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Moïse Rahmani

Mai nous ensoleille. Ouvrons un livre (11 mai 2012)

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La première biographie d’un roi oublié. « Au petit jour, la rumeur jaillit et agite la foule : le roi est entré dans Jérusalem par la porte de Jaffa ! Il emprunte les ruelles qui mènent à l’arche de Robinson, en gravit les marches, débouche sur l’immense esplanade du Temple, un bouquet à la main, des sandales de papyrus aux pieds, vêtu d’une toge blanche. Ce 15 de Tichri de l’année 3801, les pèlerins ne viennent pas simplement célébrer Soukkhot, la fête des Tabernacles, des Moissons et des Vendanges, mais approcher, voir, toucher, se prosterner devant un des leurs, le premier à régner sur la Palestine depuis près de quarante ans, Marcus Julius Agrippa.
» Petit fils d’Hérode, intime de quatre empereurs romains (Auguste, Tibère, Caligula et Claude), disciple du philosophe Philon d’Alexandrie, père de Bérénice (célébrée par Racine et Corneille), Agrippa est le dernier roi des Juifs. Prince à la vie dissolue, il connaît les fastes et les honneurs, la misère et la solitude. Roi, il permet à son peuple de vivre uni, libre et en paix pour la première fois de son histoire.
Après sa mort tragique en 44, un million de Juifs périssent dans la guerre avec Rome, la Judée est rayée de la carte.
 
Jean-Claude Lattès, fondateur des éditions qui portent son nom, a vécu, sur les traces d’Agrippa, à Alexandrie, Jérusalem et Rome
 
Le dernier roi des Juifs
par Jean-Claude Lattès - Editions NIL
322 pages 20 euros - ISBN 978-2-841-11626-3
 
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A côté des noms de Soljenitsyne et de Pasternak, celui de Mandelstam est de ceux qui évoquent la résistance de l'esprit contre le terrorisme stalinien. C'est l'air de la liberté qu'on respire dans ce livre étouffant dont le manuscrit, rédigé sans doute en 1964, est parvenu clandestinement aux Etats-Unis sous le simple titre de " Souvenirs ". Les souvenirs commencent en 1934, lors de la première arrestation d'Ossip Mandelstam, et évoquent ses trois années d'exil à Voronej.
Ils s'achèvent avec la mort du poète, dans un wagon de déportation en Sibérie, un jour incertain de 1938. Mais, à l'intérieur de ce cadre, Nadejda Mandelstam, sans jamais parler d'elle-même, évoque de la façon la plus vivante toute une génération intellectuelle et politique, de Boukharine à Akhmatova, de Pasternak à Chklovski , et sa rapide réduction au silence dans les années 1920-1930. A ce titre, cet ouvrage ne constitue pas seulement le commentaire le plus autorisé sur les années les plus dramatiques et les plus fécondes de celui qui est unanimement considéré comme le plus grand poète russe du XXe siècle, mais un témoignage exceptionnel sur l'asphyxie de la culture russe qui a accompagné la prise de pouvoir par Staline.
La sincérité de l'accent, sa simplicité tragique, sa dignité, son humour donnent son plein sens au prénom dont l'auteur avait fait sa devise : Nadejda signifie en russe " espérance ".
 
Nadejda Mandelstam (1899-1980) épouse en 1921 le poète Ossip Mandelstam, mort en déportation en 1938. Après des années d'errance, traquée par le NKVD, elle retrouve une existence normale à la mort de Staline. Elle est alors autorisée à achever son doctorat, puis à revenir à Moscou, où elle résidera jusqu'à la fin de sa vie. Elle a donné ses archives personnelles à l'université de Princeton en Pinceton
 
Contre tout espoir. Souvenirs
par Nadedja Mandelstam, traduit (russe) par Maya Mnoustchine - Editions Gallimard
550 pages - 16,50 euros - ISBN 978-2-07-013702-2
 
et, sur le même sujet,
 
Paru en allemand en 2003, ce livre n'est pas l'oeuvre d'un érudit, mais d'un véritable écrivain, au style concis, alerte, souvent humoristique. C'est peu de dire qu'on ne s'ennuie pas un instant : on est captivé, fasciné, emporté, ému par le récit de cette existence errante et de plus en plus persécutée, ponctuée de très beaux portraits des femmes qui ont compté pour Mandelstam. Et, dans le même temps, le lecteur a le sentiment d'accéder peu à peu et presque sans effort à une oeuvre réputée difficile, qui se révèle, à travers les nombreuses citations qui ponctuent le récit, dans toute sa richesse.
Les 23 chapitres de ce récit linéaire empruntent tous leurs titres (comme l'ouvrage entier : "Mon temps, mon fauve") à l'oeuvre du poète. Chaque chapitre commence, en en-tête, par un résumé précis de son contenu, comme dans les romans des époques classiques. Cela va donc de l'enfance et des origines familiales jusqu'à la fin lamentable au goulag, en passant par une multitude d'étapes et de séjours à Petrograd, à Moscou, à Kiev, en Crimée, toujours dans la pauvreté, souvent dans la misère et la famine, puis la maladie.
Factions politiques, cénacles littéraires (symbolistes, futuristes, akméistes, etc.), personnages grands et moins grands de cette comédie humaine en forme de tragédie - russe et internationale - entrent en scène, ressortent, réapparaissent sans que jamais ce ballet un peu vertigineux ne devienne confus ni lassant. La vie de Mandelstam, de cet homme opiniâtrement amoureux de la vie qu'il n'a cessé de célébrer jusqu'à son dernier souffle, est un hymne à la dignité fragile de l'homme dans une époque menaçante, et à la liberté.
 
