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Moïse Rahmani

Des livres pour finir octobre (18 octobre 2012)

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Revue Histoire de la shoah nº196 - Aktion Reinhard,tome 1 : Chroniques et témoignages: La destruction des Juifs de Pologne 1942-1943
L’Aktion Reinhardt a commencé le 17 mars 1942 par un premier convoi de 1 500 Juifs, envoyé du ghetto de Lublin vers le centre de mise à mort de Belzec qui, avec Sobibor et Treblinka, va constituer le cœur historique de la Shoah. Or, paradoxalement, les études sur l’Aktion Reinhardt sont encore rares, exception faite de l’ouvrage pionnier d’Itzhak Arad en 1987 (Belzec, Sobibor, Treblinka. The Operation Reinhard Death Camps). Après avoir donner à lire l’essentiel des témoignages des rescapés (n° 196), ce second volume de la RHS consacré à l’Aktion Reinhardt tente de pallier cette carence en mettant à la disposition du public français près de 1 400 pages (en deux volumes) pour, de nombreuses études historiques rédigées pour la plupart par des spécialistes étrangers sur la plus grande entreprise de « fabrication de cadavres » jamais conçue par l’espèce humaine contre une partie d’elle-même. Pas un massacre de plus, mais une rupture anthropologique dont l’Aktion Reinhardt marque l’épicentre. Ce dossier explore différents aspects de et autour de l’Aktion Reinhardt : l’étude du camp de concentration/extermination de Majdanek qui fut le théâtre, les 3 et 4 novembre 1943, de la tuerie qui clôtura l’Aktion Reinhardt ; l’analyse des camps de travaux forcés, tel celui de Poniatowa, qui constituèrent le volet économique de l’Aktion Reinhardt ; une étude sur les rapports d’enquête soviétiques en Galicie (1944-1945) ; une analyse du parcours de quelques-uns des assassins, tels Joseph Oberhauser et Ernst Zierke, figures peu connues de l’Aktion Reinhardt mises en lumière grâce aux magistrats ouest-allemands qui « auront davantage travaillé pour l’histoire que pour la justice » ; une étude du parcours des quelques 4 750 auxiliaires (les Wachmänner), formés pour la plupart au camp de Trawniki, près de Lublin, sur lesquels s’appuyèrent les responsables de l’Aktion Reinhardt. Ce volume aborde aussi la question des fractures de mémoire entre Juifs et Polonais. La reconnaissance de plusieurs milliers de Justes en Pologne n’empêche pas la réalité d’un antisémitisme polonais violent et enraciné qui se montra l’allié objectif du désastre – désastre qui ne saurait gommer le fait que la nation polonaise fut, dans un autre registre, martyrisée par l’Allemagne nazie. Ce second volume consacré à l’Aktion Reinhardt se penche enfin sur les mécanismes du meurtre de masse, enchevêtrement de crime d’État, d’entreprise bureaucratique et d’assassinats de voisins. Il met en exergue l’itinéraire de ces gens aux existences médiocres, transfigurés en assassins de masse par les circonstances exceptionnelles, le conformisme du groupe, la grégarité ordinaire des comportements et un endoctrinement idéologique de longue haleine. Car les assassins de l’Aktion Reinhardt furent aussi ce réceptacle conscient et volontaire de passions idéologiques. Celles-là même qui nous enseignent que les mots d’aujourd’hui conditionnent les meurtres de demain.
 
