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Moïse Rahmani

Jacques Fa´tlovitch et les tribus perdues (30 octobre 2011)

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Jacques Faïtlovitch et les tribus perdues
Un film de Maurice Dorès et de Sarah Dorès

 

 

Maurice Dorès est un homme passionné. A le voir calme, doux et pondéré, on ne le dirait. Il aime intensément son peuple, il aime intensément l’Afrique. Alors si ces deux passions se rencontrent, n’en font plus qu’une, cela donne de petits bijoux.

 

Maurice Dorès a couché sur le papier, il y a plus de vingt ans, ces amours en nous offrant un ouvrage de très haut niveau, un ouvrage de référence : « Beauté de Cham mondes juifs mondes noirs » (Balland, 1992).

En 2003, Maurice Dorès signait « Black Israël », un documentaire surprenant et émouvant  sur les Juifs noirs, africains ou américains, et les dimensions trans-culturelles et interculturelles entre Juifs et Noirs, entre Juifs noirs.

 

Hier, 29 octobre, j’ai été invité à la première mondiale de son dernier commentaire (qu’il co-signe avec sa fille Sarah, une ravissante et talentueuse jeune femme aux talents multiples, « Jacques Faïtlovitch et les tribus perdues ».

 

Jacques Faïtlovitch est un jeune homme né à Lodz, qui s’enfuit de chez lui car il veut étudier. Il se rend d’abord à Berlin et se rend compte que, si les étudiants juifs sont très nombreux dans les universités et les collèges supérieurs, il n’y a a pratiquement aucun enseignant ou assistant juif.

Il abandonne Berlin pour aller à parsi, à la Sorbonne. Sa rencontre avec Joseph Halévy, son Maître, va bouleverser sa vie. Bien que né dans l’Empire ottoman, Joseph Halévy (1827-1917) grand voyageur est un orientaliste français, particulièrement célèbre pour avoir été le premier Juif occidental à avoir rencontré les Falashas, 1867-1868, et à avoir ramené une description détaillée de leur existence. C’est aussi le premier à avoir traversé le Yémen en 1868-1869, pour examiner et recopier les inscriptions sabatéennes.
Halévy convainc le jeune Jacques Faïtlovitch (il a vingt-trois ans) à partir à leur recherche.

 

Lors de sa première mission d'exploration en 1904 il rencontre ces Juifs. Le film retrace le parcours d'un personnage atypique, nouveau Moïse,  à la recherche de ces tribus perdues. Qui était  Jacques Faïtlovitch ?  Un homme de sciences ? Un aventurier ? Un missionnaire ? Un rêveur ? Un utopiste ? Un homme animé d’une volonté inflexible d’aider ces Juifs d’Ethiopie à retrouver leur place, pleine et entière, dans le judaïsme mondial ? Un peu de tout cela sans doute.

Maurice et Sarah Dorès dessinent  sa silhouette, son caractère, son oeuvre au travers d'interviews, de photos d'archives et de correspondances. C'est une traversée extraordinaire des cultures du monde du siècle dernier jusqu'à aujourd'hui qui va de Lodz à Tel Aviv en passant par Berlin, Paris,  Addis-Abeba, New York.

 

Certes, nous connaissions, bien avant les découvertes de Halevy et Faiïlovitch, l’existence de Juifs dans le pays de Koush. Leur judaïsme est ancien, très ancien et est resté figé pendant des siècles sans contact (ou si peu) avec l’extérieur. Des sources anciennes les évoquent.

On sait, aujourd’hui, que des royaumes juifs existaient en Ethiopie, qu’il y eut maints affrontements entre ces royaumes juifs et chrétiens et que les Juifs furent vaincus. Ils se réfugièrent à l’intérieur des terres, oubliés.

 

 L’origine des Beta Israel ((la Maison d’Israël c’est ainsi qu’ils revendiquent et non Falachas qui est un terme péjoratif et injurieux signifiant « étranger »)  est sans importance : qu’ils viennent du Nil ou du Yémen, peu importe car seule compte leur revendication d’être juif (ce qui leur avait reconnu déjà le Rav Kook en, 1920 et, en 1973, par le Rishon le Zion, le grand rabbin d'Israël, le sépharade Ovadia Yosef (décision rejetée par le Grand Rabbin ashkénaze Goren.

En 1975, le gouvernement israélien reconnait officiellement leur judéité. C’est le début de l’aliya massive et périlleuse (opération Moïse 1985, opération Josué 1985 et opération Salomon 1991) En dépit de cette reconnaissance, certains rabbins demandent une conversion par le biais d’une circoncision symbolique (une goutte de sang.)

 

Ce documentaire bouleversant nous interpelle car il montre comment un homme, animé de son seul enthousiasme, de sa seule passion, de sa foi en l’autre fut l’artisan de la (re) naissance d’une communauté. Cette communauté avait, des siècles durant, évoqué Jérusalem et la Terre Promise. Ils se levèrent, abandonnant leurs possessions, traversant la moitié de l’Afrique pour rejoindre le Soudan et réaliser ce rêve «  L’an prochain en Israël. » Aujourd’hui, les Beta Israël font partie intégrante de la société israélienne.

 

Ce film marie images d’archives et images actuelles. Sara Dorès, caméra au poing, nous offre les paysages somptueux d’Ethiopie. Elle filme magnifiquement, langoureusement, amoureusement, cette terre berceau de l’humanité. J’avais l’impression, en voyant ces images magnifiques, d’être au premier matin du monde.

En Israël, elle est la seconde caméra de Meni Elias, un des meilleurs.

L'interview d'un ancien élève de Faïtlovitch, quatre-vingt quinze ans aujourd'hui, nous renvoie près d'un siècle en arrière ! Même ses rides, noblesse de son visage, semblent parler.

La musique, envoutante, soutient les images Je ne suis pas spécialiste de montage mais celui-ci est tel que ce film semble avoir été fait sans raccords c'est à dire que les raccords sont excellents.

Maurice Dorès vit le commentaire. C’est prodigieux.

 

Ce documentaire de 59 minutes sortira en salle le mercredi 7 décembre, à 20 h au Cinéma La Cléf, 34 rue Daubenton, 75005 Paris en présence des réalisateurs et jusqu’au 11 décembre (à 18Hh40) (le 11, Maurice et Sarah Dorès seront présents.)

 

 

Jacques Faïtlovitch et les tribus perdues
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