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Moïse Rahmani

Un peu de lecture pour Pessah (4 avril 2012)

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Ce livre ne concerne pas seulement l'histoire des Juifs de Grèce.
Il fait aussi le pont entre cette ère des empires, dans les Balkans et en Europe centrale, où les minorités ethnico-religieuses n'avaient pas besoin, pour exister, de dénomination " nationale ", et celle des nationalismes triomphants où il fallut se mouler dans les nouvelles identités soucieuses d'effacer les particularismes pour faire corps avec la nation. L'avènement des États-nations nés du morcellement de l'Empire ottoman confronte les minorités religieuses à des contextes où les définitions ethniques prévalent sur celles, religieuses, qui étaient jusqu'alors les leurs.
Lorsque Salonique devient grecque, en 1912, les Sépharades locaux, issus de la péninsule Ibérique, dont l'influence sur place était incontestable, auront à composer avec l'hellénisation en marche. Alors que les crises que traverse la nation poussent les Grecs à émigrer, des Juifs autochtones suivent le mouvement en gagnant l'Europe et les Amériques. D'autres adhèrent au sionisme en guise de revendication identitaire face au nationalisme ambiant.
D'origine sépharade ou byzantine, venus de Grèce, ces Juifs expatriés se perçoivent et sont perçus comme grecs, situation qu'ils n'avaient pas connue en Grèce même, où c'est le christianisme orthodoxe qui définit traditionnellement l'identité nationale. C'est finalement hors des frontières de leur pays d'origine qu'ils accèdent à cette " nationalité ". Il en sera de même en Israël plus tard pour ceux qui y émigreront.
C'est dans des pages d'une grande rigueur, mais non moins émouvantes, que l'auteur décrit également la " grécité " de ces Juifs de Grèce à Auschwitz-Birkenau, où la majorité des déportés étaient ashkénazes. Ce livre passionnant suit les méandres de ces groupes juifs aux destins multiples, montrant combien l'histoire des Juifs est complexe, diverse et difficile à cataloguer.
 
Katherine E Fleming occupe depuis 2007 la chaire A S Onassis de civilisation et culture helléniques au Département d'histoire de l'Université de New York (NYU), où elle est aussi directrice-adjointe de l'Institut Remarque.
Spécialiste de la Grèce, des Balkans et de l'Europe méditerranéenne aux XIXe et XXe siècles, elle a été responsable du Center for European and Mediterranean Studies de NYU. À Paris, elle dirige l'antenne européenne de l'Institut Remarque à l'École normale supérieure, où elle est professeur associé au département d'histoire. Elle a notamment publié The Muslim Bonaparte (Princeton University Press, 1999).
L'original américain du présent ouvrage (Greece -A Jewish History) a été couronné par le Prix Alberto-Benveniste de la recherche (2010), le Prix Runciman (2009) et le National Jewish Book Award (2008) ; il a également obtenu la " mention honorable " au Edmund Keeley Book Award de la Modern Greek Studies Association (2008-2009).
 
Juifs de Grèce (XIX-XXè siècle)
par Katerine E. Fleming, traduit (anglais ) par Bernard Frumer - Editions Presses Universitaires Paris-Sorbonne
376 pages - 20 euros - ISBN 978-2-84050-730-7
 
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Alors que la droite a clairement choisi de mener en 2012 une « sale campagne », ce livre consigne les mots qui ont forgé le style Sarkozy, les offenses qui ont indigné, abaissé, divisé la France depuis cinq ans.
De A comme « Allemands » à Z comme « Zapatero », on croisera au fil des pages ceux que le Président a insultés : les Français, du « Pauv’con » à l’instituteur ; les étrangers, de Barack Obama à l’Homme africain ; ses amis, du « collaborateur » Fillon à Chirac le « roi fainéant » ; ses adversaires, actuels comme François Hollande ou disparus comme François Mitterrand ; et même des personnages de fiction comme la princesse de Clèves… Ce livre forme un édifiant procès-verbal du quinquennat qui a commencé avec « la politique de civilisation » empruntée à Edgar Morin et se termine avec les tweets de Nadine Morano.
Sarkozy peut à nouveau décréter qu’il « a changé », tenter d’effacer ses fautes comme on supprime une page Facebook : contre le zapping sarkozyste ce livre restitue, avec la simplicité incontestable de l’écrit, les mots que l’UMP voudrait nous faire oublier à l’heure du choix démocratique.
 
Mehdi Ouraoui, secrétaire national du Parti socialiste, enseigne l’analyse du discours politique à Sciences-Po Paris.

