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Moïse Rahmani

Encore quelques livres pour avril (17 avril 2013)

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Entre la Haute-Loire et l’Ardèche, dans un pays de hauts plateaux appelé La Montagne, des milliers de juifs ont été accueillis, cachés et sauvés par la population durant la Seconde Guerre mondiale. Cette désobéissance civile et spirituelle, orchestrée par les pasteurs protestants et mise en œuvre par le peuple des hameaux, est un cas presque unique de sauvetage à l’échelle de tout un « pays ». Seule une localité des Pays-Bas a reçu de l’Institut Yad Vashem, comme le pays du Chambon, un diplôme d’honneur collectif.
La reconnaissance en France a été plus tardive (en 2004 par le président Chirac et Simone Veil). Mais un Musée est en préparation, financé par l’Europe, l’Etat, les régions concernées et des fondations, qui donnera enfin une visibilité nationale à ce lieu à l’histoire extraordinaire.
 
La montagne refuge. Accueil et sauvetage des Juifs autour de Chambon-sur-Lignon
dirigé par P. Cabanel, Ph. Joutard, J. Sémelin et A. Wieviorka - Ed. Albin Michel
396 pages - 25 euros - ISBN 978-2-226-24547-2
 
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n octobre 1939, Emmanuel Ringelblum, historien de formation, avait entrepris de rassembler systématiquement les documents touchant le sort des Juifs de Pologne et consitua autour de lui un groupe de bénévoles pour qui l'injonction à sa souvenir (Zokhar) était une forme élémentaire de résistance et qui se donna pour nom de code "Oyneg Shabes" : "Joie du sabbat", en yiddish.
Si Ringelblum et sa famille périrent en mars 1944, comme la majorité des quelque soixante membres de ce réseau — historiens, sociologues, économistes, éducateurs, écrivains, poètes, en sorte qu'aucun domaine de la vie ne soit ignoré —, le groupe réussit à travailler d'arrache-pied jusqu'au printemps 1943, pour écrire la chronique de la disparition de la communauté yiddish. Sentant l'imminence d'une fin proche, les archivistes réussirent à cacher des milliers de documents dans des bidons de lait ou des boîtes en fer-blanc avant de les enterrer.
Servi par un talent de conteur qui n'est pas sans rappeler celui des Disparus, cet ouvrage est sans conteste un des livres les plus importants sur la Shoah à côté de ceux de Hilberg et de Friedländer. Car au-delà de l'histoire magistrale d'une famille, d'un historien et d'un groupe, au-delà d'un tableau de la culture yiddish et de son inscription dans la culture polonaise et russe de l'époque, c'est véritablement l'histoire de l'Holocauste vécue par ses victimes contemporaines qu'offre ce livre.
Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie
Emmanuel Ringelblum et les archives d'Oyneg Shabes
de Samuel D. Kassow, traduit (anglais) de P.E. Dauzat, Editions Flammarion (Champs
608 pages - 12 euros - ISBN 978-2-0812-8050-2
 
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L’histoire de Simon Gronowski aurait dû être celle d’un enfant ordinaire dans une famille ordinaire. Mais il est juif. Le 17 mars 1943, il est arrêté par la Gestapo avec sa mère et sa sœur. Le 19 avril, déporté dans le tristement célèbre 20e convoi, il saute du train et s’échappe par miracle. Il a onze ans et demi. Sa mère et sa sœur disparaissent à Auschwitz.

L’histoire de Koenraad Tinel n’est pas moins tragique. Son père était un inconditionnel d’Hitler. Il disait à ses deux fils, frères ainés de Koen : « Moi, à votre place, j’irais ». Ils sont allés, ils ont porté l’uniforme et les armes des Waffen-SS, ils ont défendu les idéaux du Fuhrer et sont tombés pour lui.

Enfants de la guerre, Simon et Koen porteront longtemps le poids du passé. Jusqu’à ce que les événéments de la vie les placent l’un en face de l’autre, à près de 80 ans. De cette improbable rencontre naîtra une amitié indéfectibe dont cet ouvrage témoigne, véritable Plaidoyer pour l’humanité.

Mis en mots par Filip Rogiers et Simon Gronowski, en images par Koenraad Tinel et en perpective par David Van Reybrouck, ce récit à quatre mains se débarrasse de tout cliché pour cibler le cœur des hommes, au-delà de toute appartenance raciale, ethnique, religieuse ou idéologique.
 
