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Moïse Rahmani

Mars s'installe, le soleil revient (8 mars 2013)

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Paris, 1945. Dans la France libérée, les Juifs rescapés de la Shoah doivent faire face à des difficultés morales et matérielles qui semblent compromettre l’avenir du judaïsme en France. Contre toute attente, des écoles juives d’un genre nouveau ouvrent pourtant leurs portes dans la capitale.
Cette réforme de l’éducation juive prend sa source dans la Résistance. Dès 1940, un groupe de jeunes Juifs, membres de mouvements de jeunesse, lance un ambitieux plan de retour au judaïsme. Versés dans l’étude des textes de la tradition, ces résistants fondent alors une stratégie de « Résistance biblique » qui sera le point de départ d’un vaste mouvement de redéfinition de l’identité juive en France. Marginale à ses débuts, l’entreprise culminera dans les années 1960 avec la fondation d’un véritable courant intellectuel, l’école juive de Paris.
En plus de suivre l’aventure personnelle d’hommes et de femmes à la volonté exceptionnelle, cet ouvrage offre une plongée dans la fabrication in vivo d’une identité religieuse moderne et ouverte sur la cité, qui est parvenue à s’imposer à la Libération autour de Jacob Gordin et de l’école d’Orsay.
Sur la base de son analyse du rôle décisif de la Résistance dans les renaissances du judaïsme français après la Seconde Guerre mondiale, Johanna Lehr propose une périodisation nouvelle de l’histoire du judaïsme français.
 
Johanna Lehr est docteur en science politique de l’université Paris 1. La Thora dans la cité. L’émergence d’un nouveau judaïsme religieux après la Seconde Guerre mondiale est son premier livre, issu de sa thèse. Chercheur associé à l’association Yahad – In Unum, elle travaille aux côtés du père Desbois dans la recherche des fosses communes des Juifs et des Tsiganes fusillés par les nazis en Europe de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale.
 
La Thora dans la cité. L’émergence d'un nouveau judaïsme religieux après la Seconde Guerre mondiale
de Johanna Lehr - Editions Le Bord de l'Eau
256 pages - 20 euros - IBSN 978-2-35687-219-7
 
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Après la Shoah, la création de l’État d’Israël a été unanimement saluée comme la seule proposition, nouvelle voire révolutionnaire, permettant de mettre fin à la persécution du peuple juif, en lui donnant un territoire où se rassembler et se défendre. L’idée n’est pourtant pas exclusivement liée au sionisme politique, comme on le croit trop souvent, et ne date pas de l’après-guerre, mais du tournant du XIXe et du XXe siècle.
C’est en Russie, suite à la révolution d’Octobre, qu’eurent lieu les deux premières tentatives de territorialisation des Juifs dans le cadre d’une unité politique : au sud de l’Ukraine, en Crimée rurale, puis dans une région administrative autonome à l’extrême-est de l’Union soviétique, l’État juif du Birobidjan. Le baron Maurice de Hirsch, philanthrope d’origine allemande, fonda quant à lui des « colonies agricoles juives », pour répondre à l’exigence de peuplement d’un territoire argentin alors sous-occupé.
La redécouverte de ces expériences méconnues apporte un éclairage sur la situation actuelle des Juifs : ne peut-il y avoir une identité sans territoire, une identité dans et par l’exil ?
Un document sur les différentes tentatives de sédentarisation des Juifs au fil de l'histoire, à l'image du projet élaboré par le baron Maurice de Hirsch au XIXe siècle : il fonda des colonies agricoles juives, dans les provinces de la Pampa et d'Entre Rios en Argentine.
 
David Muhlmann, sociologue et psychanalyste, auteur d’un essai sur Rosa Luxembourg (« Réconcilier marxisme et démocratie »
 
Territoires de l'exil juif
de David Muhlmann - Editions Desclée de Brouwer
230 pages - 19 euros - ISBN 978-2-220-06495-6
 
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Ce livre, écrit par un non-Juif et dédié à tous les Juifs, est une tentative de bonne foi pour appréhender la singularité et les causes profondes de l'extraordinaire destin du peuple juif. S'appuyant sur une excellente connaissance des textes, des traditions et des événements qui ont fait et continuent de faire le judaïsme, l'auteur nous convie à un véritable survol, " ni trop haut, pour ne rien p
erdre d'essentiel, ni trop bas, pour ne pas s'égarer dans le non-significatif " de l'histoire de ce peuple, de Moïse au XXIe siècle. Mais ce n'est pas ici un livre d'histoire, mais plutôt un essai d'interprétation historique. L'auteur parvient ainsi à faire admirer et aimer Israël sans rien cacher de ses parts d'ombre. Ces pages captiveront tous ceux, savants ou non-savants, qui s'intéressent au peuple juif.
 
