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Moïse Rahmani

On se croirait en automne. Lisons pour nous réchauffer le coeur (11 juin 2012)

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Drancy, en banlieue parisienne, demeure dans toutes les mémoires comme le camp où a transité la majeure partie des Juifs déportés de France vers les centres de mise à mort ; 80 000 Juifs ou considérés comme tels y ont séjourné, de quelques jours à plusieurs années, d'août 1941 à août 1944. Il mêle des Israélites français de vieille souche à des Juifs étrangers d'immigration récente, des élites du pouvoir et du savoir aux professions les plus humbles, adultes, vieillards, femmes et enfants.
Commandé par des Allemands, gardé et administré par des Français, Drancy, à la fois camp de représailles, de transit et de concentration, atteste l'ambiguïté criminelle des responsabilités entre l'occupant et Vichy. Des sources inédites - correspondances clandestines, journaux intimes - permettent de reconstituer l'existence des internés dans la cité de la Muette, avec ses solidarités multiples, mais aussi la course aux privilèges, les clivages sociaux et nationaux, la famine et le désespoir d'un côté, l'école et le théâtre de l'autre, les innombrables rumeurs et l'ordre imposé parfois par les victimes elles-mêmes, enfin la menace permanente et insoutenable de la déportation.
 
Annette Wievorka, directrice recherche au CNRS, fut membre de la mission sur la spoliation des biens juifs de France. Membre du conseil supérieur des Archives, présidente de la commission " Mémoire et transmission " de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, elle a notamment publié : Déportation et génocide, entre la mémoire et l'oubli (1992) ; Auschwitz, 60 ans après (2005) ; Maurice et Jeannette.

Biographie du couple Thorez (2010) et L'Heure d'exactitude. Histoire, mémoire, témoignage, entretiens avec Séverine Nikel (2011). Michel Laffitte, agrégé d'histoire et docteur de l'EHESS, est l'auteur notamment d'Un engrenage fatal, avec Pierre Vidal-Naquet (2003) et de Juif dans la France allemande (2006). Il est membre de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
 
A l'intérieur du camp de Drancy
d'Annette Wiviorka et Michel Laffite - Editions Perrin
384 pages - 23 euros - ISBN 978-2-262-03423-8
 
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Publiant sous le pseudonyme de César Fauxbras, Gaston Sterckeman (1899-1968) fut tour à tour marin, expert-comptable, journaliste. Dans ce livre, entre document et roman, il rapporte tous les menus faits de la vie quotidienne sous l'Occupation, commente l'actualité sans jamais se départir de son humour. Il jette ainsi une autre lumière sur la guerre et sur les aléas de la vie d'un homme.
 
Le Théâtre de l'Occupation. Journal 1939-1944
de César Fauxbras (Gaston Sterckeman) - Editions Allia
224 pages - 9,20 euros - ISBN 978-2-844-85430-8
 
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Moins de trois mois après sa naissance, Yacob Nahmias émigre avec ses parents, en 1933, de Salonique vers la Palestine où il a passé sa vie.
 
Il parle le judéo-espagnol, avec sa mère mais cette langue ne peut rivaliser avec l'hébreu..
 
Il y a quelques années, il a décidé de se réaproprier le judéo-espagnol afin d'essayer de récupérer, à travers elle, son identité. Le fruit de ces efforts est ces poèmes qui reflètent sa vie qui renouvelle son amour pour une langue en déclin, l'enfance, D.ieu.
C'est la langue de ses parents, de ses et leurs racines et surtout partie importante de lui-même.
 
Cette transmission d'identité à ses descendants c'est ce que veut offrir Yacob, mais sachez l'avenir nous dira quel sera le futur et l'évolution de cette langue, aujourd'hui encore tellement aimée par les descendants des Séfarades d'hier.
 
