Accueil - sefarad.org
Loading

Moïse Rahmani

La Shoah en héritage (13 mars 2011)

    MENU    

SEFARAD.org
Moïse
Billet humeur
Ouvrages
Livres
Réaction
Belsef
DONS

Page PRECEDENTE


Shoah

 

Ce numéro de l’Histoire de la Shoah est consacré à la Shoah en Roumanie qui, des décennies durant, n'a pas dit son nom. Les dernières recherches permettent aujourd'hui de savoir avec précision que l'Etat roumain, loin d'avoir protégé les Juifs comme cela fut longtemps avancé, a mené dès 1937 une politique antisémite qui se durcit avec l'arrivée au pouvoir du général Ion Antonescu en 1940.

 

La Shoah en Roumanie a pu être caractérisée comme une Shoah « oubliée » et son historiographie comme un « trou noir ».  Pour les discours officiels roumains, il n’y aurait pas eu de Shoah dans un pays qui aurait protégé ses Juifs, et la responsabilité aurait incombé qu'aux seuls Allemands.

La réalité est toute autre. Oui, il y a eu une Shoah en Roumanie et elle fut, très majoritairement, une Shoah roumaine. Une violente législation antisémite, promulguée dès 1937, s’est durcie en 1940. Même si les initiatives liées à la déportation et à l’extermination des Juifs ont pu porter les marques distinctives de l’entreprise nazie, leur mise en œuvre et leur exécution ont relevé pleinement du fascisme roumain, qui d’ailleurs les a revendiquées sans équivoque. Les Roumains n’ont-ils pas eu leur Einzatzgruppen ,ces unités de gendarmerie qui ont fonctionné pendant toute la guerre comme des unités de tueries mobiles,  leurs Aktionen, menées de manière si brutale que même les Allemands, choqués, déclarèrent que le problème juif, dans ces régions, avait été placé en de « mauvaises mains ».

La Shoah en Roumanie fut le théâtre de massacres de Juifs parmi les plus massifs de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, ils demeurent largement méconnus, depuis le pogrom de Bucarest (janvier 1941), celui de lasi (juin 1941),jusqu'aux massacres d’Odessa (octobre 1941), de Bessarabie et de Bucovine (1941-1942). Pour finir par les déportations en Transnistrie (près d'un demi-million de victimes), dans un territoire que le régime du maréchal Antonescu considérait comme son « dépotoir ethnique », La mémoire de ces massacres à la mise en œuvre atypique (marches de la mort, extermination par la faim, par le feu), est au cœur de ce volume qui en analyse aussi l'impact dans la Roumanie d’aujourd’hui

 

Textes réunis par Alexandra Laignel-Lavastine et Florence Heymann, dossier préparé par Georges Bensoussan

 

Alexandra Laignel-Lavastine est une essayiste, philosophe, journaliste et traductrice française

Florence Heymann, anthropologue,  est ingénieur de recherche au Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ), en Israël.

Georges Bensoussan est un historien français né au Maroc. Spécialiste d'histoire juive européenne, ses travaux sont consacrés à l'antisémitisme, à la Shoah, au sionisme et aux problèmes de la mémoire. Il est rédacteur en chef de la Revue d'histoire de la Shoah et responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris). Il essaie de placer la Shoah dans l'histoire globale de l'Europe et de l'Occident en montrant qu'il s'agit d'un aboutissement, et non d'une anomalie.

 

L’horreur oubliée de la Shoah roumaine

Collectif – Revue d’Histoire de la Shoah

710 pages – 19 euros – ISBN 978-2-916-96603-8

 

 

*********


Dans les années 1930, Robert Dautray s'appelle encore Robert Kouchelevitz. À l'école, les professeurs ne parviennent pas à prononcer son nom, ses camarades de classe ne jouent jamais avec lui ; il doit rentrer tôt à la maison pour aider les parents, de pauvres émigrés russes.

C'est l'Occupation. Pour échapper aux Allemands, la famille se divise. Le père est déporté à Auschwitz d'où il ne reviendra pas. La mère se cache avec ses enfants dans les Alpilles. Robert est berger mais il passe quand même le bac.

