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Moïse Rahmani

Recensions du 14 décembre 2013 - par Gisèle

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Le grand cabaret du Professeur Fabrikant
De Yirmi Pinkus, traduit (hébreu) par Laurence Senfrowicz, Editions Grasset
464 pages – 22 euros – ISBN 978-2-246-79004-4
 
Ce roman nous transporte, telle la troupe du Capitaine Fracasse, au long de cinquante années d'errances, dans des bourgades improbables et pouilleuses de Pologne et de Roumanie. Le professeur (l'est-il seulement ?) Markus Fabrikant, fils d'une riche famille bourgeoise, se met en tête d'éduquer les masses misérables juives à l'aide de « tableaux vivants » et de les initier à la « grande histoire » de l'humanité.
 Ses comédiennes, il les a recrutées, enfants, orphelines ou abandonnées, pour ne former qu'une seule famille, avec ses haines et ses complicités, ses mesquineries et ses solidarités. Un demi-siècle pendant lequel ces comédiennes ne se verront pas vieillir, non plus que leur public qui leur témoigne une adulation sans faille.
Récit picaresque, digne d'un scénario de cinéma, d'un road movie bourbeux et cahotant, qui conjugue l'humour, l'émotion, quand ce n'est pas la tragédie finale. L'auteur témoigne d'abord, ici, de son amour du théâtre populaire yiddish, qui jette là ses derniers feux avant de plonger dans l'ombre de l'extermination.
 
Né à Tel Aviv en 1966, Yirmi Pinkus est un auteur de comics, caricaturiste et illustrateur réputé. Le Grand cabaret du professeur Fabrikant, son premier roman, affiche dans son écriture la même précision cruelle du trait que dans son graphisme.
 
 
Et, chez le même éditeur
 
L’idée d’une tombe sans nom
De Sandrine Treiner
168 pages – 12 euros – ISBN 978-2-246-80686-8
 
1937 ou est-ce en 1938 ? Une jeune juive révolutionnaire, partie de Kichinev en Bessarabie disparaît en Ukraine dans les grandes purges staliniennes. Avant de disparaître, elle envoie aux siens un dernier message : 'Ne venez pas. Nous nous sommes trompés'. L'idée d'une tombe sans nom est l'histoire de son espoir immense, de son aveuglement tragique et de sa lucidité admirable pour finir. C'est l'histoire d'une émancipation précoce dans les années 1910 et 1920 à l'heure où quitter la religion, la famille, le ghetto, la ville pour construire le socialisme, de l'autre côté du fleuve, relève de l'aventure, de l'héroïsme.
Partie de rien ou presque, l'auteure, fascinée par un parcours singulier perdu dans la comptabilité implacable d'un désastre collectif, décide de réparer l'anonymat d'une disparition en écrivant tout ce qu'elle peut savoir de son héroïne. Parce que l'idée d'une tombe sans nom lui déplaît, elle s'obstine à inscrire le nom de Manya Schwartzman dans un livre. Mais que peut-on savoir de quelqu'un dont on ne sait rien ? La réponse passe par des recherches historiques, la lecture de quelques romans, le goût des cartes géographiques improbables, des territoires perdus, d'une mer qui n'a pas de noire que le nom. Elle passe aussi par des voyages en Moldavie, à Odessa, et jusqu'en Transnistie, ce pays qui n'existe pas. Pour Manya Schwartzman, la révolution n'a pas été qu'une idée, mais aussi une nécessité.
 
Directrice adjointe de France Culture, Sandrine Treiner se sert des mots pour redessiner le portrait d’une oubliée, Manya Schwartzman, dans L’idée d’une tombe sans nom (éd. Grasset). Un voyage au cœur de l’Histoire et du courage.
 