 
Ni victime, ni coupable. Enfin libérés.
de S. Gronowski, K. Tinel et D. Van Reybrouck - Editions Renaissance du Livre
112 pages - 15,90 euros - ISBN 978-2-507-05105-1
 
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Elles se sont retrouvées au Paradis des mères juives. De quoi parlent-elles ? De leurs fils célèbres.
Un soir, une jeune femme, Rebecca, se retrouve au Paradis.
Elle y rencontre sept mères d'hommes célèbres : Freud, Proust, Einstein, Romain Gary, Albert Cohen, Woody Allen et les Marx Brothers. Elles ont un seul sujet de conversation : leurs fils singuliers et géniaux et beaucoup de points communs. Toutes sont aimantes, déterminées, possessives, exigeantes, paranoïaques, angoissées, angoissantes, insupportables et généreuses.
Sont-elles à l'origine du talent et de la personnalité de leurs illustres enfants ? Une certitude : sa vie durant, chacun d'eux a été plongé dans un bain d'amour maternel.
Et si les mères juives n'étaient pas qu'un mythe ? Mieux qu'un ouvrage de pesante érudition ce roman ironique et tendre apporte de subtiles réponses.
 
Natalie David-Weill a un Ph.D de littérature française et elle écrit des scénarios.
 
Les mères juives ne meurent jamais
de Natalie David-Weill - Editions Seuil Points
264 pages - 6,70 euros - ISBN 978-2-7578-3277-6
 
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Le jihad n'est pas tout l'islam, mais ce moteur au fondamentalisme islamique violent gagne du terrain sur l'ensemble du globe. Les jihadistes sont en guerre avec les puissances occidentales et Israël, ils combattent les pays musulmans qui sont sur la voie de la démocratie. On dit souvent que l'islamisme se nourrit de la tragédie du peuple palestinien. Cette assertion est contredite par l'histoire de l'islamisme radical, dont la rhétorique violemment antijuive a précédé la création de l'Etat hébreu. Le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, ami de Hitler et idéologue islamo-nationaliste ayant inspiré nombre de courants radicaux au Proche-Orient, a dès l'origine fait de l'antisémitisme la pierre angulaire de son édifice religieux et intellectuel. Son influence a croisé celle des Frères musulmans, dont le fondateur, Hassan al-Banna, a placé le jihad au coeur de sa vision politique d'un islam conquérant. Aujourd'hui, leurs idées sont plus vivantes que jamais. Des Frères musulmans au Hamas, du Hezbollah au réseau Al-Qaida et aux talibans. L'antisémitisme jihadiste n'est pas une réaction au sionisme ou à l'existence de l'Etat d'Israël. Pour l'islamiste radical, tout ce qui est juif est mal, et tout ce qui est mal est juif. Cette conviction profonde a motivé les terroristes qui ont détruit les tours du World Trade Center de New York ; elle motive les fondamentalistes musulmans partout dans le monde. En mettant en évidence l'impact du nazisme sur l'islamisme radical, Jihad et haine des juifs aide à mieux comprendre la nature des enjeux auxquels nous devons faire face.
 
Essayiste et politologue allemand, chercheur à l'Université hébraïque de Jérusalem et professeur à l'Université de Hambourg, Matthias Küntzel travaille depuis vingt ans sur l'antisémitisme et les conflits du Proche-Orient. Jihad et haine des juifs a été traduit en une dizaine de langues et reçu le prestigieux Independent Publisher Book Award (Etats Unis.
 
Jihad et haine des Juifs.
Le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorismes international
de Mathias Küntzel, traduit (anglais) par Cécile Brahy - L'Oeuvre Editions
240 pages - 20 euros - ISBN 978-2-35631-040-8
 
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l ne faut pas avoir peur des émotions collectives, ces formidables moteurs de l'histoire. Avec un véritable talent de conteurs, Anthony Rowley et Fabrice d'Almeida font revivre les grands événements à travers le vécu des contemporains, les puissants et les dirigeants, mais aussi les humbles et les anonymes. De la panique à Pompéi à l'hébétude du 11 septembre 2001, de la fièvre de la ruée vers l'or à l'angoisse des Londoniens secoués par les crimes de Jack l'Eventreur, de l'enthousiasme au moment de la chute du mur de Berlin à l'espoir suscité par l'élection de Barack Obama en 2008, voici vingt histoires de l'histoire qui rendent aux sentiments leur juste place.
Grâce à cette approche inédite, une image réaliste et savoureuse du passé surgit. Elle révèle la fabrique des sentiments collectifs, ce mécanisme par lequel les sociétés traversent les grandes mutations, les crises et les guerres, les révolutions scientifiques et les changements dans les moeurs.
 