À la Libération, il est reçu premier à l'École des arts et métiers. Un professeur l'y remarque et songe pour cet élève hors norme à l'École polytechnique. Sans trop y croire, Robert tente le concours. Il en sort premier, n'en éprouve aucune fierté, sa mère non plus. Ils ont d'autres préoccupations : survivre.

Devenu major de PX, l'ingénieur-physicien rencontre des hommes importants, est initié aux usages de la bonne société, Mais seuls les mystères de l'atome retiennent l'attention du jeune savant. Une obsession qui permettra à la France, alors très en retard et très soucieuse de s'aligner sur les grandes puissances, de se doter, à la fin des années soixante, de la bombe H, ce glaive si puissant qu'il permet d'assurer la paix entre les nations.

 

Robert Dautray, né en 1928, est membre de l'Académie des sciences. Il a contribué au développement des applications militaires de l'atome. Dans ses mémoires, il retrace sa vie de fils d'émigrés juifs de Russie, valet de ferme pendant l'Occupation et major de Polytechnique et des Mines après la guerre.

 

Du Vél’ d’Hiv à la bombe H

Par Robert Dautray - Editions Ecole des Loisirs Medium Documents

252 pages – 14,80 euros – ISBN 978-2-211-23060-9

 

*********

Cet ouvrage, réalisé avec le concours de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah rassemble les contributions d’un colloque organisé par l’université de Toulouse-Le Mirail et consacré aux enfants pendant la seconde guerre mondiale, dans le Tarn et le midi, mais avec une portée plus générale. Il couvre de nombreuses thématiques : la persécution à l’égard des enfants juifs, les déplacements d’enfants, leurs traumatismes liés à la guerre, à l’enfermement dans les camps ou au fait d’avoir été cachés. Cette synthèse constitue un apport d’autant plus original à l’histoire et à la mémoire de la Shoah qu’il propose une approche pluridisciplinaire d’historiens, de psychanalystes et de témoins, enfants ou sauveteurs

 

L'ouvrage propose un apport original à l'histoire de la Shoah et de sa mémoire, et plus largement à celle des traumatismes du XXe siècle et de la manière dont leurs victimes ont pu exprimer et transmettre une expérience trop souvent tue ou trop vite prétendue indicible.

 

Jacques Fijalkow est professeur de psychologie à l'université de Toulouse-le-Mirail

 

Les enfants de la Shoah

 

Sous la direction de Jacques Fijalkow – Editions de Paris

288 pages – 20 euros – ISBN 978-2-84621 – 077-2

 

Et, du même éditeur, sous la direction du même auteur,

 

Ce livre étudie la question des femmes en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, en s'interrogeant d'abord sur leur place dans les régimes fascistes où elles étaient considérées comme citoyens de seconde zone.
Il s'intéresse ensuite aux femmes de la France de Vichy, catégorie jugée apolitique récupérée par l'idéologie collaborationniste, à moins que, dans les maisons de prostitution, elles soient dévolues au repos du guerrier. Mais il insiste surtout sur le sort des femmes internées comme opposantes, antifascistes ou juives, et sur les formes de résistance qu'elles ont déployées. Car l'histoire, jusqu'ici, a privilégié leur participation aux actions politiques et militaires ou leur engagement dans des missions de repérage, renseignement, transport de tracts ou d'armes...
Or, à côté de ces activités, bien d'autres se sont engagées dans l'entraide et le sauvetage en faveur de femmes et d'enfants juifs qu'elles ont protégés, cachés et éduqués. Des protestantes de la Cimade aux militantes politiques, des catholiques isolées aux Juives de l'armée secrète, ce livre donne la parole à toutes celles qui, figures exemplaires ou héroïnes ordinaires, reconnues plus tard parmi les Justes, s'engagèrent dans le combat pour la dignité et le refus de l'asservissement

 

Les femmes dans les années quarante. Juives et non juives, souffrances et résistance

248 pages – 22 euros – ISBN 978-2-84621-054-3

 

Et

 