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L’an prochain à Grenade
De Gérard de Cortanze – Editions Albin Michel
432 pages – 22,50 euros – ISBN 978-2-226-25424-5
 
Grenade, 31 décembre 1066 : 5000 Juifs sont massacrés en une nuit par une foule musulmane en furie. Parmi les morts, Samuel Ibn Kaprun, chef des armées du vizir, premier ministre, receveur des impôts, pourvoyeur d'esclaves, grand poète et... Juif. Echappent à la tuerie, sa jeune fille Gâlâh et Halim, son amant musulman vite assassiné par les brigades intégristes. Mémoire vivante de son peuple, Gâlâh traverse les siècles. On la retrouve à Séville, à Lisbonne, à Oran, à Constantinople, à Venise, à Treblinka, à Sarajevo, à New-York, à Grenade à nouveau, bien des siècles plus tard, à Paris enfin, devant une école juive, un matin de septembre 2012, où l'attend un tueur prénommé Iblis, nom qui dans le Coran désigne le Diable. L'An prochain à Grenade est un roman d'amour, qui raconte l'idylle entre une jeune femme juive et un poète musulman. Un roman épique, où résonnent les guerres, les pogroms, les soulèvements populaires. Un roman littéraire, qui par son souffle, s'inscrit dans la lignée du Dernier des Justes et de la Mémoire d'Abraham. Un roman politique, car la nuit noire de 1066 résonne d'une façon étrangement actuelle. Un conte philosophique enfin, qui débouche sur une interrogation essentielle : pourquoi l'antisémitisme, pourquoi l'intolérance, pourquoi la haine ? Ce livre fort donne à lire une indispensable méditation sur l'extrême difficulté (impossibilité ?) à faire cohabiter les croyances religieuses, sur le désenchantement d'un monde où les mots de fraternité et de tolérance ont perdu tout sens. Quelle histoire, sinon celle subie par la jeune Gâlâh - mémoire vivante du peuple juif - résume à ce point la noirceur de l'humanité ?
 
Auteur de 70 livres traduits en 20 langues, Gérard de Cortanze a reçu le Prix Renaudot 2002 pour Assam. Après Frida Kahlo, la beauté terrible et Pierre Benoit, le romancier paradoxal, biographie qui a reçu trois prix littéraires, Gérard de Cortanze n'avait pas publié de roman depuis 2010.
 
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As-tu jamais rêvé que tu volais ?
D’Austin Ratner, traduit (anglais) par Edith Ochs – Editions Calmann-Lévy
336 pages – 19,90 euros – ISBN 978-2-7021-4422-0
 
Autriche, 1928. Un jeune homme de vingt-deux ans est injustement accusé du meurtre de son père. Il est la proie d’un système judiciaire gangrené par la corruption et la montée inexorable du nazisme. Albert Einstein et Thomas Mann se portent garants de sa personne. Sigmund Freud est appelé à la barre. La parodie de procès qui s’ensuit va ébranler l’Europe.
« As-tu jamais rêvé que tu volais ? » Bouffée d’espoir et d’onirisme dans un monde hostile et destructeur, ces mots sont ceux qu’adresse depuis sa geôle le jeune Philippe à sa fiancée alors que l’envie de mettre fin à ses jours le taraude. Plongé dans les ténèbres de l’iniquité, de la culpabilité et de la haine de soi, il échappe à la mort grâce à une mobilisation internationale.
La vie rejaillit alors plus puissante que jamais, et Philippe s’y accroche, déterminé à s’élancer vers la lumière, cette lumière qu’il emploiera comme d’autres utilisent un pinceau. Il trouvera asile en France, croisera la route de Gide, des surréalistes, avant de s’enfuir pour les États-Unis où l’attend un destin fabuleux – ses collaborations avec Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock ou Salvador Dalí sont entrées dans la mémoire collective. De cette force de rebond naîtra l’artiste : Philippe Halsman, photographe de génie, qui mettra son expérience personnelle au service de son art, en faisant sauter les plus grands de son temps.
Avec une précision psychologique et une finesse infinies, Austin Ratner nous immerge dans l’enfer personnel de Philippe Halsman. Mêlant la fiction et la littérature aux détails historiques et biographiques, As-tu jamais rêvé que tu volais ? rend un hommage vibrant à l’un des photographes les plus doués au monde.
 
Né dans l’Ohio, Austin Ratner a fait des études de médecine avant de se lancer dans l’écriture. Ses essais ont été publiés dans le New York Times Magazine et ses nouvelles ont été primées. As-tu jamais rêvé que tu volais ? est son premier roman : loué par la critique, il remporte en 2011 le prix Sami Rohr de la Littérature Juive.
 
