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Moïse Rahmani

La Djuderia de Rhodes (2 novembre 2010)

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La Djuderia de Rhodes

 

Le 23 juillet 1944, les Allemands déportent la communauté juive de Rhodes, près de mille sept cents hommes et femmes, enfants et vieillards.

A bord de trois rafiots, ils quittent leur île chérie et le lendemain les quelques cent Juifs de l’île sœur de Kos y sont aussi embarqués.

A l’exception d’une cinquantaine de Juifs turcs sauvés par le Consul de Turquie, Selahtine Ulkunen, Juste parmi les Nations, l’île de Rhodes où vécut depuis des siècles  une communauté paisible, est « judenrein », vide de Juifs.

Débarqués à coup de crosse et de trique au Pirée, ils sont emmenés à Haidari et, de là, avec quelques Juifs d’Athènes, enfournés dans des bétaillères, ils sont acheminés vers Auschwitz où, à leur arrivée, le 16 aout 1944, mille cinq cents d’entre eux sont immédiatement gazés.

Seuls cent cinquante sept survivront, neuf mois plus tard, à la libération.

 

En hommage à cette communauté disparue, en hommage à sa Maman Lucia, rescapée des camps et à son Papa Guershon, Isaac Habib, le cœur lourd et gros, nous offre en guise de pierre déposée sur la tombe de ces malheureux déportés qui n’en eurent pas, ce recueil d’amour et de larmes.

 

La Djuderia de Rhodes est un émouvant rassemblement de poèmes en judéo-espagnol avec leur (impeccable) traduction en français et en anglais et dont la photo de la couverture montre une porte ouverte vers l’extérieur. Le départ de ceux qui ne revinrent pas ? Les couvertures intérieures, chacune avec rabat, pleurent, nom après nom, l’interminable liste des déportés, mille six cent quatre vingt-quatorze noms, incrustés  dans notre mémoire, inscrits dans notre cœur, sertis dans notre âme, gravés pour l’éternité.

 

Illustré de quelques photos qui vous donnent le vague à l’âme, La Djuderia de Rhodes s’achève sur les photos des dix-huit survivants de la Shoah habitant à Cape Town. Certains, hélas, dont ma tante Bella née Almeleh, ont rejoint leurs compagnons d’infortune.

 La dernière élégie d’Isaac, A los que se salvaron, A ceux qui sont revenus, se termine par ce touchant :

 

En estos mundos adelantre,

Que con tus compañeras de la Shoah,

Conoscas serenidad eterna,
En tu lugar de reposo, Madre querida.

 

Dans le monde de l’au-delà,

Fasse que, avec tes compagnes de la Shoah,

Tu connaisses une éternelle sérénité,

Là, où tu reposes, Maman chérie.

 

 

Moïse Rahmani

 

 

 

La Djuderia de Rhodes par Isaac Habib, est disponible auprès de l’auteur Isaac Habib : allegro@netactive.co.za, ou  chez Tradimex : Shirleyb@tradimex.co.za) au prix de 18 euro + 5,50 euro courrier recommandé.

 

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