Poemas
de Yacob Nahmias - EdicionesTirocinio (colección Fuente Clara)
144 pages - 25 euros -  ISBN 978-84-940083-0-6
 
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Sous la direction de Tamar Alexander, Yaakov Bentolila et Eliezer Papo, un collectif d'auteurs publie un livre avec des contributions en anglais, en hébreu, en espagnol et en français.
Cet ouvrage est édité par l'Université Ben Gourion du Neguev, le Centre de Culture ladino Moshé David Gaon, l'Autorité Nationale du Ladino et le Centre d'Etudes Méditerranéennes de l'Université de Zagreb. Vous savez que je privilégie, à l'instar du Maître Haïm Vidal Séphiha, l'usage du terme judéo-espagnol à ladino. Rappelons, une fois encre, une fois de plus, que le judéo-espagnol est la languie parlée alors que le ladino est la langue calque, celle utilisée pour les prières.
 
Magic and Folk Medicine
El Prezente. Studies in Sephardic Culture - Collectif d'éditeurs
400 pages - ISBN 978-965-91164-4-7
 
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« Ceci est un document, pas un écrit. Il s’agit de la transcription, la plus fidèle possible, de deux carnets de notes que j’ai tenus lors d’un voyage clandestin en Syrie, en janvier de cette année. Ces carnets devaient au départ servir de base pour les articles que j’ai rédigés en rentrant. Mais peu à peu, entre les longues périodes d’attente ou de désœuvrement, les plages de temps ménagées, lors des conversations, par la traduction, et une certaine fébrilité qui tend à vouloir transformer dans l’instant le vécu en texte, ils ont pris de l’ampleur. C’est ce qui rend possible leur publication. Ce qui la justifie est tout autre : le fait qu’ils rendent compte d’un moment bref et déjà disparu, quasiment sans témoins extérieurs, les derniers jours du soulèvement d’une partie de la ville de Homs contre le régime de Bachar al-Assad, juste avant qu’il ne soit écrasé dans un bain de sang qui, au moment où j’écris ces lignes, dure encore. »

Jonathan Littell a passé deux semaines et demie à Homs, au cœur des quartiers opposés au régime syrien. C’est, on le sent page après page, un texte écrit dans des conditions extrêmes, où les protagonistes, à chaque instant, jouent leur vie. Constituant un document tout à fait unique, véritable enquête sur le terrain, ces carnets témoignent de la vie quotidienne du peuple en révolte de la ville de Homs, de la résistance des déserteurs de l’Armée syrienne libre, et des atrocités commises par les forces gouvernementales
 
Jonathan Littell, né le 10 octobre 1967 à New York, est un écrivain franco-américain. Son roman Les Bienveillantes, écrit entièrement en français et signé à l'âge de 39 ans, lui vaut le prix Goncourt 2006 et le Grand Prix du Roman de l'Académie française 2006.
C'est aussi grâce à ce roman qu'il obtient le 8 mars 2007 la nationalité française pour « contribution au rayonnement de la France » après deux tentatives infructueuses en 2006.
 
Carnets de Homs
par Jonathan Littel - Editions Gallimard
254 pages - 18,90 euros - ISBN 978-2-07-013814-2
 
et, chez le même éditeur,
 
 
Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie et tente de démêler l’écheveau de son incroyable destin. Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la Guerre de Cent ans. Il a changé le regard sur l'Orient, accompagnant le passage des Croisades au commerce, de la conquête à l’échange. Comme le palais auquel il a laissé son nom, château médiéval d’un côté et palais renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Il a voyagé à travers tout le monde connu, aussi à l’aise dans la familiarité du pape que dans les plus humbles maisons. Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l’Histoire de France, disparue à vingt-quatre ans. Au faîte de sa gloire, il a connu la chute, le dénuement, la torture puis, de nouveau, la liberté et la fortune. Cet homme, c’est Jacques Coeur. Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions
Jean-Christophe Rufin est voyageur, médecin, écrivain et diplomate français, membre de l'Académie française.
Jean-Christophe Rufin est ancien directeur d'Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie, jusqu'en 2010.
 