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Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, en Argentine, Jorge Mario Bergoglio est le 266e pape de l'Eglise catholique depuis son élection le 13 mars 2013. Ordonné prêtre en 1969, membre de la Compagnie de Jésus (les jésuites), il a été recteur de la faculté de théologie et de philosophie de San Miguel, archevêque de Buenos Aires et cardinal. Il est l'auteur de nombreux ouvrages.
Le Pape François semble faire l’unanimité. Il est humble, souriant, ouvert, accessible, à l’écoute. Le Pape des pauvres. Un ami des Juifs de longue date. Il avait des contacts fréquents avec la Communauté israélite argentine et, comme Cardinal Jorge Bergolgio, a même écrit un livre avec son ami de vingt ans,  le rabbin masoreti Abraham Skorka, « Sobre el cielo y la tiera, » (Buenos Aires, 2010), traduit en français chez Robert Laffont en mai 2013 « Sur le ciel et la terre ». Je pense que ce Papa est de la même étoffe que Jean XXIII de mémoire bénie.
 
Les Editions Fidélité nous offrent sa Lettre encyclique, préfacée par Mgr Léonard,
 
La joie de l’Evangile, Evangelii gaudium
Traduit par les services du Vatican
206 pages – 10 euros – ISBN 978-2-87356-594-7
 
"La joie de l'Evangile remplit le coeur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l'isolement. Avec Jésus Christ, la joie naît et renaît toujours. Dans cette Exhortation, je désire m'adresser aux fidèles chrétiens pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l'Eglise dans les prochaines années." Avec près de 240 pages, c'est toute la feuille de route de l'Eglise que déroule pour nous le pape François.
Rien n'est tabou dans son propos : la nécessité de la transformation missionnaire de l'Eglise, la crise de l'engagement, la fin d'un monde, la nécessité de l'annonce par TOUS les chrétiens, l'enracinement spirituel de chacun et de tous, en paroisse comme en communauté, le dialogue avec les religions, l'attention aux plus pauvres et leur intégration dans la société : "De même que le commandement de "ne pas tuer" pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd'hui, nous devons dire "non à une économie de l'exclusion et de la disparité sociale".
Une telle économie tue. Il n'est pas possible que le fait qu'une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l'exclusion. " Pour témoigner de la présence du Christ au coeur du monde, le devoir des chrétiens est d'être des porteurs d'espérance et de joie partout où ils sont, et surtout au-delà des chapelles qu'ils pourraient être tentés de former afin de se rassurer ! Un texte fort, un nouveau signe de la présence intense du pape François sur tous les champs de la vie humaine.
 
Et
 
Une exhortation apostolique post-synodale, ave une introduction et une parcours synthétique de Mgr J.P. Delville, évêque de Liège :
 
La lumière de la foi, Lumen Fidei
Traduit par les services du Vatican
144 pages – 6 euros – ISBN 978-2-87356-576-3
 
Le pape François achève la trilogie commencée par Benoît XVI avec cette encyclique consacrée à la foi, assumant le travail de son prédécesseur qui avait entamé la rédaction du texte. Le pape François nous convie ici à accueillir la lumière de la foi. Mais pas une lumière qui expliquerait tout : Plutôt une lumière qui éclaire le chemin parfois compliqué des hommes. Une lumière qui accueille la révélation de l’amour de Dieu dans le Christ mort et ressuscité.
Une lumière qui se reçoit et se partage dans une communauté humaine vraie : l’Église. Une lumière qui ouvre à la vérité « tout entière » : celle de la vie du monde créé par Dieu, de l’homme qui y vit et y cherche sa route. Une lumière à destination non seulement de l’intelligence mais aussi, et même d’abord, à destination du cœur. Une lumière qui se propose et qui, si elle reçoit l’acquiescement de la foi, a la puissance de transformer profondément la vie des personnes et du monde en se soumettant à la loi de l’amour.
La lumière de la foi (Lumen Fidei) : Par cette expression, la tradition de l’Église a désigné le grand don apporté par Jésus, qui, dans l’Évangile de Jean, se présente ainsi : « Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jn 12, 46). Saint Paul aussi s’exprime en ces termes : « Le Dieu qui a dit ‘Que des ténèbres resplendisse la lumière’, est Celui qui a resplendi dans nos coeurs » (2 Co 4, 6).
Dans le monde païen, épris de lumière, s’était développé le culte au dieu Soleil, le Sol invictus, invoqué en son lever. Même si le soleil renaissait chaque jour, on comprenait bien qu’il était incapable d’irradier sa lumière sur l’existence de l’homme tout entière. En effet, le soleil n’éclaire pas tout le réel ; son rayon est incapable d’arriver jusqu’à l’ombre de la mort, là où l’oeil humain se ferme à sa lumière.
« S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ? »[1] demande le martyr saint Justin. Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, « dont les rayons donnent la vie ». À Marthe qui pleure la mort de son frère Lazare, Jésus dit : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11, 40).
Celui qui croit, voit ; il voit avec une lumière qui illumine tout le parcours de la route, parce qu’elle nous vient du Christ ressuscité, étoile du matin qui ne se couche pas.
 