Le Président de l'outrage
par Mehdi Ouraoui - Editions de l'Opportun
158 pages - 9,90 euros - ISBN 978-2-360-75059-7
 
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Ouvert par Jean XXIII le 11 octobre 1962 et clôturé sous le pontificat de Paul VI le 8 décembre 1965, le concile Vatican II est certainement l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Église catholique au XXe siècle.
L’ensemble des documents promulgués par ce concile (4 Constitutions, 3 Déclarations et 9 Décrets) est rassemblé dans cet ouvrage.
 
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Le Concile Vatican II. 1962-1965 Texte intégral
Artège Editions
656 pages - 14,90 euros - ISBN 978-2-360-400775
 
On appelle ainsi la première traduction de l'Ancien Testament en grec ; elle fut entreprise à l'intention des nombreux juifs alors émigrés dans le bassin méditerranéen, et spécialement pour l'importante colonie juive d'Alexandrie. La Septante est le fruit d'un travail échelonné sur un siècle (environ 250-150 avant J.-C.). À cette traduction s'ajoutèrent d'une part quelques chapitres qui furent insérés dans les livres hébreux traduits et, d'autre part, quelques ouvrages nouveaux composés directement en grec. Ni le judaïsme ni les Églises de la Réforme ne reconnaissent comme inspirées ces additions, qui sont acceptées en revanche dans les Églises catholique et orthodoxe.
La Septante a joué un rôle capital ; ce fut en particulier le texte utilisé par les chrétiens des origines. L'édition en langue française est actuellement en cours de publication (déjà dix-sept volumes parus) sous le titre « La Bible d'Alexandrie ».
 
La Bible d'Alexandrie. LXX. 12. Esther
Par Claudine Cavalier - Editions Cerf
288 pages - 42 euros - ISBN 978-2-204-09581-5
 
et, chez le même éditeur
 
Tant dans la tradition juive que dans la tradition chrétienne, le verset d'Habacuc 2, 4, "Le juste vivra de sa foi", est célèbre et constamment cité.
Son utilisation dans les épîtres pauliniennes confirme d'ailleurs son importance. Du côté chrétien, il vient appuyer les réflexions sur la justification par la foi ; du côté juif, tout en permettant de souligner le rôle fondamental de la foi (emunah), il pose le rapport de celle-ci avec la Loi. Cinq étapes de l'histoire de son exégèse sont ici étudiées, depuis la tradition herméneutique du judaïsme ancien jusqu'à l'attention que porte l'exégèse juive contemporaine à l'importance des oeuvres, en passant par les Pères grecs et latins, les commentateurs chrétiens du Moyen Age et enfin Luther et Calvin.
Ce parcours impressionnant montre la richesse du verset et l'impact qu'il a eu dans les différentes traditions d'interprétation. Ce volume est issu de la troisième des "Journées bibliques" organisées par le Laboratoire d'études des monothéismes/Institut d'études augustiniennes (CNRS-EPHE Sciences religieuses-Paris IV) et le Groupe de recherches sur les non-conformistes religieux des XVIe et XVIIe siècles et l'histoire des protestantismes (GRENEP, faculté de théologie protestante de l'université de Strasbourg).
Il fait partie d'une série consacrée à l'histoire de l'exégèse de la Bible.
 
"Le juste vivra de sa foi" (Habacuc 2, 4)
Collectif
146 poages - 15 euros - ISBN 978-2-204-09709-3
 
et, dans un autre registre
 
Né en 1950 en Haute-Autriche, Jörg Haider est devenu, à partir de 1986, le leader charismatique et flamboyant, à l'allure de play-boy, d'un parti de nostalgiques du IIIe Reich, le FPÖ.
Il a su se bâtir une image de Robin des bois moderne, d'avocat des intérêts du "peuple" et des petites gens. A partir de 1995, Haider a donné à cette formation un profil idéologique antieuropéen, anti immigrés et antisystème. Ses dérapages sémantiques faisant des camps de concentration des "camps de travail", ses dithyrambes à la gloire de "la génération du Front" - en particulier de la SS - ont fait scandale.
Avec 27 % des suffrages lors des élections de 1999, le FPÖ est entré dans un gouvernement d'alliance avec le parti conservateur, entre 2000 et 2006, ce qui a même mené la Communauté européenne au bord d'une crise internationale. La scission du FPÖ, en 2005, et surtout la mort de Jörg Raider dans un spectaculaire accident de voiture, le 11 octobre 2008, pouvaient laisser croire que l'extrême droite entrerait en décomposition.
Pourtant les obsèques quasi nationales réservées à Haider ont montré la profondeur de l'ancrage populiste dans une partie de la population. Ce qui est aujourd'hui confirmé par la montée en puissance d'un nouveau leader charismatique du FPÖ, Heinz-Christian Strache, qui pourrait accéder au pouvoir en 2012. Dans cet ouvrage, Patrick Moreau aborde de manière approfondie l'histoire du phénomène populiste de droite le plus spectaculaire de ces vingt dernières années en Europe.
Il soulève le problème de l'attitude des forces de la droite traditionnelle à l'égard de ces partis populistes, qui a, entre autres, dominé la scène politique française depuis deux décennies en raison de la présence récurrente du Front national de Jean-Marie et de Marine Le Pen.
 
