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Moïse Rahmani

Pour finir mars en beauté (29 mars 2011)

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A partir d’une idée mûrie lors de la dernière éclipse solaire du siècle (11 août 1999), Giorgio Pressburger a conçu une oeuvre surprenante.
A la manière de Dante Alighieri qui, exilé de Florence, mêle biographie, histoire et chronique de son temps, Pressburger part de données personnelles, la mort de son père et de son frère jumeau Nicola, pour entreprendre un voyage dans “l’obscur royaume” du siècle dernier, dominé par la violence et les idéologies. Son accompagnateur n’est autre que Sigmund Freud, un bienfaiteur de l’humanité selon l’auteur, mais aussi, à ses yeux, le véritable romancier de la bourgeoisie.
Le mouvement du livre n’est pas celui d’une descente aux enfers ; il est plutôt analogique (comme dans l’analyse psychanalytique, qui procède par association d’idées) et circulaire, et nous invite à rencontrer une foule de personnages, dans laquelle bourreaux et victimes se trouvent mêlés, comme pour nous faire revivre l’horreur passée. Au centre de celle-ci, l’Holocauste tient une part prépondérante.
Le passé de l’auteur, qui a perdu dans les camps une grande partie des siens et qui a lui-même, avec son frère, échappé de justesse à la mort, est évoqué. Mais aussi Josef Mengele, le médecin sadique, Anne Frank ou la mère de Carlo Michelstaedter, envoyée dans un camp à l’âge de quatre-vingt-un ans. Le livre évoque aussi plusieurs personnages qui se sont suicidés, comme si la principale caractéristique du XXe siècle était l’autodestruction : Marina Cvetaeva, Paul Celan, Primo Levi… D’autres ont été victimes de l’utopie communiste, comme le poète Maïakovski ou Isaac Babel.
Quant à Cerbère, le chien à trois têtes, il est représenté par trois intellectuels qui ont sciemment choisi l’horreur : Louis-Ferdinand Céline, Knut Hamsun et Ezra Pound. De même que la Divine Comédie fait apparaître des couples célèbres, ici aussi nous rencontrons Martin Heidegger et Hannah Arendt, Paolo et Francesca modernes. Car il faut avoir traversé et connu tout le mal pour espérer s’en délivrer et se réconcilier avec soi-même, comme le fera le narrateur à la fin de ce voyage au bout de l’enfer.
S’inspirant de la présentation de la Divine Comédie, Pressburger prolonge son texte par des notes, qui éclairent non seulement les personnages, mais aussi les intentions du narrateur : certains passages sont en langue étrangère ou en dialecte, ajoutant au caractère universel et foisonnant du texte. Une oeuvre profondément singulière, entre roman, poème et pièce de théâtre, qui secoue et dérange, et qui nous oblige à regarder la Méduse en face.

 

Giorgio Pressburger signe une réécriture de L’Enfer de Dante Alighieri, avec Freud en nouveau Virgile. Entre roman, poème et pièce de théâtre, il dresse un répertoire des grandes victimes du mal dans l’histoire, une traversée du XXe siècle comme celui de tous les totalitarismes. Une oeuvre profondément singulière qui secoue et dérange, et nous oblige à regarder la Méduse en face.

 

Depuis 1956, Giorgio Pressburger, qui a quitté sa Hongrie natale, vit en Italie. Avant de se consacrer à l'écriture, il participe à des émissions de radio, puis devient metteur en scène au cinéma, au théâtre et à l'opéra. Avec Nicola, son frère jumeau décédé en 1985, ils écrivent deux livres ensemble dont 'Histoires du Huitième District'. Seul, il signe de nombreux recueils de nouvelles et des romans comme 'La Loi des espaces blancs' en 1990 et 'Les Jumeaux', paru huit ans plus tard. Giorgio Pressburger, écrivain reconnu, reçoit le prix Viareggio 1998 pour 'La Neige et la Faute', et le prix Elsa Morante pour 'L' Horloge de Munich'.

 

Dans l’obscur royaume

Par Giorgio Pressburger – Editions Actes Sud

288 pages – 22,50 euros – ISBN 978-2_7427-9624-3

 

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Dans un Kinshasa secoué de remous de toutes sortes, Celio aurait pu traîner sa galère encore longtemps, n'eût été sa rencontre avec le directeur d'un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la présidence de la République. La faim tenaille suffisamment les ventres pour que le débat sur le bien et le mal puisse être sérieusement envisagé. La ville ne fait pas de cadeau, le jeune homme le sait, et il tient là l'occasion de rejoindre le cercle très fermé des sorciers modernes qui manipulent les êtres et la vie quotidienne. C'est grâce à des théorèmes et à des définitions que Célio Mathématik espère influer sur le destin dont il dit n'être que le jouet.