Ces mêmes éditions publient également, avec les Editions Mame, avec le nihil obstat de Franck Janin, s.j. provincial
 
Le Grand ABC de la foi
De Charles Delhez
336 pages – 19,90 euros – ISBN 978-2-728-91695-5
 
Un dictionnaire amoureux de la foi chrétienne.
D’Absolu à Zacharie, les petits et les grands mots de la foi expliqués par Charles Delhez
"Si l'homme de la rue est peut-être un illettré en matière de christianisme, les chrétiens, eux, jargonnent abondamment. La foi chrétienne a accumulé tant de mots bien à elle qu'il y a de quoi se perdre ! J'ai essayé de privilégier ce que je perçois des attentes et du questionnement actuels. Et s'il faut donner à ce Grand ABC un genre littéraire, c'est un dictionnaire amoureux. N'hésitez pas à vous promener dans ces pages ! Elles sont riches de définitions, de réflexions complémentaires, de citations bibliques, théologiques, spirituelles, éthiques, littéraires.
Ouvrez l'ouvrage au hasard puis, à partir d'une entrée, allez vers les autres... Ce sera une manière aisée et ludique de découvrir la foi chrétienne". Charles Delhez (extraits de la préface)
 
Charles Delhez, jésuite, est aumônier de l'Université de Namur où il enseigne les sciences religieuses. Journaliste et chroniqueur, prédicateur aux messes télévisées (France 2, RTBF), il est également conférencier et animateur de retraite. Il a publié une quarantaine de livres pour adultes, jeunes et enfants dans lesquels il rend la foi chrétienne accessible à tous.
 
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Comment devient-on génocidaire ? Et si nous étions tous capables de massacrer nos voisins ?
De Damien Vandermeesch en collaboration avec Marc Schmitz – Editions Grip
160 pages – 14,90 euros – ISBN 978-2-87921-07-3
 
"Le barbare est celui qui ne s'oppose pas à la barbarie", disait Claude Lévi-Strauss. Au Rwanda, en ce sinistre printemps 1994, l'équation est certainement plus complexe pour celui qui se trouve au coeur de la tempête. Car résister, ce n'est pas seulement écouter sa conscience, faire preuve de courage, c'est aussi aller à contre-courant de certaines traditions, comme l'obéissance aux autorités. Quoi qu'il en soit, les paysans des collines sont nombreux à rejoindre le camp des tueurs...
Un an après les faits, c'est ce pays traumatisé aux tombes encore fraîches que découvre Damien Vandermeersch. Juge d'instruction, il s'est vu confier les "affaires Rwanda" en Belgique et vient enquêter sur place. Il écoute des victimes, interroge les bourreaux. La noirceur de l'âme humaine, il veut la comprendre, l'éclaircir... Qu'est-ce qui amène un citoyen "ordinaire" à vouloir exterminer son semblable ? Cette question le tourmente et l'a poussé à prendre la plume.
Avec l'idée de mettre à nu les grandes stratégies et logiques qui auront conduit au crime des crimes. Si la parole de centaines de Rwandais constitue le point de départ, l'auteur s'est aussi attelé à explorer le contexte historique, politique, voire sociologique de cette époque. Dans un langage vivant, imagé et accessible, il nous invite ainsi à découvrir les mille et une pièces d'un puzzle qui, une fois assemblées, expliquent pourquoi tant de Rwandais ont basculé...
Et nous, sommes-nous vraiment à l'abri de pareil cataclysme ?
 