Patrick Moreau est politologue et historien.
Chercheur au CNRS (Cultures et sociétés en Europe/Strasbourg), il est spécialiste des mouvements extrémistes, tant de gauche que de droite, en particulier en France et dans le monde germanique.
 
De Jörg Haider à Heinz--Christian Strache
par Patrick Moreau
638 pages - 29 euros - ISBN 978-2-204-09670-6
 
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Ils étaient de droite ou de gauche, enfants de de Gaulle ou partisans de la décolonisation, ils avaient tout juste vingt ans, l'âge requis pour prendre les armes.
Peu en ont parlé. Aujourd'hui, ils ont 70 ans. Le grand public connaît leur vie d'artiste, d'écrivain, de journaliste, de dessinateur, de sportif. Ils ont même parfois dévoilé leur vie privée dans les colonnes des journaux. Mais ce même grand public, qui croit les connaître, ignore qu'ils faisaient partie des centaines de milliers de jeunes envoyés " maintenir l'ordre " en Algérie. Ils n'ont rien dit parce qu'on ne leur a rien demandé, parce qu'on ne s'est pas intéressé à leurs tourments.
Et les jeunes soldats d'alors, qui ont vécu avec leurs angoisses, sont devenus des adultes du troisième âge, qui vivent toujours avec leurs cauchemars. On les a ignorés et, en 1962, la France est passée à autre chose, elle a vite tourné la page, pour ne pas se regarder en face.
 
Dominique Paganelli a rencontré des sportifs, Raymond Poulidor, Jean Pierre Beltoise, le père Guy Gilbert, le comédien Pierre Santini, le célèbre vétérinaire de la télé Pierre Rousselet-Blanc, mais aussi l'écrivain Jean-Claude Carrière, le journaliste Jean-Pierre Farkas, les chanteurs Jacques Higelin et Claude Vinci, l'ancien président de la fédération Handisport André Auberger, les anciens ministres Pierre Joxe et Jacques Barrot, etc.
Leur témoignage permet de reconstituer le récit de la vie de ces appelés, entre 1954 et 1962. La traversée, le combat, la peur, l'ennui, la torture, le retour.
 
Ils avaient 20 ans. Ils ont fait la Guerre d'Algérie
par Dominique Paganelli - Editions Tallandier
220 pages - 17,14 euros - ISBN 978-2-84734-846-0
 
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Remarquablement documenté, cet ouvrage décrypte la stratégie qui a été mise en place, en Amérique du Nord, pour semer le doute, dans le grand public et parmi les élus, dès lors qu'une réglementation environnementale était envisagée.
Etonnamment, on retrouve les mêmes acteurs, les mêmes méthodes et les mêmes résultats pour un ensemble de problèmes environnementaux : impact du tabagisme sur la santé, conséquences environnementales du DDT, scénarios d'hiver nucléaire, pluies acides, destruction de l'ozone stratosphérique, et à présent changement climatique. Des lobbies industriels, allant de l'industrie du tabac aux compagnies pétrolières, ont ainsi financé des " think tanks " libéraux, et mis en oeuvre une tactique maintenant bien établie pour discréditer les scientifiques, semer la confusion, promouvoir le doute.
Un petit groupe d'" experts indépendants ", des scientifiques influents, façonnés par la Guerre froide, ont animé de multiples conférences pour semer le doute sur les faits scientifiques, à destination des politiques et des médias. Écrit comme une enquête, Merchants of doubt témoigne de l'importance des faits scientifiques dans le débat public, et conduit à une réflexion profonde sur la vulnérabilité de notre société face aux " marchants de doute ".
 
Naomi Oreskes est professeur d'histoire des sciences de la Terre à l'Université de Californie, San Diego.
Ses recherches concernent la géophysique, des questions environnementales telles que le réchauffement climatique, et l'histoire des sciences. Historien des sciences au Jet Propulsion Observatory, à la Nasa, Erik Conway étudie les interactions entre les politiques nationales, la recherche scientifique et les mutations technologiques.
 
