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Moïse Rahmani

Au coin de l'ātre 2 (18 janvier 2013)

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Sur un fond de silence et de solitude, on perçoit le bruissement de la mer. La ferme est seule en contrebas, plus seule encore que je ne l'imaginais d'après les lettres et les descriptions. Maintenant que je tiens Barnhill sous mes yeux, maintenant que je peux contempler ce paysage, cet océan, que je devine le jardin désormais abandonné, que j'aperçois des restes du verger, maintenant que je peux imaginer l'homme oscillant entre la main à plume et la main à charrue, entre la chambre où s'invente Big Brother et cette vie du dehors livrée aux éléments, à l'écart de l'Histoire, je ne vois pas davantage de raison majeure, de raison tout court qui l'emporterait, qui puisse justifier cette fugue, mis à part ce qui dépasse la raison, une pulsion profonde, une intériorité exigeante, radicale, propulsant assez loin de ce que l'on croit être soi, de la figure de soi que les circonstances ont façonnée, et de ce que l'on passe pour être au regard des autres
 
Jean-Pierre Martin est psychiatre de service public, chef de service d'un secteur du centre de Paris
 
L'autre vie d'Orwell
de Jean-Pierre Martin - Editions Gallimard
160 pages - 17,90 euros - ISBN 978-2-07-013867-8
 
et, chez le même éditeur
 
" Papa m'a demandé de l'aider à en finir. " Je me répète cette phrase, elle sonne bizarrement. Qu'est-ce qui ne colle pas ? " Papa " et " en finir " ? Fin 2008, à l'âge de 88 ans, le père d'Emmanuèle Bernheim est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout, aimant passionnément la vie, demande à sa fille de l'aider à mourir.
Comment accepter ? Et puis, " aider à mourir ", qu'est-ce que ça veut dire ? Avec Tout s'est bien passé, Emmanuèle Bernheim livre le récit haletant et bouleversant de cette impensable aventure, de cette course d'obstacles dramatique et parfois cocasse. Dix ans après son dernier roman, Emmanuèle Bernheim revient avec ce récit écrit pour la première fois à la première personne du singulier.
 
Emmanuèle Bernheim est l'auteur de cinq romans, parmi lesquels : Sa femme (prix Médicis), Vendredi noir et Stallone
 
Tout s'est bien passé
D'Emmanuel Bernheim
206 pages - 17,90 euros - ISBN 978-2-012434-2
 
comme
 
Chargée d'interviewer Françoise Giroud pour le magazine Elle, Alix de Saint-André était bien décidée à lui rentrer dans le chou. Cette figure tutélaire du journalisme, fondatrice de L'Express, et ancienne secrétaire d'État, chargée de la Condition féminine, promue grande conscience nationale, lui courait sur les nerfs. Mais elle tombe sur une vieille dame en pleine dépression qui lui fait du thé et la bouleverse.
Elle range son revolver. En ce mois de décembre 1987, quarante ans les séparent, elles n'ont pas deux idées en commun, mais elles aiment les mots, leur métier et les chats. Elles deviennent amies. Après la mort de Françoise, en janvier 2003, Alix envoie à sa fille, Caroline Eliacheff, psychanalyste et pédopsychiatre, une lettre de quatorze pages. Caroline lui répond par courrier électronique ; elles ne cesseront plus de s'écrire.
Car, très vite, une première biographie vitriole Françoise, et Alix a envie de ressortir son flingue. Signant Sherlock, elle entraîne alors Caroline Watson dans une grande enquête à la recherche de sa mère. Ce livre captivant, joyeux et de belle amitié raconte les aventures de nos deux détectives, et résout quelques-uns des vrais mystères de Françoise Giroud.
 