Le Grand Coeur
par Jean-Christophe Rufin
508 pages - 22,50 euros - ISBN 978-2-07-011942-4
 
comme
 
Manhattan, été 1944. Autour de Will, la trentaine, serveur dans un bar, et de Mike, 19 ans, les deux narrateurs du roman, gravite toute une constellation d'amis sans le sou, qui errent dans la chaleur de la ville et font le va-et-vient incessant entre les appartements des uns et des autres, où s'improvisent des soirées improbables. Parmi eux il y a surtout Phil, un gamin de 17 ans à la beauté insolente, qui essaie désespérément d'échapper aux assiduités de Ramsay Allen, dit Al, la quarantaine un peu pathétique, éperdument amoureux de lui depuis ses 13 ans. Partout où va Phil, Al le suit comme son ombre, jamais découragé par les refus du garçon. Pour lui échapper, et par goût de l'aventure, Phil accepte la proposition de son ami Mike : s'embarquer, dès que possible, sur un navire de la marine marchande. L'objectif est d'arriver en France, et de filer vers Paris, la ville des poètes et des artistes qui aura sûrement été libérée d'ici là. Mais le départ tant attendu est chaque jour reporté pour des retards et tracasseries administratives ; et le roman suit la longue attente des deux garçons, leurs errances nocturnes toujours renouvelées, et la tension qui monte avec Al, constamment pendu aux basques de Phil. Alors qu'ils ont un jour enfin trouvé un bateau, ils en sont congédiés au dernier moment. Dépités, ils retrouvent la terre ferme, mais, au petit matin, Phil est introuvable. Il raconte alors à Will puis à Mike que, la veille au soir, excédé par l'insistance d'Al, dans un accès de folie, il l'a tué d'un coup de hachette, avant de jeter son corps au bas d'un immeuble. Le roman se conclut sur la dernière beuverie de Mike et de Phil, qui s'apprête à solliciter l'aide de son oncle haut placé, pour qu'il l'aide à échapper à la justice.
Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines est le premier roman de William Burroughs et Jack Kerouac. Ecrit en collaboration, il se base sur l'histoire vraie d'un de leurs jeunes amis qui, comme Phil, a tué son prétendant. Kerouac et Burroughs, dans la peau de leurs avatars Will Dennison et Mike Ryko, semblent y peaufiner chacun leur style, leur ton, leurs thèmes de prédilection. Burroughs en figure paternelle désabusée, s'occupant de ces jeunes gens irresponsables tout en s'adonnant à ses penchants pour la morphine, Kerouac en jeune homme épris d'aventure, au style faussement familier, en réalité très précis, très écrit.
Le charme du roman tient surtout à l'atmosphère légère et grave à la fois de ce New York de l'été 44, peuplé de marins, de soldats en transit, de jeunes gens désoeuvrés, où le temps est suspendu à la fin de la guerre. Dans ces personnages encore indéterminés, animés du désir vague de faire quelque chose, s'embarquer dans une aventure ou écrire un livre - dans ce goût des beuveries et de la marginalité, on retrouve la matrice des oeuvres des deux romanciers de la Beat Generation. Il s'agit d'un document passionnant, qui montre deux écrivains en devenir et évoque un entre-deux qui est à la fois la fin d'un monde et le début d'un autre.
William Burroughs est né en 1914 à Saint-Louis (Missouri). Il est le petit-fils de l’inventeur de la machine à calculer du même nom. Après avoir été "l’homme de tous les métiers", il commença d’écrire à l’âge de trente-cinq ans. Héroïnomane, homosexuel, amateur d’armes à feu, il fut l’écrivain le plus original de la "Beat Generation". Il a longtemps été considéré comme un auteur maudit, avant d’être tenu à partir de 1975 comme un des plus novateurs.
Après avoir longtemps vécu à Tanger, il retourne en 1974 aux Etats-Unis et meurt en 1997 à Lawrence (Texas). De lui, les Editions Gallimard ont publié Le festin nu (Du monde entier, 1964, Folio SF n° 93) et Junky (Folio n° 4750).
Né aux Etats-Unis, Jack Kerouac (1922- 1969), de son vrai nom Jean-Louis Lebris de Kerouac, descendait d’une famille bretonne émigrée au Canada. Considéré comme le "Pape des Beatniks", l’errance était pour lui une règle de vie, le voyage permanent une raison d’être.
Dès 1947, il fut l’un des premiers à traverser les Etats-Unis d’est en ouest, au long de la mythique "Route 66". C’est le journal de ce voyage qui deviendra le fameux Sur la route et assurera la notoriété de l’ensemble de son oeuvre, disponible en français aux Editions
 Gallimard
 
Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines
par William Burroughs et Jack Kerouac, traduit (anglais) par Josée Kamoun
206 pages - 17,90 euros - ISBN 978-2-07-012455-8
 
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Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Laurent Newman est un New-Yorkais bon teint, descendant d’une famille anglaise dont les racines remontent au XIXe
siècle. Il est cadre à la direction du personnel dans la même société depuis une quinzaine d’années. Un jour, il est réprimandé par son chef pour avoir engagé une secrétaire « à l’air juif », erreur qu’il impute à la mauvaise vue de Newman. Laurent achète donc sa première paire de lunettes. Celles-ci font ressortir son nez. Tout d’un coup sa vie bascule… On le prend pour un juif. Pressions, brimades, agressions, la spirale de la haine se met en place, Newman perd son travail et échappe de peu à un lynchage. D’autant qu’une sorte de « front » antisémite sévit dans son voisinage. Gertrude, sa femme, le pousse à adhérer au « front ». Newman refuse. De fait, peu à peu, il s’identifie davantage aux victimes qu’aux agresseurs. En se concentrant sur la subjectivité, les doutes et les émotions contrastées de son personnage, Arthur Miller livre un premier roman fascinant sur la confusion des sentiments, de l’identité et sur l’expérience des préjugés, ceux dont on est victime et ceux qu’on abrite en soi. Il annonce également la tonalité de ses futurs chefs-d’œuvre : veine humaniste et acuité psycho
 
Arthur Miller (1915-2005) est né à New York, dans une famille d'immigrants juifs polonais, et a grandi à Brooklyn puis à Harlem. Dramaturge, écrivain et essayiste, son écriture est influencée par la Grande Dépression, qui ruina son père, et l'antisémitisme, dont il fut victime lorsqu'il commença à travailler. Il est l'auteur d'une vingtaine de pièces. Mort d'un commis voyageur (1949) - qui remportera le prix Pulitzer - et Les Sorcières de Salem (1953) lui apportèrent une renommée mondiale.
Il a également écrit quelques scénarios, dont celui des Désaxés (The Misfits), réalisé par John Huston en 1961, dans lequel joue Marilyn Monroe, qui fut son épouse de 1956 à 1961
 
Focus
D'Arthur Miller, traduit (anglais) par Y. Desvignes - Editions Robert Laffont -
378 pages - 8,90 euros - ISBN 978-2-221-11485-8
 