 

In Koli Jean Bofane est né le 24 octobre 1954 à Mbandaka (R.D. du Congo) et vit en Belgique. En France, il a publié Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux (Gallimard Jeunesse), lauréat du Prix de la Critique de la Communauté Française de Belgique. Ses ouvrages ont été traduits aux USA, en Allemagne, au Brésil, en Corée, en Slovénie.

 

Mathématiques congolaises

In Koli Jean Bofane – Editions Actes-Sud

320 pages – 8,50 euros – ISBN 978-2-7427-9683-0

 

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Comment pourrait-on venir au Bien ou à Dieu par ses propres forces s’ils n’avaient avec le soi humain un lien immémorial ineffaçable, fût-il fragile et souvent oublié, voire méprisé ? Depuis l’Antiquité grecque et biblique, philosophes et spirituels ont médité cette interrogation pour penser la conversion. Au cœur de l’histoire tragique du XXe siècle, malgré l’impuissance du Dieu biblique à se manifester par des signes immédiatement secourables, les penseurs étudiés dans ce livre ont continué de veiller sur ce lien. Se convertir, dans les circonstances tourmentées et parfois abyssales de ce temps-là, ce fut en effet pour eux résister à la fatalité du mal, à l’absurdité et à la défaite humaine. Que leur itinéraire soit essentiellement philosophique avant de s’ouvrir à la mystique (Henri Bergson), qu’il s’accompagne d’une méditation ininterrompue des livres juifs (Franz Rosenzweig) et chrétiens (Simone Weil, Thomas Merton) ou des deux (Etty Hillesum), ils discernent ainsi, peu à peu, comment le plus profond ? l’âme ou le soi humain ? est habité par le plus haut. Venir à Dieu serait donc bien revenir à Lui dont l’appel en chacun reste vivant, même quand il reste longuement en souffrance. Dans l’optique biblique toutefois, ce revenir ne ressemble pas au retour philosophique de l’âme vers une patrie perdue, il se produit comme un advenir et une promesse.

 

Catherine Chalier est philosophe, spécialiste du judaïsme. Elle a notamment publié : Spinoza lecteur de Maïmonide, la question théologico-politique (Cerf, 2006), Des anges et des hommes (Albin Michel, 2007), Transmettre, de génération en génération (Buchet-Chastel, 2008), et La Nuit, le Jour (Seuil, 2009), qui a reçu le prix des Écrivains croyants.

 

Le désir de conversion

Par Catherine Chalier – Editions Seuil

288 pages – 19 euros – ISBN 978-2-02-095907-0

 

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Les Editions Cerf nous adressent trois ouvrages passionnants :

 

« Vanité des vanités, tout est vanité ! » « Rien de nouveau sous le soleil ! » Qui ne connaît ces expressions ? Mais a-t-on lu en entier le petit livre d'où elles proviennent ?

Le livre de Qohélet ne ménage pas ses critiques sur la manière de gérer les biens matériels, de transmettre son patrimoine, d'obéir à ses supérieurs, de rendre un culte à Dieu, d'entretenir des relations avec son conjoint, de vivre sagement... Son auteur dénonce l'absence de récompense face aux efforts déployés, la connaissance restreinte de l'homme sur son avenir, son action limitée dans le monde, la valeur relative de la sagesse, le non-sens apparent de la vie et, finalement, la mort qui anéantit tout sur son passage. Mais des instants de bonheur lui redonnent espoir : manger, boire, prendre du bon temps avec son conjoint, se faire plaisir et, par-dessus tout, faire confiance à Dieu.

Qohélet ne répète pas un enseignement tout fait. Avec réalisme, il observe et il témoigne de sa propre expérience de la vie. Trouver de la joie en ce monde et accepter d'accueillir la vie comme elle vient, à la manière d'un don de Dieu, telle est pour lui la leçon de sagesse qui vaut la peine d'être transmise à la postérité.

 

Bertrand Pinçon est docteur en théologie biblique (Strasbourg), maître de conférences à la faculté de théologie de l'université catholique de Lyon.

 

Qohélet. Le parti pris de la vie

Par Bertrand Pinçon (en collaboration avec Medispaul

224 pages – 20 euros – ISBN 978-2-204-09367-5 (Cerf) – 978-2-89420-866-3 (Mediaspaul)

 

Et

 

Le prophète Jonas se trouve pris dans une terrible tempête qui le conduit aux portes de la mort. — La mer est déchaînée, Jésus dort, ses disciples affolés le réveillent : il apaise les flots écumants. — Jésus va à la rencontre de ses disciples en marchant sur les eaux agitées. — Paul, l'Apôtre, essuie une violente tempête alors qu'il se rend à Rome.