Née le 21 septembre 1916, Françoise Giroud fut secrétaire, script-girl, scénariste et assistant-réalisateur avant de devenir journaliste et de fonder L'Express avec Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1953. Après avoir été secrétaire d'État, chargée de la Condition féminine puis de la Culture, elle écrivit une trentaine de livres sans cesser de donner des chroniques aux journaux, jusqu'à sa mort, le 19 janvier 2003
 
Garde tes larmes pour plus tard
d'Alix de Saint-André
302 pages - 20 euros - ISBN 978-2-01-013914-9
 
et
 
La mafia naît sur les décombres du « régime féodal » mais c’est avec l’avènement de la démocratie et du capitalisme qu’elle connaîtra son essor. Elle s’enracine très tôt à Naples, en Sicile, en Calabre et doit sa prospérité à des « pactes scélérats » passés avec une fraction de l’élite politique et sociale – tel un pouvoir invisible qui va insidieusement corroder l’ordre social. Ce livre reconstitue dans la durée l’histoire de ces sociétés secrètes et de leur expansion à travers le continent européen.
Il visite leur berceau et en retrouve les premiers acteurs, aristocrates véreux, notables sans scrupules, fermiers parvenus, tueurs à la botte… Il interroge les accointances invisibles de ces « sectes criminelles » avec la démocratie naissante et les suit dans leur conquête de l’Amérique. Il révèle aussi l’échec du fascisme à éradiquer une plaie mafieuse qui a su se jouer de son pouvoir totalitaire.
Avec la Guerre froide, on découvre la mutation affairiste des réseaux mafieux et la complexité de leurs méthodes pour parasiter l’économie libérale. C’est l’époque de l’explosion du trafic de drogue, de l’essor des paradis fiscaux, des compromissions de la banque vaticane et des scandales immobiliers, où se côtoient boss criminels, hommes politiques, industriels et financiers. Avec la chute du Mur, de nouvelles nébuleuses criminelles vont se faire jour en Europe, qui utiliseront ce « modèle » pour conquérir de nouveaux territoires.
Le phénomène mafieux n’est pas consubstantiel à la démocratie, écrit Jacques de Saint-Victor, et pas davantage au capitalisme ; mais il est le mieux à même de tirer profit des insuffisances de l’une et de l’autre
Jacques de Saint-Victor est né en 1963. Avocat de formation et docteur en histoire du Droit, il est aujourd’hui professeur des Universités et enseigne à l’Université Paris VIII. Il est également professeur invité à l’université Rome III
 
Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratique XIXe-XXe siècle
de Jacques de Saint Victor
424 pages - 23,50 euros - ISBN  978-2-07-012322-3
 
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Si l’ouvrage de Simon Malkès se donne comme témoignage historique sur la condition juive dans une Vilnius placée sous le joug nazi, il veut encore et surtout mettre dans la lumière l’action de K. Plagge qui permit à de nombreux juifs d’échapper à l’extermination. Un être auquel Simon Malkès lie intimement son existence. Pour preuve : cette biographie reconstituée de Plagge qui fait suite au propre récit de vie de l’auteur, qui rend aujourd’hui un impérissable hommage à celui pour qui il obtint le titre de Juste parmi les nations en 2005.
 
Le Juste de la Wermacht
de Simon Malkès - Société des Ecrivains
140 pages - 12 euros - ISBN 978-2-7483-9597-6
 
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Bien qu’il se déroule sur quatre continents, c’est le thème de la mémoire, sa présence et sa persistance, qui lie ces nouvelles à travers l’espace et le temps. En Afrique du Sud, une femme, au soir de sa vie, enregistre ses souvenirs sur des cassettes que des voleurs tentent de s’approprier afin de découvrir le secret que son mari a emporté dans la tombe. Une orpheline quitte le Kansas pour aller vivre en Lituanie chez son grand-père où elle découvre que les mythes peuvent devenir réalité.
Une vieille femme qui a échappé à l’Holocauste se souvient de ses amies d’enfance d’un orphelinat juif de Hambourg. Un vieux paysan chinois conserve la mémoire de son village que la construction d’un barrage va faire disparaître sous les eaux. Cette mémoire, qui est la source du sens et de la cohérence dans chaque vie, est également le lien fragile qui nous relie aux autres. On peut reconnaître dans ce livre la marque des grands écrivains qui savent, sans effet ni artifice, atteindre à l’essentiel et à l’universel.
 