 
N° 10 Anna M. KEMPINSKI BOROWICZ, Dictionnaire de la période du nazisme. Des signes précurseurs à la Shoah (1918-1945), Didier Devillez Editeur – Institut d’Etudes du Judaïsme, Bruxelles, 2012.
La Shoah : encore un ouvrage sur ce sujet inépuisable et inépuisé, un sujet difficile que certains veulent creuser pour essayer de le connaître mieux et, peut-être, de le comprendre et que d’autres fuient en le prétendant rébarbatif et trop souvent traité, alors que, en la matière, domine surtout la peur. La peur de l’inconnu et de l’incompris, la crainte inconsciente de voir son regard sur le monde et ses valeurs perturbés, et son confort intérieur, bercé jusque-là par l’ignorance, secoué, bouleversé, voire anéanti. Le présent ouvrage n’est ni l’histoire d’une vie, ni un récit de souvenirs. C’est un dictionnaire qui conjugue des dimensions linguistiques, terminologiques et encyclopédiques. Il permet de retrouver rapidement les notions allemandes – le plus souvent des euphémismes – utilisées dans les documents propres à la période de la monté du nazisme et de la Seconde Guerre, à la conception de la ghettoïsation des Juifs de Pologne et de toute l’Europe puis de leur déportation, enfin de la Solution Finale. Le lecteur trouvera également les expressions spécifiques au langage des ghettos, des camps de concentration et des centres d’extermination, ainsi qu’un certain nombre de définitions des institutions allemandes dans le Grand Reich et, ensuite, dans le Gouvernement général, dans le Warthegau et dans les Commissariats du Reich. Il découvrira également un certain nombre de noms de responsables et d’exécuteurs nazis. Cet ouvrage est un outil de travail à la disposition de tous, qu’ils soient chercheurs, étudiants, élèves ou simplement des personnes intéressées par le sujet, bien que beaucoup de lecteurs se réfèrent aujourd’hui à l’Internet lequel offre une infinité de possibilités de trouver presque toutes les informations recherchées. Cependant, l’Internet ne décrypte pas les termes particuliers, les abréviations, et les emprunts à des langues différentes, qui, de ce fait, sont souvent mal traduits, approximatifs ou carrément erronés. Ce livre n’est pas exhaustif et il ne constitue qu’une modeste contribution à la grande œuvre des historiens de la Shoah. Il a pour but de faciliter les recherches terminologiques et encyclopédiques qui s’y trouvent attachées.
L’ignorance est la porte entr’ouverte vers un nouvel enfer – a dit un jour Simon Wiesenthal, rescapé du camp de Janowski et fondateur du Centre portant son nom, un centre voué à la recherche des criminels de guerre, et dirigé par le plus acharné des chasseurs d’anciens nazis.
La connaissance ouvre la porte à la réflexion, à la recherche d’une vérité relative aux conditions de l’époque, à l’imagination qui doit être éveillée. Elle conduit à la justice, libère de la haine, permet de transmettre la mémoire et, surtout, de continuer à vivre – a dit un jour Michael Kempinski, rescapé « cobaye » du camp de Gross Rosen, mon père, sauveur juif des enfants juifs du ghetto de Bialystok.
Née en Pologne en 1949, à Lodz, Anna Kempinski quitte, sans sa famille, son pays natal en 1968. Romaniste de l’Université de Varsovie, elle poursuit ses études à l’Université libre de Bruxelles en Philologie et Histoire orientales et slaves. En 1972, elle devient agrégée de l’enseignement secondaire supérieur. Anna Kempinski est également traductrice. Marquée par les récits de ses parents, elle s’oriente alors vers la recherche sur l’histoire de la Shoah, à laquelle elle se voue. Grâce à sa sensibilité, elle amène de nombreux rescapés juifs et non juifs à lui confier leur vécu, même dans leur dimension intime. Liée à partir de 1973 à l’Institut d’Etudes du Judaïsme Martin Buber, elle y mène des recherches sur l’histoire du théâtre yiddish, puis sur l’extrême droite néo-nazie belge et ses ramifications européennes et mondiales. Elle finit par transposer ses recherches sur la Shoah en enseignement destiné principalement aux professeurs du cycle secondaire supérieur.
 