Longtemps historien à Sciences Po Paris, Anthony Rowley a publié de nombreux ouvrages, notamment sur la gastronomie, comme Une histoire mondiale de la table.
Fabrice d'Almeida, professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris-II), est spécialiste de la propagande et du nazisme. Son dernier ouvrage paru est Ressources inhumaines, Les gardiens des camps de concentration et leurs loisirs. Ensemble, ils ont précédemment signé Et si on refaisait l'histoire  ?
 
Quand l'histoire nous prend par les sentiments
d'Anthony Rowley et Fabrice d'Almeida - Editions Odile Jacob
288 pages - 22,90 euros - ISBN 978-2-7381-2941-1
 
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Ce père que je n'ai pas eu, ce père que j'aurais pu aimer et qui aurait pu m'aimer m'offrait un privilège décisif, définitif : moi, au moins, je n'aurais jamais peur de le voir disparaître. Jamais peur d'en être privé, avantage de n'en avoir jamais joui. Jamais peur de le voir amoindri ou moribond. Avec lui, je n'aurais pas de ces soucis ordinaires que je connais pour les avoir vécus avec ma mère.
Ce mélange de compassion et d'exaspération, d'accablement et d'impuissance que l'on ressent face à quelqu'un quand il n'est plus lui-même. usqu'à l'impatience quand le corps est en retard sur l'esprit qui l'a déjà déserté
 
Michel Richard est journaliste.
 
Quelques corps parmi les morts
de Michel Richard - Editions Bayard
96 pages - 14 euros - ISBN 978-2-213-67236-2
 
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Les lobbyistes sont-ils à l'image de la caricature que l'on en fait ? Armés de leur carnet d'adresses, dans l'ombre des colonnes du Parlement, prêts à galvauder l'intérêt général pour le compte d'intérêts particuliers… Ou sont-ils au contraire les parties prenantes d’un processus complexe qui oeuvre au bénéfice de tous, en faisant remonter jusqu’aux responsables publics des informations essentielles ?
Lobbyistes professionnels, Marie-Laure Daridan et Aristide Luneau lèvent ici le voile sur la pratique de leur métier au contact du pouvoir. Ils analysent les jeux d’influence à partir de nombreux exemples tirés de l’actualité – loi Hadopi, gaz de schiste, loi sur les jeux en ligne, réforme du crédit à la consommation, taxe sur les parcs à thèmes, etc. – et offrent un regard inédit sur le lobbying à partir de leur expérience. Au-delà des mythes et des fantasmes, ils répondent sans complaisance aux nombreuses questions soulevées par ce métier : Qui sont vraiment les lobbyistes et comment influencent-ils les décisions publiques ? De quelle manière, avec quels outils et quelles méthodes s’expriment-ils dans le débat ? Combien coûte une action de lobbying ? Suffit-il d’un bon carnet d’adresses ? Peut-on être à la fois homme politique et lobbyiste ? Les entreprises sont-elles les seules à avoir recours à cette pratique ? Faut-il réglementer le lobbying pour moraliser la vie publique ?
Témoignage engagé sur l’utilité du lobbying et sa contribution positive à la définition de l’intérêt général, cet ouvrage apporte un éclairage indispensable pour bien comprendre la pratique de l’influence en démocratie.
 
Marie-Laure Daridan est responsable des relations institutionnelles d'un établissement public après avoir été consultante. Diplômé de Sciences-Po, elle a plus de dix années d'expérience dans le lobbying pour le compte de nombreuses entreprises, organisations professionnelles et associations dans des secteurs d'activité très variés.
Aristide Luneau est directeur d'un des premiers cabinets de lobbying à Paris et en Europe. Il est membre de l'Association Française des Conseils en Lobbying (AFCL). Diplômé de Sciences-Po, il a plus de dix années d’expérience dans le lobbying pour le compte de nombreuses entreprises, organisations professionnelles et associations dans des secteurs d’activité très variés
 
Lobbying. Les coulisses de l’influence en démocratie
De Marie Laure Daridan et Aristide Luneau – Editons Pearson
218 pages – 26 euros – ISBN 978-2-7440-6533-0
 