Poète lui-même (voir son recueil Novalis au vignoble paru au Bruit du temps en 2009), Ralph Dutli est un spécialiste incontesté d'Ossip Mandelstam. Il lui a consacré vingt-cinq années de sa vie, et déjà plusieurs essais publiés, tout en assurant lui-même (chez le même éditeur) la traduction et l'édition en langue allemande des 10 volumes de ses oeuvres complètes. C'est dire que Ralph Dutli sait tout sur Mandelstam, sur sa vie presque au jour le jour et sur son oeuvre vers par vers ; mais aussi sur la vie littéraire et politique, particulièrement complexe et mouvementée, de la Russie de 1905 à1938.
 
Mandesltam, mon temps, mon fauve
par Ralph Dutli, traduit (allemand) par Marion Graf - Editions La Dogana
608 pages - 34 euros - ISBN 978-2-358-73037-2
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Edgar Degas (1834-1917) demeure le peintre des danseuses. Il a su saisir avec une incroyable justesse les gestes des ballerines oscillant sur leurs pointes, exécutant un saut au-dessus de la scène ou seules dans les coulisses. Dans un Paris qui déborde d'énergie, la représentation du mouvement est au coeur des débats menés par les critiques du XIXe siècle. Les artistes célèbrent ce monde en pleine mutation technique et demandent "plus d'imagination, et partant, plus de mouvement !".
Edgar Degas envisage une nouvelle approche de la création artistique qui se révélerait encore plus dynamique. La mise au point de l'appareil photographique, que Degas utilise dès 1895, année où les frères Lumière projettent leurs premiers films, le fascine. Il s'adonne au portrait, photographiant des ballerines dans plusieurs attitudes, qui font vite leur apparition sur ses toiles. "La danse a été pour moi un prétexte à peindre de jolies étoffes et à rendre le mouvement".
Degas et les danseuses, l'image en mouvement propose une approche nouvelle d'un artiste fasciné par son époque et ce qu'elle génère de sensations et d'images. Généreusement illustré par des pastels, esquisses, dessins préparatoires, croquis, gravures, peintures, sculptures et photographies de l'artiste, ce livre retrace l'évolution du travail de Degas.
 
Ancien danseur de ballet, Jill DeVonyar est conservateur indépendant. Richard Kendall est historien d'art et conservateur. Il est co-auteur des ouvrages Degas et la danse (La Martinière, 2004) et Degas sculpteur (Gallimard 2010)
 
Degas et les danseuses. Limage en mouvement
Par Jill Devonyar et Richard Kendall, traduit (anglais) par C. Fort et S. Alkofer - Editions Skira Flammarion
280 pages - 45 euros - ISBN 978-2- 0812-6667-4
 
 
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Une maison blanche et haut perchée, dans le ciel de Paris. Une femme vit là depuis vingt-cinq ans. Seule. Ce samedi soir, en ce refuge devenu tombeau, elle s'apprête à rompre ses jours. Assise sur le bord de son lit, elle contemple la ville qui lui a tout donné, et beaucoup pris. Sur le chevet, une bouteille de whisky, des somnifères, le téléphone. Elle voudrait enfin parler, dire quelle a été sa vie, dire pourquoi elle lui préfère la mort.
Elle compose un numéro au hasard... A une centaine de kilomètres de là, dans son jardin clos, Sophie goûte le silence depuis qu'elle a quitté son mari, la ville pour la campagne. Le téléphone sonne. "Allô, je m'appelle Iolanda. Je vais mourir". Deux heures s'écouleront. Le temps que deux femmes se racontent. Madame Tout-le-monde, Sophie, et Iolanda... Dalida pour la France entière. Un roman intime et poétique où affleure toute la réalité de la vie de Dalida.
La rencontre émouvante et troublante de deux femmes que tout sépare, à l'heure, enfin, où se dévoilent leurs secrets.
 