Dictionnaire de la période du nazisme. Des signes précurseurs à la Shoah
D’Anna M. Kempinski Boprowicz – Editions Devillez et Institut d’Etudes du Judaïsme
334 pages – 45 euros – ISBN 978-2-873-96125-1
 
Quatre petits bouts de pain : Des ténèbres à la joie
Ce livre est une méditation, non sur la mort, mais sur la vie. Ce n'est pas un témoignage sur l'expérience de la Shoah comme expérience de la mort, mais un appel à la vie. Un matin, à Auschwitz, une femme mourante demande à Magda Hollander-Lafon d'approcher et lui dit de prendre dans sa main les quatre petits bouts de pain qu'elle a gardés mais qu'elle ne peut plus manger : 'tu es jeune, tu dois vivre ', lui dit-elle. Cette phrase a fait renaître Magda, jeune adolescente, plongée dans un enfer qui la happait. D'autres moments de grâce se produiront, symboliquement, avec l'eau, les nuages et un sourire. Ce furent chaque fois des renaissances physiques et spirituelles. De ces instants, qui sont autant de dons, elle livre aujourd'hui un témoignage spirituel d'une magnifique intensité. Il s'adresse à chacun : c'est une invitation à emprunter un chemin de pacification intérieure, de responsabilisation, un chemin vers sa vie. Un chemin qui, n'ignorant rien des ténèbres et de la peur, guide vers la lumière et vers la joie, cette 'joie de vivre, qui est le ciel sur la terre. '
 
Magda Hollander-Lafon est née dans une famille juive. Déportée à l’âge de seize ans à Auschwitz-Birkenau où toute sa famille a péri, Magda Hollander-Lafon a connu les ténèbres les plus sombres. Mais au coeur de l’horreur, elle a rencontré aussi la bonté . Celle, par exemple, de cette femme qui, en mourant, ouvre la main pour lui offrir quatre petits bouts de pain. Rescapée de la Shoah, elle est recueillie en Belgique à son retour des camps. Elle devient psychologue pour enfants, rencontre à cette époque la foi chrétienne et se définit aujourd’hui comme juive baptisée. Elle intervient auprès des jeunes pour témoigner, mais aussi parfois pour les accompagner intérieurement.
 
 
Les fidélités successives
et, chez le même éditeur,
 
"Champion du double jeu, j'en suis à ne plus savoir qui j'étais, ni quelle vie était véritablement la mienne" : un aveu qui résume le sujet d'un livre ayant pour toile de fond le Paris de la Collaboration. Anglais et Français, résistant et collaborateur, traître et héros, vivant et mort, Guillaume Berkeley, animé par des "fidélités successives", a revendiqué, à un moment ou à un autre de sa vie, chacune de ces identités.
Aucun personnage n'est réellement ce qu'il prétend être. L'intrigue tourne autour de trois personnages - Guillaume, son frère Victor, et Pauline, leur demie sœur dont ils sont tous deux amoureux - mais permet aussi de croiser une foule d'acteurs, protagonistes plus ou moins fréquentables de cette France dans la guerre. Etudes de mœurs, roman historique, polar politique, Les fidélités successives est servi par une écriture limpide et fluide.
Intelligent, très documenté sans que cela pèse, jamais manichéen, à coup sûr un des événements de cette rentrée littéraire.
 
Nicolas d'Estienne d'Orves est critique musical au Figaro et à Classica, chroniqueur au Figaroscope. Auteur de nombreux livres - romans, essais, recueils de nouvelles -, il a reçu le prix Rogier Nimier et le prix Jacques Bergier pour ses romans Othon et Fin de race. Les Orphelins du Mal, publié en 2007, a été traduit en 13 langues
 
 
L'Étoile jaune et le Croissant
Les Editions Gallimard nous offrent quelques très beaux livres:
 
Sur les 23000 Justes parmi les Nations, il n'y a pas un seul Arabe et pas un musulman de France ou du Maghreb. C'est étonnant quand on connaît les liens séculaires qui ont uni les deux communautés juive et musulmane. Alors, j'ai décidé de chercher. Pendant deux ans et demi, j'ai défriché des documents, suivi toutes les pistes possibles, tenté de recueillir des témoignages. On m'a souvent répété « mais les témoins sont morts aujourd'hui ». J'ai exhumé des archives, écouté des souvenirs, même imprécis, et retrouvé de vraies histoires : comme celle de cette infirmière juive ou celle du père de Philippe Bouvard qui ont échappé à la déportation grâce au fondateur de la Grande Mosquée de Paris, Kaddour Benghabrit. Cet homme a sauvé d'autres vies. `