Couronné à plusieurs reprises par des prix importants, Anthony Doerr construit peu à peu une oeuvre inclassable et étonnante. Sélectionné par la revue Granta comme l’un des meilleurs jeunes auteurs écrivains américains, il a déjà publié chez Albin Michel : Le nom des coquillages (2003) et A propos de Grace (2006). Le mur de mémoire a été couronné par le Story Prize et par le Sunday Times Short Story Award, l’un des plus importants prix récompensant de nouvelles
 
Le mur de mémoire
d'Anthony Doer, traduit (anglais) par Valérie Mafoy - Editions Albin Michel
302 pages - 21,50 euros - ISBN 978-2-226-24681-3
 
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Ariane vit aujourd’hui à Paris. A quarante ans, elle va durant quelques jours revisiter toute une saison de sa vie : une époque où elle fut actrice, magnifique, magnifiée, désirable et libre d’amour à l’excès. C’était à Rome il y a vingt ans. Devenue analyste, une autre façon d’explorer les tumultes de l’âme, elle a donc accepté de revenir à la Villa M à l’occasion d’une soirée dédiée au cinéma et plus particulièrement au film dont elle fut l’héroïne.
Ainsi se prépare-t-elle à basculer dans les dédales d’une vie où elle fut invincible tant sa beauté générait fascination et passions, à affronter le regard de Jim son partenaire d’alors ou celui d’Adrien le metteur en scène de ce film inoubliable. Elle va se confronter aux jugements de ceux qui n’ont probablement jamais compris ou accepté qu’elle puisse renoncer sans aucune difficulté au pouvoir du cinéma.
Une soirée à Rome sur les lieux du tournage pour réunir les acteurs de cette oeuvre majeure, pour tenter de retrouver la mémoire ou l’empreinte d’une illusion, tel est à priori l’objet du voyage, mais quelques heures d’avion et la beauté des lieux éloignent déjà l’effet pervers de l’exercice. Autopsie des sentiments, émotions mises à l’épreuve du temps ? Rien de tout cela n’altérera réellement ce séjour.
Car aujourd’hui Ariane est d’une beauté accomplie, elle le constate dans le regard de Jim qui, lui, est revenu vivre à Rome pour y écrire un livre. Rien ne se rejouera entre ces deux là mais ces quelques jours romains vont néanmoins les emporter, les éloigner de cette effroyable toile d’araignée que peut être l’existence. Entre les murs de cette cité, la mémoire collective, celle que pensait consigner Jim dans son livre, perd soudain toute pesanteur et se mue au rythme de la rumeur des places et ruelles, et cette flagrante humanité en impérieux besoins de retenir l’instant.
Car les tonalités éblouissantes de la ville éternelle, la foule joyeuse des rues et des marchés, la proximité théâtrale de la plage d’Ostia se déploient et s’imposent sous leurs yeux avec une telle réalité, une telle intensité que le désir de s’y fondre soudain transcende toute mélancolie ou réminiscences existentielles. L’instant va alors reprendre le dessus tant il faut vivre pour pouvoir écrire, tant il faut saisir la vie pour savoir la dire.
Rien ne sera vain le temps de ce retour. Si ce n’est pour Adrien, metteur en scène d’une oeuvre ancienne, homme perdu à lui-même, amoureux de jeunesses aux visages d’héroïnes. Adrien, pauvre génie incapable de vivre, de saisir la beauté au-delà de la fiction. Vieil Adrien, croyant retrouver vingt ans après ses marionnettes, les pensant enfermées, sur le point d’incarner pour un soir les chaos de l’âme comme le faisaient si bien les acteurs de Resnais dans La vie est un roman.
Piètre Adrien, illusionniste abandonné par ses deux compagnons dansant cette fois sur une autre partition où seule la vie génère la création. Après une douzaine de livres, romans, essais sur l’art ou la musique, et poèmes, Philippe de La Genardière compose ici un livre solaire, somme de tous les autres comme seules peuvent y prétendre les oeuvres majeures. Interrogeant le territoire et la matière même du créateur, sa difficulté à saisir le réel au-delà de la fiction, il parvient à libérer ses personnages dans une ville incarnant l’esthétique et l’antique, la mémoire et la pensée, en les confrontant à la force du vivant.
Ecrit au vocatif, ce roman trouve un souffle tendant à l’universel. Philippe de la Genardière s’attache en poète à suivre la voie de la beauté, son émouvante emprise, celle de l’éternel féminin, celle des pierres et des jardins de Rome, celle de la Méditerranée ensoleillée. Ainsi se révèle ce livre d’enchantements où la traversée des apparences devient réalité tant elle côtoie la maturité de l’âme, tant elle emprunte les pas de la Dolce Vita, ceux de l’accomplissement et de la plénitude.
 