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Cette biographie romancée de l’artiste mexicaine Frida Kahlo prend comme fil d’Arianne un cahier de recettes culinaires que la peintre gardait toujours par devers elle et qui disparut mystérieusement à l’heure de sa mort.
Il s’agit d’une pièce imaginaire que le romancier mexicain compose, avec un plaisir évident. Chacun des 24 chapitres s’achève sur une ou plusieurs recettes. Quant à la vie de Frida, elle suit dans ses péripéties la célèbre biographie de H. Herrera, à l’origine du film Frida.
Sans la fantasmagorie, et un style qui se prête volontiers aux incursions dans la pensée magique et la mythologie mexicaine, sans les multiples recettes de cuisine, ce titre pourrait être sans surprise, car nous savons déjà tout de cette vie de Frida Kahlo, et par sa belle biographie de Herrera et par le beau film qui en a été tiré ; et aussi par les nombreux articles sur l’artiste.
Mais voilà, on lit ce livre avec intérêt, avec plaisir, et même jubilation. Et pour les plus mordus, on court à sa cuisine, à ses casseroles et on se lance dans la savante et savoureuse alchimie de la hierba santa et de ses sortilèges.
 
Francisco H. Haghenbeck est l'un des écrivains mexicains les plus intéressants du moment. Il a travaillé dans des musées et à la télévision en tant que réalisateur et producteur. Auteur, entre autres, de la série de BD Los 7 pecados capitales pour le gouvernement mexicain, destiné à la dénonciation des délits, on lui doit également les romans : Martini Shoot (Trago Amargo, Denoël, 2011), El código nazi, Le jour des morts (Hierba Santa) et Aliento a MuerteIl a reçu le prix de la nouvelle de Oaxaca ; le prix La Bisagra de Puerto Vallarta ; et le Prix National du Roman au Mexique pour Trago Amargo en 2006
 
Le jour des morts
De Francisco G. Haghenbeck, traduit (espagnol) par Albert Bensoussan - Ed de l'Herne
198 pages - 15 euros - ISBN 978-2-851-977243
 
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« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. "Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas", affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait œuvrer à l’abolition du salariat et être salarié – c’était incompatible. » Y. M.
Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait.
 
Yassaman Montazami, qui vit en France depuis 1974, est née à Téhéran en 1971. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier. Le Meilleur des jours est son premier roman.
 
Le meilleur des jours
de Yassaman Montazami - Editions Sabine Wespieser
144 pages - 15 euros - ISBN 978-2-84805-116-1
 
et, chez le même éditeur,
 
Étudiant en médecine très protégé par un père qui l’a élevé seul, le narrateur de ce roman de formation s’est trouvé précipité dans l’âge adulte par l’annonce de la maladie. Sur un coup de tête – pour fuir un père trop parfait, constamment à ses côtés lors de son traitement ? –, il décide de partir en Israël et d’attendre là les analyses qui lui annonceront une éventuelle rémission.
À Jérusalem, Simon a trouvé en Amir un hôte et un confident. Le jeune Israélien qui lui avait porté secours au parc Montsouris alors qu’il était pris de malaise n’a cessé de l’entourer de sa sollicitude, au point de faciliter son départ de Paris, contre l’avis de tous.
Avec Amir, Simon retrouve une forme de légèreté et d’insouciance. Dans ce pays qu’il découvre, il veut enfin vivre pleinement. Son éducation sentimentale et sexuelle – en compagnie notamment d’une étonnante Rivka, Suédoise convertie par amour et parlant hébreu comme une sabra – se déroule en accéléré. Mais, dans un mouvement inverse, le temps s’étire, le ramenant sans cesse à ses jeunes années, à sa mère tôt disparue et au mystère qu’a toujours été pour lui la vie de son père.
Quand Gabriel, ce père avec qui il n’a jamais échangé que des propos anodins, vient lui rendre visite, les deux hommes se retrouvent à former avec Amir un trio inédit. Les sentiments qui les habitent, comme exacerbés par la peur et l’urgence, se conjuguent alors en une troublante valse.
 
Jean Mattern est né en 1965 dans une famille originaire d’Europe centrale. Il vit à Paris avec sa femme et ses trois enfants et il travaille dans l’édition. Les Bains de Kiraly, son premier roman, a été traduit dans sept langues.
 
Simon Weber
de Jean Mattern
160 pages - 17 euros - ISBN 978-2-84805-115-4
 
 
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