Ancien élève de l’Institut d’études Politiques de Paris et de l’école Nationale d’Administration, Jean-Pierre Villeneuve s’est reconverti dans la recherche et l’écriture après une carrière accomplie au ministère des Finances.
 
Israël, Israël... Essai sur le destin du peuple juif
de Jean-Pierre Villeneuve - Editions Thélès
374 pages - 22,90 euros - ISBN 978-2-303-00366-7
 
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À partir de juillet 1940 se déchaîne un antisémitisme français en grande part endogène. Loin d’être une éruption subite, il a été préparé par des décennies de formatage des esprits, en particulier dans les années de l’immédiat avant-guerre quand se banalise un discours de haine alors qu’une nouvelle guerre européenne menace à l’horizon. De Bucard à Doriot en politique. Jusqu’à Louis-Ferdinand Céline en littérature, sans doute le meilleur représentant sur trois générations d’un itinéraire français travaillé par une modernité urbaine, brutale, anxiogène, la hantise du déclin et le massacre de la Grande Guerre. Ce volume entend montrer les réseaux et les hommes qui vont pousser l’ansémitisme français à se faire le fourrier des exterminateurs allemands. De Darquier à l’officier Paul Sézille, premier responsable de l’IEQJ, de Paul Riche à Rebatet. Il montre la capillarité culturelle de l’antisémitisme, ce code social, cette lutte de classes dévoyée, comme il interroge les thèmes majeurs de sa propagande. Marginale ou lame de fond : l’antisémitisme français sous l’Occupation montre la force des passions collectives quand la peur, nourd’un imaginaire chrétien progressivement laïcisé, mêlée à la hantise du déclassement, ouvre la route de la violence. Le plus souvent par le biais d’une lente accoutumance à une mise à l’écart qui conforte le groupe et fait de chacun ce que Péguy nommait une « âme habituée ».
 
L’antisémitisme français sous l’Occupation
Collectif, dossier préparé par Georges Bensoussan - Revue d’Histoire de la Shoah
456 pages – 25 euros – ISBN 978-2-916966-07-6
 
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La forte minorité juive de la ville de Marseille au XIVe siècle, grand port de commerce et de guerre de la Provence angevine, est représentée dans les sources latines par une frange élargie de notables. Les élites juives urbaines marseillaises, seules tangibles dans la documentation, se composaient de dizaines de familles. Parmi elles, quelques figures émergent, tel le célèbre Bondavin de Draguignan, mort en 1361, ou encore Salomon de Bédarrides et son beau-frère Cregut Profach pour la seconde partie du siècle.

Le rayonnement intellectuel de la communauté juive marseillaise ne fait aucun doute. Des dizaines de médecins en étaient issus, ainsi que des talmudistes de renom, à l'instar d'Aaron de Camera, puis de Bonjuson Bondavin, familier de la reine Marie et du roi Martin Ier d'Aragon à la fin du siècle. Ces élites, qui investissaient dans le crédit, l'entreprise artisanale et commerciale — celle du corail en particulier —, ainsi que dans la terre et dans la pierre, cultivaient des liens avec leurs coreligionnaires de « Proventsa » et de Méditerranée occidentale — Catalogne, Baléares et Sardaigne. Leur commerce s'étendait jusqu'au Levant, voire au-delà : les chapelets de corail marseillais étaient prisés jusqu'en Chine et en Inde.
Ce livre, fruit de la thèse de doctorat de l'auteur, analyse les modalités de la pérennité de la communauté juive de Marseille, dont les élites se signalent, même après la Peste noire de 1348, par une grande confiance dans leur présent et leur avenir. Certes, affleurent quelques manifestations d'hostilité, symptomatiques de la conception négative du judaïsme en Occident chrétien. Mais, en dépit de leur infériorité juridique justifiée par leur condition d'infidèles, les citoyens juifs de Marseille faisaient partie intégrante de la « civitas ».
aQui plus est, les notables juifs trouvèrent dans le prêt à intérêt une technique de contact avec le patriciat urbain chrétien. L'« amicitia », l'accumulation patrimoniale, le choix du nom et de sa transmission sont autant de signes de l'élitisme d'une part, et du mimétisme avec la noblesse urbaine chrétienne d'autre part. Les efforts des rabbins pour maintenir le mur du rite entre juifs et chrétiens révèlent le comportement des élites juives
suffisamment sûres d'elles-mêmes pour ne pas craindre le rapprochement avec la société majoritaire et pour trouver le salut, non dans le repli sur soi, mais dans les échanges et la mobilité
 