Des anonymes ont également joué un rôle en donnant aux Juifs de faux certificats attestant qu’ils étaient de confession musulmane. La mère de Serge Klarsfeld en a bénéficié : « J'ai eu une mère “algérienne“ pendant quelques mois. Elle se faisait appeler madame Kader », m’a-t-il raconté. Et l'action du roi Mohammed V au Maroc durant l’Occupation ne lui vaudrait-elle pas le titre de Juste ?

« Celui qui écoute le témoin devient témoin à son tour. » J'avais toujours à l'esprit cette phrase d'Elie Wiesel. Je l'ai écrite plusieurs fois, et suis parti en quête de témoins pour ne pas rompre le fil ténu de la mémoire.
 
Mohamed Aissaoui a obtenu à l’Université de Nanterre une maîtrise en Sciences politiques et une maîtrise Administration économique et sociale.
Il a aussi été élève de l’Institut français de Presse.

Il est journaliste au Figaro depuis janvier 2001, spécialisé en littérature française et francophone au sein du supplément Le Figaro Littéraire.

Il écrit également des enquêtes sur le monde des lettres (suivi des prix littéraires, dossiers sur l’édition, sur les premiers romans, interviews d’éditeurs et portraits d’écrivains, décryptage de phénomènes éditoriaux). Il était auparavant chef de rubrique au service « Économie » où il s’occupait d’économie de la culture.

Mohamed Aissaoui tient une chronique hebdomadaire sur la littérature française et francophone dans l’émission « Tous les goûts sont dans la culture », sur Direct 8.
 
 
Némésis
En 1944, dans le quartier italien de Newark, sévit la poliomyélite, cette maladie qui tue les enfants ou les paralyse. Bucky Cantor, un professeur de gymnastique juif, va prendre sur lui la responsabilité du mal. En effet, pour suivre sa fiancée, il a abandonné ses élèves malades, puis découvert qu'il avait lui-même contracté la polio. Le récit d'un homme rongé par la culpabilité et le remords.
Situé dans les environs de Newark, à l'époque où éclate une terrible épidémie de polio, Némésis décrit avec précision l'impact des circonstances sur nos vies.

Pendant l'été 1944, Bucky Cantor, un jeune homme de vingt-trois ans, vigoureux, doté d'un grand sens du devoir, anime et dirige un terrain de jeu. Lanceur de javelot, haltérophile, il a honte de ne pas avoir pris part à la guerre aux côtés de ses contemporains en raison de sa mauvaise vue. Tandis que la maladie provoque des ravages parmi les enfants qui jouent sur le terrain, Roth nous fait sentir chaque parcelle d'émotion que peut susciter une telle calamité : peur, panique, colère, perplexité, souffrance et peine.

Des rues de Newark au camp de vacances rudimentaire, haut dans les Poconos, Némésis dépeint avec tendresse le sort réservé aux enfants, le glissement de Cantor dans la tragédie personnelle et les effets terribles que produit une épidémie de polio sur la vie d'une communauté de Newark, étroitement organisée autour de la famille.

Petit-fils d’immigrés juifs originaires de Galicie arrivés aux États-Unis au tournant du XXe siècle, fils d'un modeste agent d'assurances chez Metropolitan Life, Philip Roth grandit dans la banlieue de New York, avant d'obtenir le succès dès son premier ouvrage, Goodbye, Columbus (National book Award 1960).

Il crée le scandale avec Portnoy et son complexe, longue confession de son héros, aux prises avec sa judéité et ses pulsions sexuelles. Le personnage réapparaît dans nombre de ses œuvres, L'Ecrivain des ombres (1979), La Leçon d'anatomie (1983) et La Contrevie (1989), romans sur l'impuissance et la frustration.

