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Moïse Rahmani

Deux ouvrages capitaux de Richard L. Rubenstein (2 décembre 2010)

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Ces ouvrages sont disponibles à la

Librairie UOPC,

14-16 avenue G. Demey,

1160 Bruxelles,

www.uopc.be

 

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La perfidie de l’histoire. La Shoah et l’avenir de l’Amérique

Par Richard L. Rubenstein – traduit de l’américain par Ghislain Chaufour, avec une préface de William Styron - Editions Les Provinciales

208 pages – 22 euros – ISBN 978-2-204-07830-1

 

« Une des pires façons de concevoir l’Holocauste consiste à interpréter l’ensemble de ces destructions comme l’œuvre d’un petit groupe de criminels irresponsables, fondamentalement différents des hommes d’État ordinaires, ayant d’une manière ou d’une autre pris le contrôle du peuple allemand, le forçant, par la terreur et l’exacerbation de haines religieuses ou ethniques, à une politique barbare et rétrograde, complètement à l’opposé de la grande tradition de la civilisation occidentale », écrit Richard L. Rubenstein.

 

C’est bien ainsi pourtant que l’on se prend à voir les choses. Mais il y a une autre difficulté : pour nous les nazis ont échoué ; pour Rubenstein au contraire ils ont réussi à transformer les bureaucraties de toutes les nations qu’ils occupèrent (et même les bureaucraties communautaires juives) en composants du processus de destruction. Dès lors il est « clair qu’une frontière morale et politique de l’histoire de la civilisation occidentale a été franchie avec succès par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale ».

Pour comprendre ce que ce précédent a d’effrayant, il convient de chasser de notre esprit un autre jugement hâtif encore tenace aujourd’hui : « Selon l’opinion la plus répandue, rappelle William Styron dans la préface du livre, le camp était un lieu d’internement où, par millions, les Juifs étaient exterminés dans les chambres à gaz – rien de plus ». Or à Auschwitz, parce que des détenus survivaient pour travailler, les nazis « ont réussi à créer une société de souveraineté totale ». Ce n’est pas un hasard : à Verdun ou dans la Somme, sous les ordres « d’hommes d’État ordinaires », parce que les grands pays d’Europe disposaient alors « d’excédents de population », les chefs d’état-major avaient déjà banalisé la destruction ; et la bureaucratie terriblement décrite par Kafka comme parodie sinistre de l’absoluïté de la loi divine était, bien avant qu’apparaissent les nazis, l’aboutissement structurel « d’un processus de sécularisation, de désenchantement du monde, et de rationalisation » qui décrit assez notre modernité. En témoignent encore ces mots incompréhensiblement écrits sur les porches des camps, qui semblent reprocher aux hommes à jamais leur liberté, et s’emploient à les faire obéir à la lettre : ARBEIT MACHT FREI.

C’est ici que Rubenstein hésite : en 1974 en pleine guerre froide, la menace d’asservissement et de destruction lui semblait venir de l’Amérique elle-même (plus que de l’URSS) ; trente ans après il reprend son analyse, et il voit comment l’usage de la terreur et aussi la séduction d’un héritage millénaire, donne désormais à l’islam radical le pouvoir de sacrifier les nouveaux « surplus de population » pour faire collaborer à leur propre sujétion toutes les bureaucraties d’Europe.

 

Et, du même auteur, chez le même éditeur

 

Jihad et génocide nucléaire - Traduit de l’américain par Ghislain Chaufour

320 pages – 26 euros – ISBN 978-2-912833-21-1

 

« Quelque chose est survenu au vingtième siècle qui a rendu possible la réalisation de fantasmes de destruction auparavant cantonnés dans la sphère des rêveries… »

Richard L. Rubenstein, La Perfidie de l’Histoire

 

 « En un peu moins d’une heure, les États-Unis avaient subi sur leur territoire l’attaque la plus sanglante de toute leur histoire. Les structures symbolisant le pouvoir financier et militaire de l’Amérique avaient été abattues, et seule la bravoure altruiste des passagers condamnés du vol 93 de l’United Airlines avait pu empêcher une atteinte semblable du centre du pouvoir politique américain. Mise à part la pure horreur, ma réaction immédiate a été de me demander si mon livre sur la Shoah n’était pas devenu en un instant complètement futile. Elle avait eu lieu soixante ans auparavant, alors que nous étions là face à un danger tout à fait actuel…
Pourtant si la Shoah a quelque sens pour les Juifs, c’est qu’ils doivent croire ceux qui promettent de les détruire, et spécialement lorsqu’ils sont à la recherche, comme l’Iran, des armes appropriées. Ils disent pour le moins la vérité et ont bien l’intention de tenir leur promesse s’ils le peuvent.
Comme nous l’indiquons dans ce livre, durant la guerre de Gaza en 2009, il y eut des appels pour une nouvelle Shoah et la réactivation des chambres à gaz, particulièrement dans les médias arabes, mais aussi au cours de manifestations publiques dans de nombreuses villes occidentales.
Par une ironie cruelle, une paix déshonnête serait pire que l’honnête constatation que le conflit israélo-palestinien ne peut pas être résolu dans les circonstances actuelles. Ayant passé le plus clair de ma carrière à écrire et à enseigner au sujet de la Shoah, je me vois aujourd’hui de nouveau confronté aux ennemis jurés des États-Unis et d’Israël, qui ont promis d’exterminer mon peuple. Avec le savoir acquis au fil des ans, je ne vois pas d’autre solution que de prendre ces gens au mot.
C’est pour cela que j’ai écrit ce livre. »

Richard L. Rubenstein, Jihad et génocide nucléaire
Traduit de l’américain par Ghislain Chaufour

 

Né en 1924, président émérite de l’Université de Bridgeport (Connecticut) où il a enseigné l’histoire et la philosophie des religions, Richard L. Rubenstein a déployé une conception de l’histoire universelle au fil de nombreuses études traduites dans une dizaine de langues. L’Imagination religieuse, sorte de confrontation pathétique et passionnée entre la pensée juive et la psychanalyse, a été publié en français par les Éditions Gallimard en 1970 avec une préface de Léon Poliakov. Son premier livre, After Auschwitz (1966), passe pour avoir initié le débat contemporain sur la signification théologique de l’Holocauste.

« Ce n’est pas sans tristesse et sans amertume que je me suis vu contraint de rejeter la croyance en un Dieu maître de l’histoire. » (Richard L. Rubenstein)

R.L. Rubenstein a  étudié d’abord au Hebrew Union College (judaïsme réformé), mais il a reçu l’ordination rabbinique du Séminaire théologique juif (conservateur) ; diplômé de Harvard en histoire et philosophie des religions, il enseigne de 1970 à 1995 à la Florida State University, qui lui confère sa plus haute distinction (« Distinguished Professor of the Year »), et qui donne son nom à un département d’études religieuses ; chroniqueur régulier (relations internationales) pour le quotidien japonais Sekai Nippo (Tokyo) ; membre de divers organismes, aux États-Unis et en Angleterre, veillant à la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des génocides 

 

 

 

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