Les marchands de doute - Ou comment une poignée de scientifiques ont masqué la vérité sur des enjeux de société tels que le tabagisme et le réchauffement climatique
Par N. Oreskes et E. M. Conway, traduit (anglais) par J. Treiner - Editions Le Pommier
528 pages - 29 euros - ISBN 978-2-7465-0576-4
 
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Le 12 mars 2003, Antonio Ferrara signe la plus extraordinaire des évasions.
Un commando vient l'extraire au bazooka et à la kalachnikov de la maison d'arrêt de Fresnes. Le petit délinquant de cité s'est mué en truand médiatique. Un nouveau Mesrine. Depuis la parution de la première édition de ce livre, de nouveaux documents, des témoignages inédits, sont venus enrichir la saga du gangster. Antonio Ferrara, le roi de la belle apporte des révélations sur les meurtres de "Francis le Belge", la fin du gang corse de la " Brise de mer" et sur ceux qui ont voulu abattre son ancien conseil, Karim Achoui, l'avocat du milieu.
 
Journalistes au Parisien puis à France-Soir, aujourd'hui indépendants, Brendan Kemmet et Matthieu Suc ont enquêté près de cinq ans sur Antonio Ferrara et ses complices.

Antonio Ferrara. Le roi de la belle
par Brenden Kemmet et Matthieu Suc - Editions Le Cherche-Midi
420 pages - 18 euros - ISBN 978-2-7491-2461-2
 
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Si la France et le Royaume-Uni, dans la seconde moitié du XIXe siècle, se lancèrent à la conquête de l'Afrique, cette expansion coloniale se heurta au scepticisme, voire à l'opposition des opinions publiques et de certains hommes d'Etat.
Et pourtant... Des hommes, mi-aventuriers, mi-explorateurs, souvent désintéressés mais parfois avides de gloire et d'argent, se jetèrent dans l'aventure. L'histoire a retenu leur nom, qu'il s'agisse des Britanniques Stanley et Gordon ou des Français Brazza, Marchand et Lyautey. Du Nil au Congo, de l'Atlas au Soudan, cet ouvrage retrace leurs hauts faits et les méthodes dont ils usèrent pour dépecer, au bénéfice de Londres ou de Paris, la plus grande partie du continent noir.
Non contents de conquérir de vastes territoires, ces "héros de l'Empire", dont la bravoure était encensée par une presse en pleine expansion, parvinrent, grâce à leur charisme et au parfum sulfureux de leurs exploits, à populariser l'idée d'un certain idéal colonial auprès des masses dans des sociétés par ailleurs profondément divisées. Tout en exposant les rouages de l'âpre conquête coloniale, ce livre particulièrement vivant, par son approche originale, dévoile les mentalités et la culture " fin de siècle" des peuples français et britannique qui, initialement indifférents à l'idée impériale, finirent par la plébisciter.
 
Professeur d'histoire et directeur de l'Institute of French Studies de l'université de New York, l'historien américain Edward Berenson est un spécialiste internationalement reconnu de la France contemporaine.

Les héros de l'Empire. Brazza, Marchand, Lyautey, Gordon et Stanley à la conquête de l'Afrique
par Edward Berenson, traduit (anglais) par Marie Baudewyn - Editions Perrin
432 pages - 25 euros - ISBN 978-2-262-03456-6
 
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Figure majeure dans l'art du XXe siècle, Miro a laissé une œuvre incontestée dont le rayonnement n'a cessé de s'étendre.
Dix ans après sa mort et l'année du centième anniversaire de sa naissance, la parution d'un grand livre monographique s'imposait. Cet ouvrage, qui reprend partiellement les analyses du premier essai important de l'auteur sur Joan Miro publié en 1961 chez le même éditeur, a été considérablement remanié et enrichi : il tient compte, bien entendu, des deux dernières décennies du travail du peintre, mais aussi d'un grand nombre de documents découverts après sa mort - projets, carnets, textes, correspondance -, auxquels Jacques Dupin a eu accès en raison de ses relations privilégiées avec la famille de Miro, et des travaux d'historiens d'art et d'organisateurs d'expositions publiés depuis vingt ans.
Loin de limiter son étude à la seule peinture de Miro, Jacques Dupin l'a élargie au champ, illimité, de ses curiosités. Sont ainsi abordées les incursions de l'artiste dans des territoires aussi différents que la sculpture, la lithographie, l'illustration de livres, la céramique, l'art mural, les décors et costumes pour la scène. Une énergie créatrice dans le domaine plastique en parfait parallèle avec sa passion pour les mots, pour les jeux poétiques les plus audacieux.
Car amoureux des objets, de la vérité fruste des matières, Miro s'est révélé aussi un artiste onirique, tendu vers ces constellations qui lui ont inspiré certaines de ses plus belles toiles. C'est cet immense parcours que nous restitue Jacques Dupin avec une fraternelle complicité.
 