Sarcastique et lucide, Philip Roth ressasse les mêmes thèmes, le sexe, les juifs, l'autofiction, et sa psychanalyse. Dans sa trilogie américaine (Pastorale américaine en 1997, J'ai épousé un communiste en 1998 et La Tache en 2000), il opère une démythification de l'American dream, et fustige le politiquement correct ambiant. Il aborde la révolution sexuelle des années 1960 dans La bête qui meurt (2001).

En 2006, il publie Everyman (Un homme), qui est suivi d'Indignation (2008).
 
 
Une question d'orgueil
Qu'est-ce qui pousse un homme à trahir son pays ? Ou plus précisément : qu'est-ce qui pousse un haut fonctionnaire français, doté de responsabilités à la Défense et à l'Otan, à transmettre régulièrement des documents secrets à ses officiers traitants du KGB à Paris pendant la guerre froide alors qu'il est anticommuniste, catholique pratiquant, partisan de l'Algérie française ? Ni l'argent ni l'idéologie. Quoi alors ? Obsédé par les mécanismes à l'oeuvre dans ce retournement, un écrivain se lance sur les traces de Georges Pâques, "le Kim Philby français", un homme qui pendant vingt ans joua double jeu.
Tout est vrai dans ce septième roman de Pierre Assouline, conçu dans le même esprit que Lutetia.
Ecrivain et journaliste, Pierre Assouline est l'auteur d'une vingtaine de livres, notamment des biographies (Le dernier des Camondo) et des romans (La cliente).
 
L'herbe des nuits
« Jean… Qu’est-ce que tu dirais si j’avais fait quelque chose de grave ? » J’avoue que cette question ne m’avait pas alarmé. Peut-être à cause du ton détaché qu’elle avait pris, comme on cite les paroles d’une chanson ou les vers d’un poème. Et à cause de ce : « Jean… Qu’est ce que tu dirais… » c’était justement un vers qui m’était revenu à la mémoire : « … Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? » « Qu’est-ce que tu dirais si j’avais tué quelqu’un ? » J’ai cru qu’elle plaisantait ou qu’elle m’avait posé cette question à cause des romans policiers qu’elle avait l’habitude de lire. C’était d’ailleurs sa seule lecture. Peut-être que dans l’un de ces romans une femme posait la même question à son fiancé. « Ce que je dirais ? Rien ». Mêlé de près à une affaire criminelle au début des années 1960, Jean, le narrateur de L’Herbe des nuits, tente de mettre au clair les circonstances qui l’ont conduit à fréquenter la bande de L’Unic Hôtel à Montparnasse et une certaine Dannie dont il était alors amoureux. En recoupant ses souvenirs avec les pièces d’un dossier de la brigade des moeurs, il rouvre une enquête classée sans suite, dont il est vraisemblablement le dernier témoin.
 
Patrick Modiano est un écrivain français. né d'un père juif italien (Albert Modiano) et d'une mère belge flamande, débarquée à Paris en 1942 pour tenter sa chance comme comédienne.

Il fait ses études à l'école du Montcel à Jouy-en-Josas, au collège Saint-Joseph de Thônes (Haute-Savoie), puis au lycée Henri-IV à Paris. Ayant pour professeur particulier de géométrie Raymond Queneau, un ami de sa mère qu'il rencontre alors qu'il a quinze ans, il décroche son baccalauréat à Annecy, mais n'entreprend pas d'études supérieures.

