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Moïse Rahmani

Il fait beau, profitons-en pour lire un peu... (16 mars 2011)

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Tiens, c’est Vidalie ! Voilà qui fait plaisir! Et le gars du Hurepoix (où il est né), le front altier, la moustache à cinq heures moins vingt et l’air jovialement tanguant, de s’encadrer dans la porte du Dilettante, mené par le dévoué Patrice Ducher. Quelques mots sur lui, d’abord - cela fait longtemps qu’on ne l’avait vu : né à Châtillon en 1913, je n’étonnerai personne en disant qu’il est tôt orphelin de père et que ses grands-parents acceptent de l’élever. Il enfile les petits boulots arides et lit tout ce qui lui passe entre les mains, ce jusqu’en 1939, date à laquelle il est mis à fraîchir à Neusalz-auf-Oder (son stalag, son fleuve), jusqu’en 1945. Las de la discipline et du travail forcé, il opte ensuite pour la vie de plume. Jean Lescure l’ayant fait entrer à la radio au vu d’un lot de poèmes, il ouvre toutes grandes ses ailes, devenant dès lors romancier (neuf titres entre 1952 et 1968, dont les fameux Bijoutiers du clair de lune), auteur dramatique et peaufineur de sketches, scénariste (Torticola contre Frankenberg, de Jean Paviot, avec Piccoli, Mandrin and Co pour la télé) et surtout parolier. Grâce à lui, maints loups sont entrés dans Paris (pour n’en jamais sortir) et Reggiani aura ces mots: «C’est l’auteur le plus important que j’aie eu la joie d’interpréter.» Le 18 juin 1971, «la mort brigande» considérant que cet ami de Blondin, Fallet et Giraud, cet intime du lion de Denfert (qu’il entendit un soir rugir), en avait assez fait, signa la fin de la partie. Saluons donc son entrée dans le catalogue du Dilettante avec une tournée des grands-ducs «contre la peur du noir»: on ouvre par une pochade poético-municipale (Les Rosatis à Fontenay-aux-Roses) pour enchaîner avec les affres d’un banlieusard en phase de retour au bercail. La «petite rue triste» qui suit manque de vous prendre dans sa nasse, et il faut bien un «bougnat de la rue de Seine» et Monsieur Charlot, clochard céleste, pour vous en sortir. Deux autres textes montrent Vidalie en excellent trousseur de fictions historiques. Le meilleur est à venir avec La frontière, amère chronique de la vie en stalag et du désir de liberté où Vidalie s’égale à Calet ou Hyvernaud.

 

Albert Vidalie publie une dizaine de livres du début des années 50 à la fin des années 60, en pleine vogue du nouveau roman. Il est temps de redécouvrir cet écrivain-conteur, plus proche de Blondin, Fallet et Giraud que de Robbe-Grillet, grâce à ce recueil de nouvelles inédites qui dévoile les multiples facettes de son talent.

 

L’Aimable-Julie, Monsieur Charlot et consorts

Par Albert Vidalie – Editions Le Dilettante

192 pages – 17 euros – ISBN 978-2-84263-641-8

 

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Éric, jeune cadre dynamique satisfait de sa personne, se complaît dans une existence superficielle. Un soir, alors qu’il rentre d’une soirée trop arrosée, il est victime d’un grave accident de voiture. Lorsqu’il se réveille, il découvre avec horreur qu’il se trouve dans le couloir de la mort, et qu’il va devoir affronter un tribunal constitué de proches décédés avant de pouvoir se réincarner. C’est l’occasion pour lui de se livrer à une profonde introspection et de revenir sur certains événements clés de son existence.

 

Par le truchement d’une intrigue bien ficelée, façonnant un univers unique, l’auteure atteint une réelle profondeur romanesque.

 

Au fil des pages de ce roman, le lecteur ne peut s’empêcher d’éprouver de l’empathie pour le personnage principal. Derrière une apparente arrogance, celui-ci se révèle fragile et perfectible, à l’image du genre humain. On suit avec intérêt son évolution psychologique et sa confrontation avec ses proches – qui donne lieu à des moments émouvants – et on a hâte de connaître le sort qui lui sera réservé dans sa prochaine vie.

 

Journaliste, écrivain, Gracianne Hastoy se partage entre le Pays basque et le Mexique. Elle est passionnée par l'Histoire, l’Espagne et les civilisations précolombiennes. Depuis Le chêne de Guernica, paru aux éditions Cheminements, elle a gagné l’estime d’un vrai lectorat. Chacune de ses parutions est l'occasion d'un succès. Membre de l'Académie des Lettres Pyrénéennes, elle est également rédactrice en chef du site littéraire www.critica.fr

 

Une vie plus loin

Par Gracianne Hastoy- Editions Cogito

288 pages – 18 euros – ISBN 978-2-923865-36-2

 

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Pauline a treize ans lorsqu'éclate le génocide des Tutsis au Rwanda. Elle habite la préfecture de Kibuye, au bord du lac Kivu, la plus meurtrie par les tueurs Interahamwe. " Dis-leur que tu es Hutue " lui souffle sa mère. Durant 11 jours, il n'est question pour elle que de survivre et d'échapper aux tueurs Interahamwe. Sa famille est disloquée, chacun se cachant où il peut. Des rumeurs font état de la mort de sa mère, de ses frères et de ses sœurs. Sans aucune preuve.