Juliette Sibon est agrégée d'histoire et docteur en histoire médiévale, diplômée de l'université de Paris-X. Maître de conférences d'histoire médiévale à l'université d'Albi depuis 2007 et chercheur associé de la « Nouvelle Gallia Judaica », elle poursuit ses recherches sur les relations entre les communautés juives de Méditerranée occidentale — Provence, Catalogne, Baléares, Sardaigne — à partir des sources latines et hébraïques du XIVe siècle
 
Les Juifs de Marseille au XIVè siècle
De Juliette Sitbon – Editons Cerf
590 pages – 48 euros – ISBN 978-2-204-09056-8
 
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En avril 1882, à Tiszaeszlar, une petite bonne de 14 ans disparaît en revenant d’une course au village. Le même jour, une réunion à la synagogue rassemble des juifs venus de loin. Très vite, la rumeur enfle : les juifs ont enlevé et égorgé Eszter pour boire son sang. Soumis à des pressions, le fils adolescent du bedeau de la synagogue « avoue » : il aurait assisté au crime par le trou de la serrure. Un corps est bientôt retrouvé dans la rivière, qui porte les habits d’Eszter mais n’a pas la gorge tranchée. Le procès qui va se dérouler un an plus tard soulèvera les passions jusqu’en Amérique. Se fondant sur les comptes rendus du principal avocat de la défense et d’un journaliste, Gyula Krudy reconstitue cinquante ans après toute l’histoire dans sa complexité. En romancier balzacien, il réinvente tous les personnages avec une puissance d’évocation qui rend encore plus passionnant ce roman policier vrai dont l’enjeu va bien au-delà de la quête d’une vérité introuvable. Né en 1878 dans le nord-est de la Hongrie, mort en 1933 à Budapest, Gyula Krúdy est avec Sándor Márai l’un des grands de la littérature hongroise moderne. Romancier d’inspiration à la fois lyrique et réaliste, il fut aussi un homme engagé. Deux livres de lui figurent au catalogue Albin Michel : Le Compagnon de voyage (1991) et Le Prix des dames (1992). L’Affaire Eszter Solymosi parut en feuilleton dans un quotidien de Budapest en 1931 avant d’être édité la même année (et réédité en 1975 et en 2003).
 
Gyula Krúdy (1878)-1933) est l'un des plus importants écrivains de la littérature hongroise moderne
 
L’affaire Eszter Solymosi
De Gyula Krúdy, traduit (hongrois) par Catherine Fay - Editions Albin Michel
656 pages - 24 euros - ISBN 978-2-226-24826-8
 
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A travers cet ouvrage, l'auteur nous livre une vision novatrice de l'après-guerre et de la guerre froide. Il décrit un continent encore secoué par la violence, où de vastes segments de la population répugnaient encore à accepter que la guerre soit finie.
La Deuxième Guerre mondiale s'est officiellement achevée en mai 1945, mais son déchaînement de violence perdura des années. Après plus de 35 millions de morts et nombre de villes rasées, les institutions que nous considérons aujourd'hui comme acquises - police, médias, transports, gouvernements nationaux et pouvoirs locaux - étaient a reconstruire. Le taux de criminalité montait en flèche, les économies s`effondraient et la population européenne survivait au bord de la famine.
Dans ce livre au souffle épique, Keith Lowe décrit un continent secoué par la violence, où de vastes segments de la population répugnent encore à accepter que la guerre soit finie. Il met l'accent sur la morale pervertie et le désir insatiable de vengeance qui furent l'héritage de ce conflit. Il dresse, enfin, le tableau du nettoyage ethnique et des guerres civiles qui déchirèrent l'existence des gens ordinaires, de la mer Baltique à la mer Méditerranée, avant l'instauration chaotique d'un nouvel ordre mondial qui finit par apporter la stabilité à une génération brisée.
 
Keith Lowen né à Londres en 1970, est un auteur et un historien anglais.
 