Sa rencontre avec l'auteur de Zazie dans le métro est cruciale. Introduit par lui dans le monde littéraire, Patrick Modiano a l'occasion de participer à des cocktails donnés par les éditions Gallimard. Il y publiera son premier roman en 1967, La Place de l'Étoile, après en avoir fait relire le manuscrit à Raymond Queneau. À partir de cette année, il ne fait plus qu'écrire
 
 
Fugues
Ce volume est la suite logique de La Guerre du Goût (1994), d'Éloge de l'infini (2001) et de Discours Parfait (2010). Jamais trois sans quatre. Une fugue, je n'apprends rien au lecteur, est une composition musicale qui donne l'impression d'une fuite et d'une poursuite par l'entrée successive des voix et la reprise d'un même thème, et qui comprend différentes parties : l'exposition, le développement, la strette.
La strette, comme on sait, est la partie d'une fugue précédant la conclusion, où les entrées du thème se multiplient et se chevauchent. Les thèmes sont ici multiples, mais, en réalité, il n'y en a qu'un : la formulation comme passion dominante. Le mot "fugue" a aussi un autre sens, toujours musical : les enfants rebelles font souvent des fugues dans la nature. Il ne leur arrive pas forcément malheur.
Il est vrai qu'ils ne deviennent pas universitaires ou membres des institutions académiques. Leur tempérament est foncièrement anarchiste. Leurs choix sont variés, mais tendent tous à la liberté.
 
Philippe Sollers est né à Bordeaux. Il fonde, en 1960, la revue et la collection « Tel quel » ; puis, en 1983, la revue et la collection « L'Infini ». Il a notamment publié les romans et les essais suivants : Paradis, Femmes, Portrait du Joueur, La Fête à Venise, Le Secret, La Guerre du Goût, Le Cavalier du Louvre, Casanova l'admirable, Studio, Passion fixe, Éloge de l'infini, Mystérieux Mozart, L'Étoile des amants, Dictionnaire amoureux de Venise, Une vie divine, Guerres secrètes, Un vrai roman - Mémoires, Les voyageurs du Temps, Discours Parfait, Trésor d'Amour, L'Eclairice
 
 
Rue Darwin
Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt à Alger, où il a vécu son adolescence. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu. Son passé est dominé par la figure de Lalla Sadia, dite Djéda, sa toute-puissante grand-mère adoptive, qui a fait fortune installée dans son fief villageois, fortune dont le point de départ fut le florissant bordel jouxtant la maison familiale.
Né en 1949, Yazid a été aussitôt enlevé à sa mère prostituée, elle-même expédiée à Alger. Il passe une enfance radieuse au village, dans ce phalanstère grouillant d’enfants. Mais quand il atteint ses huit ans, sa mère parvient à l’arracher à l’emprise de la grand-mère maquerelle. C’est ainsi qu’il débarque rue Darwin, dans une famille inconnue. Il fait la connaissance de sa petite soeur Souad. D’autres frères et soeurs vont arriver par la suite, qui connaîtront des destins très divers.
La guerre d’indépendance arrive, et à Alger le jeune Yazid y participe comme tant d’autres gosses, notamment en portant des messages. C’est une période tourmentée et indéchiffrable, qui va conduire ses frères et soeurs à émigrer. Ils ne pourront plus rentrer en Algérie (les garçons parce qu’ils n’ont pas fait leur service militaire, les filles parce qu’elles ont fait leurs études aux frais de l’État algérien).
Le roman raconte la diaspora familiale, mais aussi l’histoire bouleversante de Daoud, un enfant de la grande maison, le préféré de Djéda, dont Yazid retrouve un jour la trace à Paris. Encore une fois, Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur expliquant la difficulté d’avoir deux mères : c’est le cas de Yazid, mais aussi celui de tous les Algériens… Il décrit la corruption, le « grouillement de la misère », l’absence de perspectives, la tristesse générale, l’ennui… Rue Darwin est le récit d’une inguérissable douleur identitaire, génératrice d’un chaos politique et social.
 
Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d’Alger. Il a notamment publié aux Éditions Gallimard Le serment des barbares, prix du Premier roman et Prix Tropiques (collection blanche, 1999, Folio n° 3507), L’enfant fou de l’arbre creux (collection blanche, 2000, Folio n° 3641), Dis-moi le paradis (collection blanche, 2003), Harraga (collection blanche, 2005, Folio n° 4498), Le village de l’Allemand, Grand prix RTL-Lire, Grand prix SGDL du roman et Grand Prix de la Francophonie (collection blanche, 2008, Folio n° 4950.
 