David Lelait-Helo est journaliste et écrivain. II est aussi le biographe de grandes personnalités féminines comme Maria Callas, Edith Piaf et Romy Schneider
 
C'était en mai, un samedi. Dalida 25 ans dféjà
par David Lelait-Helo - Editions Anne Carrière
192 pages - 17,50 euros - ISBN 978-2-8433-7663-4
 
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Dès leur entrée au cours de théâtre le plus prestigieux de Londres, les élèves sont fixés : ils paieront très cher leur intégration à l’élite de la scène. Car au Drama Arts, on n’apprend pas seulement à jouer la comédie, on apprend à devenir un Acteur, à Etre… Nell, trop ronde et peu sure d’elle, se demande si elle jouera jamais autre chose que les servantes, et sait qu’elle ne peut rivaliser avec toutes ces jolies filles aux longues jambes qui ne doutent de rien, comme la très douée et sublime Charlie.
L’ambitieux Dan n’a qu’une chose en tête : jouer Hamlet, et séduire Jemma la rebelle… Dès leur sortie de l’école et durant les années suivantes, ces jeunes acteurs vont être confrontés à l’univers destructeur des auditions absurdes, des agents injoignables, des caravanes miteuses, des premières tape-à-l’oeil, derrière lequel se cachent (mal) la misère et la solitude extrême du quotidien. Nul mieux qu’Esther Freud, ex-actrice et femme d’acteur, pouvait peindre avec autant d’empathie ce monde impitoyable, entre enfer et paradis
 
Née en 1963, arrière petite-fille de Sigmund et fille de Lucian Freud, Esther Freud est l’auteur de sept romans, parmi lesquels Marrakech Express (1999), La Maison Mer (2006) et Nuits d’été en Toscane (Albin Michel 2009). Avant de se consacrer à l’écriture, elle a fréquenté une école prestigieuse d’art dramatique pour devenir actrice. Sélectionnée par le grand magazine littéraire britannique Granta parmi les dix meilleurs romanciers des années 90, Esther Freud a déjà reçu plusieurs prix et son oeuvre est traduite en treize langues
 
La bonne étoile
Par Esther Freud, Traduit (anglais) par Dominique Kugler - Editions Albin Michel
432 pages - 21,90 euros - ISBN 078-2-226-24144-3
 
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Avec virtuosité et panache, Rosalinda nous fait partager sa façon d'affronter la misère matérielle et spirituelle de son pays l'URSS des années 1980, marqué par les pénuries et la corruption. Lorsque sa fille Sulfia tombe enceinte mais ignore de qui, Rosalinda remue ciel et terre pour empêcher l'arrivée d'une nouvelle bouche à nourrir. En vain. Une petite fille est née. Contre toute attente, Rosalinda se transforme en grand- mère fervente et donne aussitôt à la petite le nom de son aïeule tatare, Aminat.
Rien ne résiste à la jeune grand-mère désireuse d'améliorer le sort des siens. De ruse en subterfuge, elle fait subir d'insolites épreuves à sa petite famille, qu'à cela ne tienne, elle ne veut que leur bien ! Jusqu'au jour où Aminat grandit et cesse d'être dupe. Cuisine tatare et descendance est une chronique tumultueuse de plusieurs décennies en compagnie de trois femmes inoubliables.
Alina Bronsky, elle- même d'origine russe, donne la parole à des héroïnes de l'ombre et nous invite, en passant, dans les coulisses des destins qui mènent à l'émigration
 
Née en 1978 à Iekaterinbourg, quatrième ville de la Russie, située du côté asiatique de l'Oural, Alina Bronsky vit depuis sa treizième année en Allemagne. Acclamée par la critique allemande et américaine, elle est la lauréate de plusieurs prix littéraires, dont le célèbre prix Ingeborg Bachmann. Cuisine tatare et descendance a été traduit dans une dizaine de langues
Cuisine tatare et descendance
par Alina Bronsky, traduit (allemand) par Isabelle Liber - Editions Actes Sud
336 pages- 23 euos - ISBN 978-2-330-00530-6
 
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Comment évaluer l'impact de la stupidité humaine sur nos destins personnels et sur l'ensemble de la société ? Vaste question à laquelle l'historien Carlo Maria Cipolla décida en 1976 de répondre par un bref essai au ton éminemment scientifique. Au ton et seulement au ton : car derrière la rhétorique académique se cache un texte désopilant, qui ressortit au genre " pseudo-scientifique ", comme en son temps le célèbre Cantatrix Sopranica de Georges Perec, ou aujourd'hui les très sérieuses recherches de Jean-Baptiste Botul.
Diffusé en 1976 aux Etats-Unis sous la forme d'une édition limitée et numérotée, Les lois fondamentales de la stupidité humaine a été publié en italien en 1988 (dans un recueil générique intitulé Allegro ma non troppo), et pour la première fois dans sa langue originale, l'anglais, à l'automne 2011.
 
Carlo M. Cipolla (1922-2000) Historien de l'économie de renommée mondiale, fut professeur à l'Université de Berkeley et à l'Ecole Normale supérieur de Pise
 
Les lois fondamentales de la stupidité humaine
Par Carlo M. Cipolla, traduit (anglais) par Laurent Bury - Editions P.U.F
72 pages - 7 euros - ISBN 978-2-13-060701-4
 
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