Damien Vandermeersch est avocat général à la Cour de cassation et professeur à l'Université de Louvain et à l'Université Saint-Louis-Bruxelles
 
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Deux livres importants sur la psychanalyse édités par Campagne Première
 
Freud au Mexique
De Rubén Gallo, traduit (anglais) par Cécile Magné
298 pages – 28 euros – ISBN 978-2-915-789-92-8
 
Freud n'a jamais visité le Mexique, mais il l'a rêvé à travers un certain nombre de faits réels et imaginaires. Adolescent, il y communiquait secrètement en espagnol avec son meilleur camarade. Adulte, il a enrichi sa célèbre collection d'objets archéologiques mexicains ; il possédait aussi un traité de droit pénal écrit par un juge qui introduisit la psychanalyse dans la pratique juridique. De plus, son étude des sacrifices humains aztèques a influencé ses conceptions anthropologique et analytique de Totem et Tabou.
C'est ce Freud, imprégné de culture mexicaine, que Rubén Gallo révèle en retraçant la diffusion de la psychanalyse au Mexique. Il en montre la richesse de ses applications dans différents domaines : littéraire (Salvador Novo et Octavio Paz), artistique (Frida Kahlo et Diego Rivera), juridique (Ramón Mercader, l'assassin de Léon Trotski) et religieuse (ainsi Gregorio Lemercier, ce moine bénédictin qui a soumis tout son monastère à une cure analytique). Ces usages mexicains expriment à nouveau la vitalité et l'universalité de la théorie freudienne.
 
Rubén Gallo, docteur de Columbia University, est professeur de littérature latino-américaine à l'université de Princeton (États-Unis). Il est l'auteur de Mexican Modernity, essai sur les avant-gardes mexicaines ; Las Artes de la ciudad, sur l'art mexicain des années 1990. Il a dirigé l'anthologie Mexico : chroniques littéraires d'une mégalopole baroque (Autrement, 2008). La version anglaise de Freud au Mexique a obtenu le prix Gradiva du meilleur essai de psychanalyse en 2011.
 
Et
 
La psychanalyse en Palestine 1918-1948.
Aux origines du mouvement analytique israélien - De Guido Liebermann
324 pages – 27 euros – ISBN 978-2-915-789-53-9
 
Cet ouvrage retrace l'histoire du freudisme en Palestine avant la création de l'Etat d'Israël. Elle prend comme point de départ le passage entre les XIXe et XXe siècles, entre la douloureuse transition d'une Palestine ottomane rongée par les particularismes et les rivalités intercommunautaires, vers celle du Modernisme, prônée par les nouveaux maîtres du lieu, les Britanniques, installés dans le pays depuis la fin de 1917, et par les dirigeants sionistes chargés par le Gouvernement de sa Majesté de veiller à la création d'un foyer national pour les Juifs dans leur Terre ancestrale. C'est sur la toile de fond d'un antisémitisme croissant en Europe Orientale et Centrale depuis 1881, que des milliers de Juifs gagnés par les idées du sionisme naissant, décideront de partir en Palestine pour y ériger une patrie juive, laïque et socialiste, fondée sur les valeurs de la nouvelle culture et langue hébraïques, amenant dans leurs valises les écrits de Spinoza, Marx, Nietzsche, Buber et Freud.
Nous suivrons de près l'évolution des idées de Freud dans la presse culturelle hébraïque de Palestine, et focaliseront toute notre attention sur la place qu'elles occuperont dans les vifs débats qui agiteront les milieux intellectuels du pays, et notamment dans ceux se réclamant de la gauche sioniste, parmi lesquels comptent les jeunes dirigeants et pédagogues du mouvement Hashomer Hatza'ïr : ceux qui à la lumière des découvertes de la psychanalyse chercheront à forger dans leurs kibboutzim une éducation collective révolutionnaire, annonciatrice de l'avènement du nouveau Juif héroïque, libéré des « névroses de Ghetto » et de celles de la vie bourgeoise de la Diaspora.
Après avoir été nommé au conseil d'administration de l'Université hébraïque à Jérusalem en 1925, Freud fut salué par les tenants du Rationalisme juif comme l'un des « Génies » ou « Héros » intellectuels du Peuple juif, et considéré par les traditionalistes comme un « vieux juif malade d'assimilationisme » et dont son abominable science, exclue des salles de ce saint lieu universitaire, ne serait que le « retour du refoulé » symptomatique, de son propre judaïsme refoulé.
Nous accorderons donc une analyse détaillée à l’image que l'on se fit de Freud en Palestine, et aussi aux sentiments ambivalents et aux positions souvent fluctuantes de Freud face au sionisme, face à l'avenir des Juifs de Palestine, et face à la réception de son œuvre traduite dans cette « Langue sacrée », comme il l'appela, qui suscita en lui autant de fascination que d'inquiétante familiarité.
L'immigration juive en Palestine apportera aussi quelques grands noms du mouvement freudien international : Mosche Wulff, Max Eitingon et Josef Friedjung ... parmi d'autres. Ils quitteront l'Allemagne nazie en 1933, puis l'Autriche en 1938, pour y fonder une nouvelle Société psychanalytique et poser les bases du mouvement freudien en « Eretz Israel », la Terre d’Israël. D'autres analystes, moins connus, analysés sur les divans à Berlin ou Vienne, poursuivront leur formation à Jérusalem ou à Tel-Aviv et contribueront aussi à l'essor de la psychanalyse en Palestine durant les années trente et quarante; ils détermineront le cours de la psychanalyse en Israël à partir des années cinquante.
Surtout, l'insertion des psychanalystes dans le pays n'aura pas été possible sans l'inappréciable soutien apporté par quelques médecins, pédagogues et dirigeants sionistes gagnés à la cause psychanalytique. Parmi eux, le docteur Aryeh Feigenbaum, frère de Dorian, le premier psychanalyste à avoir exercé à Jérusalem entre 1921 et 1924, tous deux figures centrales de notre histoire.
 