 
Le bonheur conjugal
Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d'expositions, de voyages et de liberté, foudroyée.
Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d'écrire en secret un livre qui racontera l'enfer de son couple. Un travail d'auto-analyse qui l'aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l'atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari.
Qu'est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution ? Souvent rien d'autre qu'une façade, une illusion entretenue par lâcheté ou respect des convenances. C'est ce que raconte ce roman en confrontant deux versants d'une même histoire.
 
Tahar Ben Jelloun est un écrivain et poète marocain de langue française, né à Fès
 
 
Algérie Aimée : Mes souvenirs et 222 recettes de là-bas
Des souvenirs d'enfance et d'adolescence intimes, émouvants et drôles, recréent l'atmosphère de cette Algérie perdue mais jamais oubliée. Ils décrivent les traditions et la vie quotidienne des juifs de ce pays, en harmonie avec la nature et la succession des saisons. 222 recettes proposent au lecteur une cuisine saine et conviviale, riche en couleurs et en saveurs, unique en Afrique du Nord, une cuisine originale et méconnue, à découvrir de toute urgence !
 
Après avoir quitté son Algérie natale fin juin 1962, Léone Jaffin a mené une carrière universitaire aux Etats-Unis avant de travailler dans la production de films à Paris. Grande voyageuse, elle est l'auteur d'un livre sur Mary Meerson, la compagne d'Henri Langlois
 
Métamorphoses
"Je ne le reconnais pas, masqué par son sac à dos. C'est lui, le plus attendu, mon demi. Il m'entraîne aussitôt, tout en esquivant ma tentative d'embrassade. Je n'ai pas le droit de te prendre dans mes bras pour te dire ma joie de te voir vivant ? Inutile qu'on nous voie davantage ensemble. Le gérant du camping, c'est déjà beaucoup. Alban pose son sac à dos au pied d'un frêne, regard circulaire, ses bras se posent sur mes épaules, les attirent vers lui, deux baisers sonores sur chaque joue, comme les jours où je réussissais un examen, et il me tient serrée, comme il ne l'a jamais fait.
Je m'étais préparée à tout, depuis ce matin, à sa mort, à son indifférence, pas à sa tendresse. Mon cerveau s'efface de moi, vide d'intentions et de questions. Seuls mes bras vivent encore et entourent la taille d'Alban et l'écrasent et l'étouffent. Les doigts de mon demi quittent mes omoplates pour aller desserrer mes mains. Tu me coupes la respiration, grande soeur. Je ne suis pas venu ici pour mourir.
" Quand elle apprend que son demi-frère s'est converti à l'islam, Alix va tout faire pour montrer à leurs parents, à la DCRI, au monde entier et à son "demi" lui-même, qu'il s'agit là d'un malentendu à i l'échelle de la planète généré par une société qui multiplie les contresens et a sacrifié tous ses repères.
 
François Vallejo est né au Mans en 1960. Lauréat de nombreux prix littéraires, il est notamment l’auteur de Ouest, Groom, Le Voyage des grands hommes et Pirouettes dans les ténèbres, disponibles en Points.
 
 
La cougar chassait le slip léopard Le parcours d'une femme délaissée pour résister aux vicissitudes de la vie. Emeline Savoil, 49 ans, se découvre brutalement trahie et, malgré l'amour toujours latent, le couple qu'elle forme avec Robert se disloque peu à peu. Sa rencontre avec Jean-Charles, un jeune architecte, va bouleverser son quotidien.
 
Jean-Claude Romera, titulaire des palmes académiques, est un écrivain qualifié d'éclectique. Dans ses ouvrages il a traité des thèmes aussi dissemblables que l'humour, l'histoire, la psychologie.
 

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