Philippe de la Genardière est né en 1949 à Salon-de-Provence. Après un séjour en Iran comme lecteur de français (1974-1976), il travaille dans l’édition et collabore à diverses revues (Digraphe, La Quinzaine littéraire), puis devient pensionnaire de la Villa Médicis de 1984 à 1986. Il est l’auteur de plus d’une douzaine de livres. Il a été couronné pour l’ensemble de son oeuvre et a reçu le Grand Prix Poncetton de la Société des Gens de Lettres à l’occasion de la publication de L’Année de l’éclipse (Sabine Wespieser, 2008).
Ont paru chez Actes Sud : Morbidezza (1994, Babel n° 569), Gazo (1996), Legs (Babel n° 223), Le Tombeau de Samson (1998), et Simples mortels (2003 ; Babel n° 759)
 
Roma / Roman
de Philippe de la Genardière - Editions Actes Sud
318 pages - 21,80 euros - ISBN 978-2-330-01427-8
 
et, chez le même éditeur
 
Ce texte s’enracine au coeur de l’onirisme, à la frontière du visible et de l’invisible, entre la mémoire, le rêve et le cri d’une femme ayant été enfermée dans le “Bâtiment de pierre”. Dans cette prison, cet enfer, grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants décrétés opposants au gouvernement turc sont morts sous la torture. Des militants politiques (de gauche en particulier), des intellectuels récalcitrants à la censure, des gosses des rues petits voleurs de misère, s’y sont trouvés pris au piège.
De ce monde de terreur véritable, la narratrice de ce récit est pourtant revenue. Mais elle ne survit qu’en apparence. Car depuis, le choeur des hommes et celui des ombres ne la quittent plus. Et sa voix, telle une étrange élégie, conte l’angoisse des nuits passées dans un espace toujours plus réduit par l’obscurité, la solitude, les sons de plus en plus identifiables, l’avancée de l’angoisse, l’imminence de la chute dans le plus effroyable des labyrinthes existentiels.
En ces lieux de vertige, la jeune femme va néanmoins croiser un ange, un homme qui au matin s’est éteint en lui laissant ses yeux : comme si la mort était un point d’éternité, toi tu es resté au beau milieu d’une phrase que l’aube n’a pas pu t’arracher. A la croisée de la culpabilité, de la conscience de l’avancée inexorable du temps, du désir de mémoire, de l’amour et de la douleur du souvenir, ce livre est un chant qui, malgré la dureté de son sujet, dégage une inconcevable et paradoxale douceur.
Comme toujours chez Erdogan, la langue possède cette qualité de pureté et de tranchant qui permet d’exprimer la conscience troublée et troublante d’une âme livrée à la sauvagerie de la torture mais qui s’en échappe pour planer telle une âme errante au-dessus des humains. Un texte qui s’étire et se déploie entre pureté, poésie et horreur du corps souffrant. Un texte rare sur l’un des non-dits de la vie turque.
 