Guido Ariel Liebermann, d'origine argentine vit et travaille à Jérusalem. Il est psychanalyste, historien, psychologue et clinicien à l’hôpital psychiatrique universitaire (attaché à l'Université de Tel-Aviv, à Bat-Iam,), membre de la Société de psychanalyse freudienne et de la Société internationale d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse.
 
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En chemin vers Rome avec nos enfants, l’âne Octave et nos rêves
D’Edouard Cortès – Editions X.O.
264 pages – 18, 90 euros – ISBN 978-2-84563-578-4
 
En 2007, pour leur voyage de noces, Edouard et Mathilde Cortès parcouraient 6000 kilomètres à pied sur les chemins de pèlerinage qui mènent de Paris à Jérusalem. Cinq ans plus tard, ils partent en famille, avec leurs trois enfants, marcher sur la via Francigena jusqu’à Rome. Durant quatre mois, ils avancent à rythme lent vers la Cité Eternelle. Avec, pour transporter les enfants et les bagages, une petite calèche tirée par un âne, ils avancent au gré du rythme familial et des rencontres, bivouaquant sous la tente. Marcher vers Saint Pierre de Rome, c’est remonter le cours de l’histoire. La via Francigena livre un patrimoine historique et culturel exceptionnel, à l’égal de celui des chemins de Compostelle. En empruntant des routes chargées de souvenirs, ils veulent comprendre et découvrir ce qui a animé des milliers de pèlerins avant eux. Mais leur démarche n’est pas uniquement historique ou sportive. Leurs pas rendent visible ce que leur cœur aimerait faire : avancer dans leur foi
 
Edouard Cortès, écrivain-voyageur, est l’auteur de plusieurs récits dont Un chemin de promesses, écrit avec sa femme Mathilde et publié aux éditions XO.
 
 
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Dès le début la thèse que défend l’auteur est biaisée. Il écrit «Le conflit israélo-palestinien a souvent fait la une des journaux, mais on en oublie parfois les origines. Au nom de quoi, depuis plus de 65 ans, des hommes se disputent-ils un territoire d’à peine 21 000 km2 ? Au droit accordé par l’ONU aux juifs d’avoir un État s’oppose le droit des Palestiniens de rester sur la terre qu’ils occupent depuis toujours. »
Mais Gérard Dhôtel oublie que les Juifs sont sur cette terre de manière ininterrompue depuis plus de trente siècles alors que les Palestiniens sont un peuple de création récente. En effet, jusqu’en 1948, lorsqu’on parlait de Palestiniens on faisait allusion aux seuls Juifs (les autres étant des « Arabes de Palestine ».
Un livre pour adolescent qui leur donnera, hélas, une vision tronquée de l’Histoire.
 
Dans son blog l’auteur se présente : « Ouvrages documentaires, ouvrages pour les ados, livre sur les ados, romans historiques (toujours engagés)… » . Le ton est donné !
 
Israël – Palestine. Une terre pour deux
De Gérard Dhôtel – Editions Actes Sud Junior
142 pages – 14 euros – ISBB 978-2-3330-01449-0
 
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