Ces récits de tempête ont été interprétés et réinterprétés au cours des siècles, aussi bien par les commentaires bibliques que par la littérature et les arts. Ces derniers ont retenu essentiellement le côté dangereux voire tragique de la mer et ont souvent mis en rapport la tempête et la colère de Dieu. L'auteur montre l'originalité de la symbolique que la Bible tire de la tempête. Pour cela, elle mène de pair une étude approfondie des textes bibliques et une comparaison de ces derniers avec la littérature antique.

Le thème de la tempête reste plus que jamais d'actualité. Non seulement ce phénomène naturel se trouve de plus en plus au cœur de débats politiques et environnementaux, mais il cristallise encore et toujours les interrogations angoissées des hommes sur la vie, la mort et l'au-delà.

 

Chantal Reynier est professeur d'exégèse biblique au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris).

 

Tempête : quatre récits bibliques. L’homme, la nature, la mort

Par Chantal Reynier

274 pages – 22 euros – ISBN 978-2-204-09343-9

 

Et, à l’heure où les communautés chrétiennes du Moyen-Orient sont la cible incessante des intégristes, un livre sur une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, sinon la plus ancienne :

 

Mésopotamiens, chrétiens depuis deux mille ans, les Assyro-Chaldéens furent remplis d'espoir au lendemain de la Première Guerre mondiale. Ils ne sont pas des inconnus pour l'Occident. Les premiers contacts remontent au XIIIe siècle. Au XVIIe siècle, la France passe même pour être leur protectrice. Pourtant, au XXe siècle, leur destin bascule. Durant la Grande Guerre, tout comme les Arméniens, ils sont victimes d'un terrible génocide en 1915.

Dès l'armistice, les Assyro-Chaldéens s'enthousiasment pour les idées de liberté et d'autodétermination. Le rêve d'une patrie les saisit. Lors de la conférence de la Paix à Paris, ils soumettent pas moins de onze mémorandums aux grandes puissances, tandis que sept délégations sont présentes à Paris. L'historien Arnold Joseph Toynbee en fournit un éclairage inédit. La France et la Grande-Bretagne sont en rivalité pour l'hégémonie sur les territoires de l'ex-Empire ottoman. La question assyro-chaldéenne sera-t-elle abordée dans ce grand jeu d'échecs que se livrent ces deux Grands ? Ces pages d'histoire insuffisamment connues sont ici décryptées à travers différentes sources dont certaines sont inédites. Les épreuves vécues par les Assyro-Chaldéens durant la Grande Guerre sont à méditer pour comprendre leur présent. Aujourd'hui seront-ils, une nouvelle fois, les grands oubliés de cette tragédie collective qui se déroule sous nos yeux en Irak ? Succédant à la SDN, que fait l'ONU pour protéger ces minorités autochtones ? Pour y répondre, il est indispensable de savoir ce qui s'est joué lors de la conférence de la Paix, entre 1919 et 1925. Cet ouvrage y contribue.

 

Sensible à la question des chrétiens d'Orient, proche des Assyro-Chaldéens, Claire Weibel Yacoub, laborantine, diplômée en Droits de l'Homme, a rédigé cet ouvrage au terme de multiples recherches, rencontres et investigations auprès de différentes sources britanniques et françaises.

 

Le rêve brisé des Assyro-Chaldéens. L’introuvable autonomie

Par Claire Weibel Yacoub

320 pages – 20 euros – ISBN 978-2-204-09182-4

 

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Un ouvrage pour jeunes, la vie d’Hercule, le fameux héros de la mythologie grecque.

 

Mis à part l'épisode du berceau, l'enfance de Hercule est souvent méconnue. Après avoir passé la plus grande partie de son enfance abandonné dans la forêt parmi les bêtes sauvages, l'adolescent retrouve sa famille mais, contrairement à son frère, il reste plus intéressé par les exploits physiques (course de char, lutte, javelot) que par l'éducation philosophique et musicale. Banni, il devient berger. Puis il délivre Thèbes du joug de la cité voisine en conduisant une guerre éclair. Banni à nouveau et définitivement, il part vers le Nord, à Delphes, accomplir son destin de demi-Dieu.

 

Michel Honaker est né en 1958 à Mont-de-Marsan, dans les Landes.
Dès 9 ans, il est visité par le démon de l'écriture. Il s'aventure dans des genres aussi différents que le policier, le fantastique ou la SF et publie son premier roman à 24 ans. Depuis, le jeune public a pu lire plus de soixante-dix de ses histoires ! Elles ont le goût de l'étrange, du mystère et de l'aventure et ont été souvent couronnées de prix. La musique, l'autre passion de Michel Honaker, joue dans son œuvre un rôle majeur.

 

Hercule Tome 1 : l’héritier de la foudre

Par Michel Honaker – Editions Flammarion

262 pages – 13 euros – ISBN 978-2-0812-4635-5

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