 

Au plus fort des tueries, Pauline, désespérée, se jette dans le lac Kivu, dans l'espoir vague que la mort sera au rendez-vous. Un miracle se produit : les tueurs la prennent en chasse, la font monter à bord de leur embarcation. Pauline leur affirme qu'elle est hutue. Elle est trop jeune pour avoir une carte d'identité qui donne l'ethnie. Les tueurs la croient et la déposent sur une île. D'île en île, elle retrouve son père, qui avait lui aussi plongé dans le lac pour en finir et avait finalement gagné l'île à l'aide d'un tronc de bananier. Ils se cachent dans cette île durant trois mois.

C'est ainsi qu'elle échappe par des miracles successifs aux machettes. ...


La guerre achevée, un calme précaire revient. Pauline retourne dans son village natal, mais personne ne peut lui dire ce que sont devenus sa mère ainsi que ses frères et soeurs. Seule avec son père, elle n'a plus qu'une idée en tête : mener à bien ses études, faire le cursus secondaire puis l'université. Lorsqu'une amie lui fait miroiter la possibilité de trouver un asile politique en France, elle renoue avec son mensonge : puisque la France soutient les Hutus, elle dira à l'administration française qu'elle est Hutue. Et encore une fois, cela fonctionne. Cette France qui l'accueille et la protège devient sa seconde patrie.
Mais que sont devenus les siens  Sont-ils vraiment morts  La terrible vérité lui arrive un soir, à Paris, par un coup de téléphone : son père a retrouvé les corps des membres de la famille assassinés huit ans plus tôt. Pauline est sûre désormais qu'ont été assassinés sa mère, deux grands-parents et ses cinq frères et soeurs. Mais elle doit à présent attendre d'avoir la naturalisation française pour avoir le droit de se rendre dans son pays. Elle obtient finalement la nationalité française. Elle est enfin libre de se rendre au Rwanda et d'y accomplir le geste qu'elle attendait depuis quinze ans : enterrer les siens dans la dignité.

 

 

Tu leur diras que tu es hutue. A 13 ans, une Tutsie au cœur du génocide rwandais

Par Pauline Kayitare – Editions Versaille

192 pages – 16,90 euros – ISBN 978-2-87495-128-2

 

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Eshu (appelé aussi Legba) est un dieu messager. C’est la divinité qui surveille les lieux de passage. Dieu aux multiples apparences, fantasque et exigeant, souvent bienveillant, parfois rancunier, Eshu est vénéré au Nigeria et au Bénin, ainsi qu’au Brésil, à Cuba et en Haïti.

Présent dans les rites afro-brésiliens, la divination cubaine ou le vaudou haïtien, l’Eshu moderne inspire la peinture de Wifredo Lam, la poésie de René Depestre ou les romans de Jorge Amado. Il apparaît en filigrane dans le blues de Robert Johnson et dans un clip de Michael Jackson !

Au Nigeria et au Bénin, Eshu (aussi appelé Legba) est le dieu des chemins, des carrefours ou encore des destins, le guetteur au seuil des foyers. Il ouvre et ferme les portes, celles des maisons, celles aussi des itinéraires de la vie. À la suite de la traite des esclaves, son culte a été introduit au Brésil, à Cuba, en Haïti, où il a pris de nouvelles apparences, parfois étonnantes. Legba se masque, se déguise, il est jeune dans les anciens ports d’attache des bateaux négriers - au Bénin ou au Nigeria actuels, et il devient vieillard chenu s’appuyant sur sa béquille en Haïti, où il se fait connaître sous le nom de « Papa Legba ». Insaisissable, il surgit, disparaît, se faufile et glisse ou s’écoule comme le sable entre les doigts.

Il apparaît dans la littérature, la musique et les arts plastiques des Noirs des Amériques, y compris aux États-Unis.
C’est un personnage mythique extraordinaire qui suscite la fascination, l’hilarité, mais aussi la frayeur.

Professeur d’ethnologie à l’université Paris Descartes - Sorbonne, Erwan Dianteill y dirige le CANTHEL (Centre d’anthropologie culturelle). Il est spécialiste des religions africaines et afro-américaines.

Mathématicienne de formation, Michèle Chouchan a publié divers ouvrages sur les relations entre sciences et sociétés, en particulier à propos des risques industriels, environnementaux et sanitaires

 

Eshu, dieu d’Afrique et du Nouveau Monde

Par Erwan Dianteil et Michèle Chouchan – Editions Larousse

192 pages – 17 euros – ISBN 978-2-584996-0

 

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Le Roman des Provences est un voyage dans le temps, dans l’espace et dans la mythologie méditerranéenne. Il allie des récits de voyageurs, les paroles des anciens à la veillée, les exploits des héros de légendes. Tartarin de Tarscon, Maurin des maures, la Chèvre d’Or, la bête du Vaccarès… Autant de héros qui sont un miroir magique où le merveilleux côtoie le burlesque. Tout est vrai à partir du moment où la fable commence…

 

Né à Nice, Jean Siccardi habite à Saint-Cézaire dans une chapelle qui domine Cannes, l’Esterel et la Méditerranée.
D
’origine italienne, c’est dans ses racines qu’il puise ce sentiment et ses personnages qui font la force brutale, romantique et drôle de ses histoires.

Auteur d’ouvrages poétiques, d’albums jeunesse, de pièces de théâtre, d’opéra-théâtre et de romans, il a publié plus de soixante-cinq livres.

 

Le Roman des Provences

Par Jean Siccardi – Editions du Rocher

232 pages – 19,90 euros – ISBN 978-2-268-07080-3

 

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