Accueil - sefarad.org
Loading

Moïse Rahmani

Pour la deuxième fournée des vacanciers (7 août 2010)

    MENU    

SEFARAD.org
Moïse
Billet humeur
Ouvrages
Livres
Réaction
Belsef
DONS

Page PRECEDENTE


Judaïsme

 

On l'a parfois comparé à Ray Charles, en version orientale. Non seulement parce qu'il était aveugle mais aussi parce qu'il avait une voix qui réveillait les cœurs. Le rabbin David Bouzaglo (1903-1975) a été et continue d'être pour tous les juifs marocains, qu'ils soient installés en France, au Québec, en Israël ou au Maroc, un modèle et une référence. Poète, rabbin et chantre, il a dirigé durant des décennies, la traditionnelle cérémonie dite des « bakkachot » (supplications) au cours de laquelle les juifs d'Orient et singulièrement ceux de l'Empire chérifien se réveillent avant l'aube pour chanter dans leurs synagogues des textes et des poèmes religieux sur des airs de musique andalouse.

C'est à cette antique tradition et au rabbin David Bouzaglo qui lui a véritablement donné ses lettres de noblesse, que ce livre est consacré. L'auteur a mené durant deux ans une enquête sur ce que fut le parcours de vie de ce maître auprès de ceux qui l'ont connu ou de ceux qui ont été ses compagnons ou ses disciples.

 

Les veilleurs de l'aube,
de Victor Malka, préface de Naïm Kattan, Editions du Cerf,
142 pages- ISBN 978-2-204-09295-1- 18 euros
   

*********

  

Tout le monde vous dira d’Abraham qu’il est l’ancêtre des peuples juifs et arabes, le père des religions monothéistes et qu’il a eu à 99 ans un fils, Isaac, avec sa femme Sarah qui était stérile et depuis longtemps plus en âge de procréer, fils que quelques années plus tard, Dieu lui demandera de sacrifier. Mais que sait-on de plus sur lui ? Pas grand-chose en fait sinon que l’on s’accorde à dire qu’il a vécu aux alentours de 1900 avant JC.

 

Evidemment, on connait aussi les quelques grands événements de sa vie mais qui était-il en tant qu’être humain (caractère, personnalité, sensibilité) et quelle était sa vie au quotidien ? Intrigué par le personnage et par cet état de fait, Eric Nataf  a compilé les sources bibliques, les écrits apocryphes, les données du Midrash (recueil des récits allégoriques autour de la Torah), du Zohar (livre majeur constructif de la kabbale) puis il a croisé ces informations avec celles issues de l’archéologie et de ce que l’on sait à ce jour de la civilisation "suméro-akkado-assyro-babylonienne " afin de recréer un passé à ce géant de la mythologie.

 

 

Né d’une idée très intéressante et originale, ce livre nous offre un moment de lecture enrichissant et prenant. Les points forts de ce livre sont une très grande documentation, un style alerte et l’emploi de la première personne du singulier, comme si Abraham nous racontait lui-même sa propre histoire. Le seul point négatif mais qui n’a rien à voir avec les qualités d’écriture de son auteur ou l’intérêt du sujet, est le constat que l’on peut faire sur la nature humaine qui n’a pas franchement évolué dans le bon sens du terme depuis 2000 ans. Et ça c’est bien triste.

 

 


Moi, Abraham,
d'Eric Nataf, EditionsOdile Jacob,
362 p - ISBN 978-2-7381-2347-3. - 19,90 euros

 

*********

 

Dans la droite lignée de Nicole de Buron, voici un récit humoristique enlevé et très plaisant qui, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, est loin de se focaliser sur l'aspect religieux.

 

Ecrit à la première personne, ce roman relate la vie quotidienne d'une famille composée d'une mère approchant de la cinquantaine et de ses quatre enfants.

 

Divorcée trois fois, Véronique est un petit bout de femme dynamique et soupe au lait qui veille tendrement sur son fils et ses trois filles. Traductrice de profession, elle mène tout de front et avec bonne humeur, dans un esprit anti-conformiste savamment entretenu depuis son adolescence. Farouchement attachée à son indépendance, elle décide douloureusement de ne plus s'encombrer d'hommes dans sa vie et de "couper le cordon" avec sa mère et son père. Mais les promesses s'érodent facilement quand on a un coeur tout mou...

