78-2-204-0815-1 (Cerf) – 978-2-8309-1189-X (LF) – 25 euros

 

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Le quatrième volume de cette enquête nous emmène, à la fin de la guerre en Europe de l’Est où survivent un million de rescapés de la Shoah. À peine libérés des camps de la mort, des pogroms meurtriers s’abattent sur eux

En 1946, un pogrom éclate à Kielce en Pologne. Les habitants attaquèrent les Juifs après que de fausses rumeurs s'étaient répandues selon lesquelles les Juifs avaient enlevé un enfant chrétien pour utiliser son sang. Quarante-deux Juifs furent tués et environ cinquante blessés.

Le pogrom de Kielce fut l'un des facteurs qui provoquèrent l'émigration massive de centaines de milliers de Juifs survivants de la Shoah. Connu sous le nom de Brihah, ce mouvement conduisit les Juifs de Pologne et d'autres pays d'Europe de l'Est vers les camps pour personnes déplacées en Allemagne, en Autriche et en Italie.

La population et les gouvernements des démocraties populaires ont accompli ce que Hitler voulait réaliser, une Europe de l’Est déjudaïsée.

Ce dernier chapitre s’est déroulé sous les yeux du monde libre resté passif malgré  l’horreur de la Shoah.

Pendant les premières années, les pays du monde lire ont systématiquement fermé leurs portes aux rescapés à la recherche désespérée d’un refuge.

La plupart des historiens arrêtent leurs travaux à 1945, à la libération des camps. Marc-André Charguéraud est le premier à embrasser le sujet dans son ensemble. Il questionne les situations et replace les événements dans un contexte plus large.

 

Il nous décrit les difficultés de leur arrivée en Palestine, refoulés par les Anglais, rejetés par les Arabes. Il raconte l’établissement ; le 15 mai 1948 de l’État d’Israël, havre et refuge pour le peuple juif en quête d’un asile depuis 2000 ans et nous explique comment le monde arabo-musulman est devenu, à son tour Judenfrei, comment il s’est débarrassé de ses Juifs dont la présence était antérieure de plus de mille ans à l’invasion et à la conquête arabe. ¨Près d’un million de Juifs chassés et forcés au départ, dont, pour les trois-quarts, le refuge fut Israël

 

Le martyre des survivants de la Shoah

286 pages – 978-2-204-08904-3 (Cerf) – 978-2-309-1349-1 (LF) – 24 euros

 

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Marc-André Charguéraud nous explique comme la Banque des règlements internationaux (BRI) a collaboré, en dépit de la guerre, avec le Reich en acceptant de l’or volé et fournissant aux nazis des renseignements financiers de première importance. C’est ce qu’un récent rapport officiel de Washington révèle.

Le patron de la BRI, l’américain Thomas Harrington McKtitrick fut qualifié de banquier américain de Hitler.

Cet ouvrage montre les situations les plus invraisemblables et les plus condamnables qui primèrent sur l’éthique et la moralité conduisant un citoyen américain à une collusion avec l’ennemi, à une trahison de la cause alliée.

Jusqu’au bout, bien après la défaite allemande, McKittrickl protégea ses collaborateurs nazis, leur évitant l’expulsion de Suisse, même ceux, tels Ludwig Maehler, un criminel de guerre, qui dénonça deux cents déserteurs alsaciens dont les familles, demeurées en Alsace furent déportées et envoyées a la mort ou Emile Puhl qu’il invita aux États-Unis. Puhl avait été condamné à six ans de prison pour avoir blanchi de « l’or de la mort » converti en lingots par les nazis. Il en sortira au bout de six mois.

McKittrik se lancera dans de vastes opérations d’or de la mort au profit des nazis, notamment en faisant transporter vingt tonnes au Portugal où il le négociera pour l’Allemagne.

 

En juin 1946 McKittrick rejoint les États-Unis où il est nommé vice-président de la Chase Manhattan Bank en charge des relations avec l’Europe. Le secrétaire au commerce américain, William Averell Harriman, lui demandera, en 1947, de diriger un groupe de travail pour la mise en place, dans le cadre du Plan Marshall, d’une chambre de compensation des payements en Europe.

Des voix solitaires s‘élèvent contre sa nomination, telle celle du membre de la Chambre des  Représentants, John, A. Blattnik, qui déclare le7 août 1948 que, pendant toute la Seconde Guerre mondiale, la BRI fut un instrument des cartels nazis et leur servit de liaison avec la fraternité des banquiers internationaux ».

 

Le banquier américain de Hitler

Éditions Labor et Fides

120 pages – ISBN 978-2-8309-1125-3

 

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