Ami et collaborateur de Joan Miro dès 1956, Jacques Dupin a secondé le peintre dans ses travaux de gravure et de lithographie, dans la réalisation de catalogues, d'albums, de livres illustrés.
Il a organisé de nombreuses expositions consacrées à Miro et a notamment été le commissaire de grandes rétrospectives à Zurich, Tokyo, Kyoto, Saint-Paul-de-Vence, Barcelone, Madrid, Paris, Lisbonne, Milan et New York. Après avoir préfacé et édité trois volumes du catalogue des gravures, il prépare le catalogue raisonné de l'œuvre peint. Jacques Dupin a également publié un livre sur Alberto Giacometti, et de nombreux textes sur des artistes contemporains, écrits réunis et édités sous le titre L'Espace autrement dit.
Enfin, son œuvre de poète lui a valu de recevoir, en 1988, le Grand Prix national de poésie.
 
Miró
par Jacques Dupin - Editions Flammarion
35 euros - 480 pages - ISBN 978-2-08-126663-6
 
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Dans le 19e arrondissement de Paris toutes les communautés, religieuses et ethniques, se côtoient au quotidien.
Sushis casher, kebabs, restaurant turc - point de ralliement de tous les jeunes du coin -, librairie d'occasion farcie de romans policiers jusqu'au plafond, coiffeur juif...Seul Ahmed Taroudant - qui a l'horrible privilège de découvrir le corps sanguinolent de sa voisine et amie, Laura Vignola, suspendu au-dessus de son balcon - se tient à distance de cette population cosmopolite : prisonnier d'une histoire personnelle traumatisante, rêveur, lecteur fou de polars...
Il constitue le coupable idéal de ce crime abominable. Sa découverte l'oblige à sortir de sa torpeur et à collaborer avec le duo de la Crim' désigné par le commissaire Mercator pour mener l'enquête sur le meurtre : le flamboyant lieutenant Rachel Kufstein et le torturé lieutenant Jean Hamelot, fils d'un Breton communiste rationaliste, quelque peu égaré dans la capitale. Ensemble, ils ont toutes les cartes pour décrypter les signes et symboles de cette mort ignoble.
S'agit-il d'un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu issu des communautés loubavitch ou salafiste ? Qu'en est-il de l'étrange famille de Laura, originaire de Niort, qui étend son influence jusqu'à New York ? Et de l'apparition dans le quartier du "Godzwill" une nouvelle drogue redoutable ? La collaboration des meilleures amies de la victime, Bintou et Aïcha (les soeurs des caïds du quartier), Rebecca - partie à Brooklyn dans l'intention d'épouser un Juif orthodoxe -, avec les lieutenants Kupferstein et Hamelot se révélera indispensable pour reconstituer la toile d'araignée gigantesque qui, de Paris à New York, tire ses fils entre réseaux de trafics de drogue et communautés religieuses...Arab Jazz, foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, est le premier roman de l'auteur : il en a fait un coup de maître.
 
Karim Miské est né en 1964 à Abidjan d'un père mauritanien et d'une mère française.
Il grandit à Paris avant de partir étudier le journalisme à Dakar. De retour en France, il réalise depuis vingt ans des films documentaires sur des sujets aussi divers que la bioéthique, les néo-fondamentalismes juifs, chrétiens et musulmans, en passant par la surdité (pour lequel il apprend le langage des signes). Ses films sont diffusés sur Arte, France 2, Canal +, Channel Four et bien d'autres chaînes de télévision à travers le monde.
En 1997, il publie dans l'ouvrage collectif Le livre du retour (éditions Autrement), un récit qui relate sa découverte du monde arabe, de l'Afrique et de l'Islam lors de son premier voyage en Mauritanie à l'âge de quinze ans, ainsi que les rapports complexes qu'il entretient depuis avec les différentes composantes de son identité. À partir de 2010, il écrit plusieurs tribunes sur la racialisation de la société française pour Rue 89 et Le Monde.
Il tient à présent un blog, "Chronique des années dix", sur le site des Inrockuptibles.
 
Arab Jazz
Par Karim Miské - Editions Viviane Hamy
304 pages - 18 euros - ISBN 978-2-878-58507-0
 
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