 

Ses enfants lui font également des misères : voilà qu'un beau jour, ils décrètent vouloir se rapprocher de leurs racines juives alors même que Véronique les en avait scrupuleusement tenus à l'écart. Ils veulent donc porter fièrement une étoile de David autour du cou, allumer les bougies à Hanouka (il y a encore plus d'occasions de cadeaux qu'à Noël !), faire le jeûne à Kippour, fêter Pessah dans les moindres détails, pratiquer le Shabbat, aller à la synagogue et ne plus manger de porc. Réticente voire carrément hostile au début, Véronique va peu à peu trouver dans ce retour à la tradition un doux réconfort, humainement enrichi par la rencontre avec la famille Nataf, si généreuse et chaleureuse. Se laissant doucement apaiser par cette réconciliation avec ses origines, elle accepte de se faire à nouveau appeler Déborah, son prénom de naissance.

 

Le récit est truculent et souvent drôle, émaillé de saynètes très "cinématographiques", comme cette soirée de retrouvailles très bourgeoise où Véronique, à l'humeur déjantée, flanquée de ses enfants curieux et excités, revoit d'anciennes amies de lycée toutes plus coincées les unes que les autres.

 

Le ton est vif, le vocabulaire imagé, mais la tendresse et l'émotion affleurent souvent au fil des pages. Tout en étant d'apparence légère, les tribulations de cette famille abordent des thèmes plus graves comme les relations parents-enfants, la solitude d'une femme mûre qui tente d'assumer ses contradictions, le retour aux "sources" comme baume au coeur dans une existence chaotique.

 

Un agréable moment de lecture, sans prétention et divertissant.

 

Ah, si j'étais goy!,
de Catherine Fuhg, Editions Plon,
236 pages- ISBN 978-2-259-21075-1- 18,50 euros

*********

 

En el presente volumen se reúnen diversos estudios que analizan aspectos históricos y literarios, en su mayoría inéditos, sobre la mujer judía desde los tiempos de la antigüedad, en su papel de transmisora de la vida y continuadora del grupo, la regularización legal de la mujer en la comunidad según las leyes talmúdicas, las mujeres conversas y judaizantes juzgadas por la inquisición, la actividad laboral de la mujer judía en el medieval reino de Aragón y su vida familiar y comunitaria en la Sefarad medieval. Aspectos más puntuales como la ostentación de las mujeres según la literatura hispanohebrea y las prácticas de salud de la mujer hispanojudía en la edad media. Se cierra este sugestivo volumen con una serie de estudios sobre la mujer sefardí en el hogar tradicional, su emancipación en los siglos XVIII y XIX, y una perspectiva nueva sobre el protagonismo de cinco mujeres judías como autoras de obras escritas en hebreo durante el siglo XIX y comienzos del XX, introduciéndose en un mundo reservado hasta entonces a los hombres.

 

Ijas de Israel. Mujeres de Sefarad. De las aljamas de Sefarad al drama del exilio,
coordination de Yolanda Moreno Koch et Ricardo Izquierido Benito, Editiones de la Universitad de Castilla-La Mancha,
427 pages- ISBN 978-84-8427-751-4

 

*********

 

Shoah

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements américain et britannique n'ont pas rendu publiques les informations secrètes qu'ils détenaient sur la politique d'extermination nazie.


Bien que ces éléments aient pu avoir leur importance lors des procès des criminels nazis, les intérêts nationaux prévalaient pendant la guerre froide. Or depuis 1997, plus de 8 millions de documents secrets ont été déclassifiés et permettent de répondre à de nombreuses questions : lequel des gouvernements alliés avait connaissance de l'extermination des Juifs ? Est-ce qu'une réponse militaire ou une campagne de propagande révélant les atrocités nazies aurait pu mettre fin aux déportations et à l'extermination ? Pour la première fois, une analyse historique tirée des archives permet de découvrir que les Alliés en savaient plus sur la " solution finale " que ce qu'ils ont bien voulu en dire.