 
L'Europe barbare. 1945-1950
de Keith Lowe, traduit (anglais) par Johan Frederik Hel Guedj - Editions Perrin
494 pages - 25 euros - ISBN 978-2-262-03776-5
 
Et, chez le même éditeur,
 
Au-delà des légendes manichéennes, cet ouvrage, fondé sur l'exploitation exhaustive d'archives nouvellement accessibles, est une véritable relecture de la période clé de la Libération. Se dessine alors une réalité moins héroïque où toutes les frontières sont brouillées et où apparaissent de surprenantes compromissions.
L'extraordinaire confusion qui a régné dans les deux mois qui séparent le débarquement en Normandie de la libération de Paris fut propice aux métamorphoses les plus invraisemblables, aux collusions les plus improbables. Ainsi ce centre de «résistance» formé de miliciens - dont les assassins de Georges Mandel -, de quelques «gestapistes», de truands et trafiquants qui ont amassé des fortunes dans les arcanes de la collaboration et cherchent à se reconvertir en prévision des jours nouveaux ; ou ces FFI et FTP gagnés par l'ambiance qui succombent à la tentation et adoptent des comportements de gangsters...
Au-delà des légendes manichéennes, cet ouvrage dessine une réalité où toutes les frontières sont brouillées, où apparaissent de surprenantes compromissions, d'impudents retournements de veste et de choquantes complicités.

L'histoire de la Libération ne fut pas celle que l'on enseigne depuis 70 ans, cette histoire officielle qui offre une image si rassurante d'un peuple de résistants, patriotes et héroïques, luttant contre une «poignée de misérables» et de criminels...
 
Jean- Marc Berlière, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne, a consacré de nombreux ouvrages à l'Occupation et à la Libération. Il est notamment l'auteur du très remarqué "Ainsi finissent les salauds".
Séquestrations et exécutions clandestines dans Pans libéré. François Le Goarant de Tromelin travaille depuis de longues années dans les archives sur la Milice et les mouvements de collaboration.
 
Liaisons dangereuses. Miliciens, truands, résistants. Paris 1944
de Jean-Marie Berlière et François le Goarant de Tromelin
384 pages - 23 euros - ISBN 978-2-262-03567-9
 
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Meurtri de ne pas avoir été élu Pirate de l'année, le capitaine pirate décide qu'il est grand temps de changer de carrière. A sa grande consternation, le loyal équipage se retrouve à mettre le cap sur Sainte-Hélène, une île sinistre, ou plutôt un caillou, à mille milles de tout, manquant cruellement d'avenantes demoiselles des tropiques. Mais l'arrivée de Napoléon Bonaparte à Sainte-Hélène perturbe le projet du capitaine de mener une vie paisible d'apiculteur. Cette petite île sera-t-elle assez vaste pour contenir deux des plus grands ego de l'Histoire ? Le capitaine pirate a-t-il enfin trouvé son maître ? Et lequel des deux a le plus beau chapeau ? Les Pirates ! dans : Une aventure avec Napoléon est un récit mêlant thés gargantuesques, réglementation urbaine, ambitions politiques éhontées et calmar géant au coeur brisé. Il n'y a pas beaucoup de jambons dans cet épisode
 
Écrivain anglais né à Londres en 1976, certaines rumeurs, loin d'être vérifiées, prétendent que Gideon Defoe serait le descendant de l'écrivain Daniel Defoe. L'intéressé, quant à lui, n'en est pas vraiment sûr. Alors même qu'il poursuit des études d'archéologie et d'anthropologie à l'université de Londres, le jeune homme n'a pas de but précis. Il devient serveur dans un bar et croit vivre le plus beau moment de sa vie le jour où l'interprète du Doctor Who, Tom Baker, lui commande un bock. En discutant avec des amis, il se décide à prendre des notes, gribouillant sur des bouts de papier les aventures de pirates déjantés. Mais tout s'enchaîne le jour où, pour impressionner une fille qui lui plaît bien, il se vante d'être romancier. Nous sommes en 2003, et voilà Gideon Defoe contraint d'écrire tout un livre. Ce qui n'aura, bien entendu, pas l'effet escompté. Reste quand même à l'écrivain improvisé un roman délicieusement inspiré des voyages de Charles Darwin, intitulé 'Les Pirates ! : Une aventure avec les savants' et le succès de librairie qui va avec. Et le cuir des héros de Gideon Defoe a l'air solide, puisqu'on retrouve le Capitaine et tous ses comparses en 2007 dans 'Les Pirates ! : Une aventure avec les baleines', et l'année suivante 'Les Pirates ! : Une aventure avec des communistes'. Gideon Defoe a réellement tracé sa voie et forgé des personnages qui prennent tranquillement leur place dans le champ littéraire. Aardman prépare d'ailleurs l'adaptation sur grand écran de la série.
 
Les Pirates ! dans Une aventure avec Napoléon
De Gideon Defoe, traduit (anglais) par Thierry Beauchamps - Editions Le Dilettante
224 pages - 17 euros - ISBN 978-2-84263-717-0
 
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