Asli Erdo?gan a une quarantaine d'années. Elle vit à Istanbul où elle intervient dans le champ politique, notamment pour défendre les droits de l'homme. Physicienne de formation, elle a travaillé au Centre européen de recherches nucléaires de Genève ; elle se consacre désormais à l'écriture. Ses livres sont traduits dans de nombreux pays, en Europe comme aux Etats-Unis
 
comme
 
Souvenez-vous. On avait laissé Simon Sagalovitsch dans le vacarme des hélicos, preneur d’otages malgré lui à l’ambassade d’Israël à Paris. On le retrouve exfiltré à Tel Aviv, avec son inénarrable batave, la sémillante Monika from Vancouver, bien décidée à atteindre en français comme en surf le même (top) niveau qu’en extases sexuelles. Troisième et dernier opus des fort peu aventurières aventures de Simon Sagalovitsch, Un juif en cavale voit notre sombre héros flirter avec le sentiment d’appartenance, tâter du plaisir de vivre, taquiner le projet d’avenir, envisager la paternité et tutoyer la sagesse.
Mieux encore : entrer dans la vie active ! Et dans quelle branche ? “C’est bien simple, je connaissais deux choses dans la vie : le football et les différences de composition et de durée d’action d'anxiolytiques.. Le reste m’importait peu”. Voici donc Simon propulsé entraîneur d’une petite et néanmoins ambitieuse équipe de division d’honneur.
“Je vais assassiner mon personnage. Sinon je vais me retrouver à écrire Simon à Bagdad, Simon en Afghanistan”. Il l’avait promis dans les colonnes du Monde en 2011. Sois prévenu lecteur, Laurent Sagalovitsch tient parole. Mais pas avant un dernier round bravache et doux-amer où Simon le champion du monde de la mauvaise foi aborde les rivages de la maturité en se confrontant aux contradictions de la terre promise, qui valent bien les siennes.
Sagalovitsch prend un malin plaisir à nous réconcilier avec son adorable sale gosse aux obsessions rageuses, à nous faire rire encore de sa viscérale inadaptation au monde tel qu’il boite, peut-être pour mieux nous préparer à le pleurer.
 
Né en 1967, Laurent Sagalovitsch publie son oeuvre romanesque chez Actes Sud : Dade City (1996 ; Babel n° 1157) et La Canne de Virginia (1998 ; Babel n° 601). Avec Un juif en cavale, il clôt sa trilogie composée de Loin de quoi ? (2005 ; Babel n° 758) et de La Métaphysique du hors-jeu (2011)
 
Un juif en cavale
de Laurent Sagalovitsch -
224 pages -19,80 euros - ISBN : 978-2-330-01419-3
 
et
Au coeur de l’onirisme, à la frontière du visible et de l’invisible, entre mémoire, rêve et cris, une femme se souvient du Bâtiment de pierre. Dans cette prison, des militants politiques, des intellectuels récalcitrants à la censure, des gosses des rues – petits voleurs de misère – se retrouvaient pris au piège.
De ce monde de terreur véritable, la narratrice de ce récit est pourtant revenue et sa voix, en une étrange élégie, se fait l’écho d’un ange, un homme qui s’est éteint dans cette prison en lui laissant ses yeux.
Ce livre est un chant dont la partition poétique autorise le motif en lui donnant parfois une douceur paradoxalement inconcevable. Un texte rare sur l’un des non-dits de la vie en Turquie.
 
Aslı Erdogan a une quarantaine d’années. Elle vit à Istanbul où elle intervient dans le champ politique, notamment pour défendre les droits de l’homme. Physicienne de formation, elle a travaillé au Centre européen de recherches nucléaires de Genève ; elle se consacre désormais à l’écriture. Ses livres sont traduits dans de nombreux pays, en Europe comme aux Etats-Unis.
 
Le bâtiment de pierre
De Asli Erdoğan, traduit (turc) par Jean Descat
112 pages – 13,50 euros – ISBN 978-2-330-01522-0
 
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