Mais ces informations " humanitaires " n'intéressaient pas au premier chef les responsables politiques, et la libération des Juifs n'apparaissant pas comme une priorité, il n'était pas question d'y gaspiller des ressources militaires. Les Alliés semblent n'avoir jamais compris que l'extermination des Juifs d'Europe était un des objectifs majeurs de la guerre menée par les nazis. Parmi les contributions de cet ouvrage sont abordés des sujets tels que les tentatives de sauvetage par des réseaux clandestins, le rôle des services secrets français ou encore les compétences du Vatican en matière de renseignement

 

Les Services Secrets et la Shoah,
sous la direction de David Bankier, Nouveau monde Editions,
478 pages- ISBN 978-2-84736-240-4- 26 euros

 

*********

 

 

Histoire

 

Aucun grand capitaine de la Seconde Guerre mondiale n’a écrit de récit aussi clair et aussi percutant sur la stratégie militaire que Rommel dans ses Mémoires. Soucieux de tirer les leçons de ses campagnes, il rend compte mieux que quiconque du Blitzkrieg puis des combats dans le désert. On entre au cœur de sa réflexion stratégique, toujours ancrée dans l’action. On découvre un chef de guerre qui s’est constamment affranchi des règles traditionnelles pour surprendre l’ennemi, le prendre de vitesse, mais aussi un homme pour qui les combats devaient épargner le plus possible les civils et éviter les représailles. À la fois craint et estimé par les Alliés, notamment britanniques, qui ont contribué à bâtir sa « légende », il demeure un soldat discipliné, que sa formation a toujours empêché de remettre en cause le pouvoir du Führer. Bien que sa mort ordonnée par Hitler ait interrompu ce récit, ce témoignage n’en reste pas moins capital pour l’histoire. Les Mémoires du maréchal Rommel, indisponibles depuis cinquante ans, sont ici présentés dans une édition commentée et annotée se fondant sur les apports les plus récents de l’historiographie.

 

La guerre sans haine,

Par Erwin Rommel, préface de Maurice Vaïsse, Nouveau monde Editions,
475 p - ISBN 978-2-84736-522-1. - 24 euros

 

*********

 

Pour les jeunes

 

Quelle belle initiative des éditions Seuil jeunesse d’offrir à nos jeunes de treize ans et plus ce livre roman mais en même temps enquête historique.

 

L'histoire de la famille Mendelson commence en 1895 pour Fabrice Colin qui s'est donné comme objectif de raconter les incroyables évènements dont cette famille juive a été témoin en cent ans. Entre 1895 et 1929, première partie de cette trilogie, l'auteur relate, documents à l'appui, de toutes sortes, le destin de la première génération : de la fuite d'Odessa à la crise de 1929...

Ni vraiment un roman, ni vraiment un livre d'Histoire et encore moins un roman historique, la Saga Mendelson est une sorte d'ovni en littérature jeunesse. On pourrait le qualifier sous le terme de L'Histoire en roman.
Loin d'ennuyer le lecteur et pourtant très enrichissant sur le plan de la connaissance du XXème siècle, ce premier tome est tout simplement génial ! Sa forme originale, un peu déroutante au début, séduit dés le premier chapitre. Nous voici emportés pour une lecture dans une machine à remonter le temps, au plus près d'une époque, celle des années 1900.
Et justement, Histoire et histoire se mêlent habilement sous la plume de Fabrice Colin qui a su avec brio collecter les interviews, documents d'archives et souvenirs de ses "héros",... pour recréer trente ans d'Histoire.
A chaque page, on se surprend de l'incroyable destin de cette famille tellement ancrée et en phase avec son temps. Tout est vrai, même le plus incroyable et c'est ce qui fait la force de ce roman-documentaire tout simplement passionnant...
Aucun instant de répit, les évènements s'enchaînent et nous emportent tandis que le romanesque-authentique imprègne chaque page

 

La saga des Mendelson. Tome 1. Les exilés,
de Fabrice Colin
268 p - ISBN 978-2-02-097776-0.- 16,50 euros
 
 La saga des Mendelson. Tome 2. Les insoumis,
de Fabrice Colin
304 p - ISBN 978-2-02-099637-2. - 16,50 euros
 
 La saga des Mendelson. Tome 3. Les fidèles,
De Fabrice Colin,
304 pages- ISBN 978-2-02-101101-2- 16,50 euros
 


- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2017

Retour au site sefarad.org -