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Négocier avec les nazis pour sauver des centaines de vies, est-ce collaborer ?
Deux mois après son onzième anniversaire, le 9 juillet 1944, les portes du camp de concentration de Bergen-Belsen se ferment derrière Ladislaus Löb. Cinq mois plus tard, alors que la Seconde Guerre mondiale fait encore rage, il franchit la frontière de la Suisse neutre, hébété mais sain et sauf. Il n'est pas seul : il fait partie d'un groupe de 1 670 Juifs – hommes, femmes, enfants – venus de Hongrie, sauvés des nazis grâce à un marché exceptionnel conclu par un homme appelé Rezsö Kasztner – lui-même Juif hongrois – avec Adolf Eichmann, le maître d’œuvre de la Shoah.
Dix ans plus tard, Kasztner sera accusé de collaboration criminelle avec les SS. Au cours d’un procès retentissant, un juge estimera que Kasztner avait “vendu son âme au diable”.
Lorsqu’en 1958 la Cour suprême israélienne annulera la sentence, Kasztner n’est plus : quelques mois plus tôt, an mars 1957, il est tombé sous les balles d’un groupuscule de Juifs extrémistes.
Dans ce livre écrit d’une plume retenue, Ladislaus Löb offre un récit détaillé et émouvant de l’affaire Kasztner. Mal connu du public francophone, c’est pourtant l’un des épisodes les plus étonnants de l’histoire de la Shoah et une sombre histoire lui a secoué le jeune État d’Israël dans les années 1950. Pour les uns, Rezso Kasztner fut un collaborateur pour avoir tenté de négocier avec Eichmann le sauvetage de Juifs hongrois promis à la mort. Pour les autres, il fut un héros, devenu un martyr après son assassinat, à Tel-Aviv, en 1957.
L’auteur avait onze ans à l’époque. Il eut la chance de faire partie du “train Kasztner” qui permit à près de 1 700 autres Juifs de Budapest de rejoindre la Suisse en 1944. Son témoignage nous fait pénétrer au cœur d’une terrible question : pour sortir de l’enfer, avec qui négocier sinon avec le maître des lieux ?
Ladislaus Löb a également participé à l’extraordinaire documentaire de Gaylen Ross, Le juif qui négocia avec les nazis
 
L'affaire Kasztner. Témoignage d'un survivant. Le Juif qui négocia avec Eichmann
de Ladisaus Löb, traduiut (anglais) par Lydia Zaïd - André Versaille Editeur
304 pages - 22,90 euros - ISBN 978-2-874-95202-9
 
et, chez le même éditeur
 
 
Enthousiasmé par la perspective de participer à l’édification d’un Foyer national juif, Jacob Israël de Haan quitte sa Hollande natale en 1919 pour s’installer à Jérusalem.
Ce poète, romancier et juriste, qui traîne derrière lui un parfum de scandale, y renoue avec la foi ancestrale et se lie à la mouvance juive ultra-orthodoxe. Au point de s’en faire le porte-parole lorsque ce courant dissident entre en conflit avec la direction sioniste. Devenu la cible d’une haine implacable, il sera abattu, en pleine rue, en 1924.
En tant que correspondant du quotidien amstellodamois Algemeen Handelsblad, de Haan a laissé derrière lui près de 400 reportages rédigés sous forme de feuilletons quasi quotidiens de “choses vues” et de faits vécus en Terre Sainte, tant en milieu juif qu’arabe.
Ces échos, qui comprennent notamment des interviews des leaders nationalistes arabes de l’époque, constituent – dans l’esprit du précepte d’Albert Londres “porter la plume dans la plaie” – une chronique fascinante de la vie palestinienne au cours des années 1919-1924, et nous offrent une vue aussi pénétrante que personnelle des “travaux et des jours” de sa population composite à l’époque du mandat britannique.
Les commentaires, à l'occasion acerbes, y alternent avec des observations captivantes, une ironie parfois féroce avec des passages poignants. Notamment lorsqu’il décrit les mouvements arabes de protestation qui virent au pogrom sanglant ou quand il fait état de lettres le menaçant de mort.
Des reportages passionnants qui restituent admirablement le climat et l’ambiance de l’époque, et qui sont à mettre dans la lignée de ceux de Joseph Kessel ou d'Albert Londres.
Un ouvrage important pour tout qui s'intéresse à la genèse du contentieux israélo-palestinien.
Ces chroniques tiennent tout à la fois de l’article de presse et du journal intime. Elles restituent admirablement le climat et l’ambiance de l’époque.
 
De notre envoyé spécial à Jérusalem. Au coeur de la Palestine des années vingt
de Jacob Israël de Haan, sélectionné, traduit et annoté par Nathan Weinstock
272 pages - 19,90 euros - ISBN 978-2-874-95203-6
 
 
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En sortie internationale début avril, la Librairie Editrice Vaticane propose ici au public ce premier livre pour découvrir le nouveau pape à travers ses propres textes et paroles. Il balaye les thèmes les plus importants : attention aux plus pauvres, formation de l’homme, lecture de la Bible, justice sociale, éducation… Ces interventions récentes du cardinal Bergoglio sont présentées par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence Episcopale.
 
Seul l'amour nous sauvera
Jorge Mario Bergoglio - Pape François - Editions Parole et Silence et le Rocher
192 pages - 15 euros - ISBN 978-2-88918-188-9
 
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