À l'heure où il n'est plus possible d'ignorer que l'Etat français fut le fourrier zélé du nazisme, il était indispensable de rappeler à l'opinion publique l'existence des camps de concentration français.
Le 2 août 1942, à la demande de la CIMADE, organisme protestant d'aide aux personnes déplacées, Laurette Monet, étudiante de 19 ans, rejoint Récébédou, en Haute-Garonne, " un camp de regroupement " comme Gurs, Le Vernet, Saint-Cyprien, Rivesaltes... où le régime de Vichy enferme ceux qu'il qualifie d'indésirables. Là, puis à Nexon, en Haute-Vienne, d'octobre 1942 à juillet 1943 - quand la CIMADE ne sera plus tolérée dans les camps -, elle plonge dans un univers effrayant dont personne alors ne parle.
Dans des baraques aux planches disjointes, cernées de barbelés et de miradors, surveillés par des gardiens en armes, s'entassent et croupissent des hommes, des femmes, démunis de tout, des enfants aussi... Coupables d'être juifs, antifascistes allemands, républicains espagnols, gitans, opposants au nouvel ordre européen, ils ont été traqués par la police française. Ils meurent chaque jour de froid, de faim, de maladie, quand ils ne sont pas, comme juifs et gitans, condamnés à la déportation.
Décrivant la détresse de ceux qu'elle a aimés et aidés, Laurette Monet montre, parallèlement, l'inconscience des gardiens et des personnels administratif et médical qui, en obéissant aveuglément aux ordres de Vichy, ne voyaient plus des êtres humains dans ces prisonniers qu'ils parquaient ou convoyaient dans les trains de la mort. Témoin de cette barbarie dont nul, aujourd'hui, ne se veut comptable, Laurette Monet, pathétique et véhémente, parle, non pour crier vengeance, mais pour empêcher que le silence et l'oubli servent de marchepied à de nouveaux crimes.

 

Les miradors de Vichy

Par Laurette Alexis-Monet

224 pages – 18,50 euros – ISBN 978-2-84621-014-4

 

*********

 

Le 10 juillet 1941, quelques semaines après que l'Allemagne a attaqué l'URSS, la quasi-totalité des Juifs de Jedwabne, petite ville de l'est de la Pologne, ont été massacrés par leurs voisins. Alors que la propagande communiste imputait ce massacre aux nazis, on sait désormais grâce aux travaux de Jan T. Gross qu'il a été perpétré par des Polonais.
Une remise en cause de l'histoire officielle d'une nation victime qui a suscité en Pologne une violente indignation. Faisant le constat de cette mémoire en friche, Anna Bikont a souhaité partir à la recherche des personnes susceptibles d'apporter un éclairage sur le drame.
Rédigé à partir de documents d'archives inédits, d'observations recueillies au cours de nombreux séjours à Jedwabne et, surtout, de conversations avec les acteurs du pogrom (rescapés, témoins et bourreaux), Le Crime et le Silence mêle habilement le retour sur les faits historiques à l'interrogation sur le présent.
Cette enquête mémorielle livre un portrait bouleversant d'individus confrontés à des centaines de morts dont nul ne veut se souvenir, décrit leur évolution face aux preuves qui s'accumulent et donne à voir la réaction d'une communauté clouée au pilori pour des faits survenus soixante ans plus tôt. En filigrane, c'est à une réflexion sur la mémoire collective que nous invite Anna Bikont. Qu'arrive-t-il à une société qui refuse d'admettre une vérité susceptible de détruire sa bonne conscience ? Comment accepter son passé, fût-il horrible ?

«La lecture de ce livre fait mal, presque au sens physique du mot. Anna Bikont. avec sa perspicacité extrême, se met à l'écoute de la souffrance des victimes et peint un tableau effroyable de la haine qui, pendant l'été 1941, s'est emparée des habitants de la petite ville de Jedwabne et ne les a pas quittés depuis.»
Marek Edelman

Anna Bikont est journaliste et écrivain. En 1989, elle a participé à la fondation du premier quotidien indépendant en Pologne démocratique, Gazeta Wyborcza, où elle est aujourd'hui grand reporter.

 

Le crime et le silence. Jedwabne 1941, la mémoire d’un pogrom dans la Pologne

d’aujourd’hui

Par Anna Bikont – Editions Denoël

528 pages – 28 euros – ISBN 978-2-207-26062-3

 

*********

- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2017

Retour au site sefarad.org -