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Moïse Rahmani

Les madeleines de Proust : la cuisine juive tout au long de l'année (21 juillet 2011)

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Vous voulez connaître la signification des fêtes juives. La réponse est simple :

« Nos ennemis ont voulu nous tuer, ils n’y sont pas parvenus, maintenant on passe à table ».

La table est ce qui est de plus important dans la vie (juive ou pas)/ c’est le lieu de rencontre, par excellence. Le lieu où s’emmêlent les générations.

 

Les Editions Campanile (http://www.editions-campanile.fr/) installées sur la Côte d’Azur (les veinards nous font un bien joli cadeau gourmand : « D'un Roch Achana à l'autre, la cuisine juive tout au long de l'année ». des dizaines de recettes juives que l’auteur a ramené de son Algérie natale.

 

Ce livre n’est pas récent/ Il a été édité il y a déjà quelques années, en 1998 mais, comme tout

bon livre, est toujours actuel. C’est un livre à consulter quotidiennement pour y trouver de nouvelles inspirations du côté de chez Swan, non, que dis-je, du côté d’Alger la blanche.

 

La fête juive passe obligatoirement par la table et nous avons tous en mémoire ces agapes où, tous âges confondus, autour du patriarche, on se retrouvait à plusieurs – souvent vingt, trente (ou plus) convives – autour de mets succulents qui ont enchanté (et continuent à enchanter) nos palais et nos vies. Une effluve fugace, un goût que l’on croit reconnaître un très (trop) court instant, et nous voila replongé en plein « trip » dans notre enfance. Grâce à des auteurs comme Huguette Nakache (ou Rivka Cohen avec ses (nos) bonheurs de ma (noter » cuisine juive dans la tradition sépharade, Edisud Aix-en Provence, 2000), ces « madeleines », nous avons la possibilité et la chance de nous les recréer, presque sur commande.

 

Qui n’a pas de souvenirs liés à ces repas où le temps semble s’immobiliser – et je ne parle pas seulement du Seder de Pessah.

Même Kippour, le jour le plus austère de l’année, commence et finit par un repas.

Et que dire du Chabbat où la famille se réunit autour de mets traditionnels le vendredi soir, à la sortie de la synagogue et le samedi midi, au retour du Beth Ha-Knesset. Tchoulent chez les Ashkenazim, dafina chez les juifs marocains (les repas chabbatiques ne font jamais grossir !) une  sieste réparatrice s’impose après.

 

La présentation « D'un Roch Achana à l'autre, la cuisine juive tout au long de l'année » rappelle les almanachs de jadis. La mise en page soignée est enrichie de dessins. En lisant ces recettes, on se surprend à humer la page.

 

Au fil des fêtes du calendrier hébraïque, les menus et recettes des jours solennels, mais aussi des jours ordinaires, sont expliqués avec précision. Quelques anecdotes, quelques explications ponctuent l’ouvrage. Tandis que les jeunes apprendront les bases élémentaires de la cuisine, juive algéroise, les mamans retrouveront avec nostalgie les traditions autour de la table transmises de mère en fille depuis toujours.

 

Les Sépharades sont très traditionalistes. Chez nous, la réussite d'une fête ou d'un Chabbat est  basée sur une table abondante garnie de mets habituels autant que sur la célébration d'offices.

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Si Huguette Nakache, née à Alger, a entrepris la rédaction de cet ouvrage de cuisine, c'est parce que, riche d'un patrimoine culturel précieux, transporté en 1962, elle a voulu le transmettre à la jeune génération.

Huguette Nakache fait appel à sa mémoire pour consigner le plus fidèlement possible ses coutumes alimentaires, permettant de perpétuer la tradition.

Elle l’explique d’ailleurs dans son émouvante conclusion :

 

«  Ceux qui vivent sur le même sol, en rendant visite à leurs parents et grands-parents, ont la joie de retrouver leur maison, leur anciens voisins, leurs camarades d’enfance.
Nous, transplantés, nous ne pouvons retrouver tout cela que dans nos mémoires… »

 

J’avais parlé, dans un de mes livres « Les Juifs du soleil, portraits de Sépharades de Belgique » Filipson Editions Bruxelles, 2002, de mon manque de greniers de mes ancêtres, de nos racines perdues mais que l’on essaie, malgré tout, de transmettre, du mieux qu’on le peut.

 

La présentation « D'un Roch Achana à l'autre, la cuisine juive tout au long de l'année » rappelle les almanachs de jadis. La mise en page soignée est enrichie de dessins. En étudiant ces recettes, on se surprend parfois à humer la page espérant retrouver le fumet de ce qu’on lit

 

Huguette Nakache est née à Alger où elle était institutrice. Après l'exode de 1962, elle s'est installée à Cannes

 

D'un Roch Achana à l'autre, la cuisine juive tout au long de l'année,

Part Huguette Nakache – Editions Campanile

152 pages – 12 euros – ISBN 978- 2-912366-06-2

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