Accueil - sefarad.org
Loading

Moïse Rahmani

Pour préparer la rentrée (MB 18 août 2015)

    MENU    

SEFARAD.org
Moïse
Billet humeur
Ouvrages
Livres
Réaction
Belsef
DONS

Page PRECEDENTE


Sophie STERN
Maison de famille
Editions Avant- Propos – Collection Matanel
ISBN 9782390000204  - 270 pages -20,95 euros
 
Quand Elsa Fischer rentre de voyage, personne n’est là pour l’accueillir. Sur son bureau, son compagnon lui a laissé une enveloppe. Anticipant une lettre de rupture, bouleversée et incapable de se résoudre à la lire, elle préfère s’enfuir. Réfugiée dans la maison de famille pleine de charme désertée par tous, elle espère trouver le courage d’affronter la lettre.
Aspirée par la magie du lieu et les souvenirs, elle se laisse emporter par le roman familial. Un père juif allemand caché dans une église qui retourne en Allemagne, après la guerre, pour comprendre. Une séduisante grand-mère, pianiste virtuose, qui renonce à son art… Mais la rencontre avec Eyal, un mystérieux invité israélien avec lequel s’installe un climat de séduction trouble, la ramène au présent.
 
 
Maison de Famille nous plonge dans l’univers bousculé d’une jeune femme qui cherche à prendre possession de sa vie avant que ses chimères et tous ses doutes ne l’engloutissent. À travers le sort d’une vieille maison de campagne, c’est tout le jeu subtil des silences, des rêves et des secrets familiaux qu’explore ce roman. Et en filigrane, une question : comment sort-on du musée de son enfance ?
 
Sophie Stern est née en 1969 à Haïfa. Elle a passé son enfance à Paris, où elle a vécu avant d’émigrer à Jérusalem en 2008. Elle est l’auteur de Recommencer ailleurs paru aux éditions Avant-Propos en septembre 2013. Maison de Famille est son second roman
 
Et, du même éditeur, dans la même collection
 
Haviva PEDAYA
Contes des miroirs brisés
ISBN9782390000174 - 304 pages - 20,95 euros
 
 
Les Contes des miroirs brisés et leur cortège de doubles, d’alter ego et de reflets, nous invitent à lire les rapports que l’homme entretient avec les êtres aimés – père et mère, frères et sœurs, époux et amants – à l’aune des forces et passions qui se trament, invisibles à l’œil nu, entre les murs de la demeure en péril. Les personnages de Haviva Pedaya – hommes et femmes à la croisée des chemins, automates amoureux, anges-marionnettistes, Adams et Eves primordiaux ou éternellement répétés – réapparaissent d’un conte à l’autre, tissant une magistrale allégorie de l’existence humaine, entre l’implacabilité du destin et la force du libre arbitre. Dans une série de contes métaphysiques qui évoquent les figures mythiques de Narcisse ou de Pygmalion, puisent leurs thèmes et leurs structures dans le Hassidisme et la Kabbale, mêlent le souffle poétique biblique à l’interrogation talmudique, et allient l’écho des Mille et Une Nuits à la tradition de la littérature fantastique, Haviva Pedaya sonde les contrées désolées où l’homme, dans la solitude de la conscience, attend le réconfort d’un geste d’amour, d’un regard de compassion.
 
Haviva Pedaya, née en 1965 dans une famille de kabbalistes de Bagdad, vit à Beer-Sheva, en Israël. Ecrivain, poète, chercheuse en philosophie juive, elle est professeur au département d’histoire juive à l’Université Ben-Gourion dans le Néguev et membre de l’Institut Van Leer à Jérusalem. Une des intellectuelles les plus influentes en Israël, elle enseigne la kabbale et la mystique juive, et milite pour la paix, la culture mizrahi, l’écologie urbaine et la protection des animaux. Elle a reçu le Prix Yehuda Amihai en 2012. Contes des miroirs brisés est son premier ouvrage traduit en français.
 
 
 
Galeazzo CIANO
Journal politique I. Août 1937 - septembre 1939
Editions Perrin
ISBN 9782262041021 - 671 pages -12 euros
 
Qui connaît encore le comte Galeazzo Ciano (1903-1944) ? Ministre de la Propagande (1934) puis des Affaires étrangères (1936) de Mussolini, Hitler disait de lui : « C'est un danseur de café viennois », et un dignitaire fasciste en faisait l'incarnation du « narcissisme politique ». Et pourquoi tirer de l'oubli ce personnage qui, à la différence des proches de Hitler - Himmler, Goebbels, Ribbentrop... - semble n'avoir laissé aucune trace ? La biographie érudite et nuancée que lui consacre Michel Ostenc, spécialiste de l'histoire italienne, nous dévoile que le destin singulier de Ciano éclaire plusieurs pans de la réalité fasciste. Car Ciano n'est pas qu'un ministre parmi d'autres. Il est l'époux d'Edda Mussolini, la fille du Duce. Et son destin est exemplaire. Fat, médiocre, séducteur, bellâtre, mondain poussé vers les sommets par le Duce, on voit en lui l'héritier et l'exécutant fidèle de la politique fasciste. Et dans son rôle de ministre de la Propagande - il a à peine trente ans -, il organise la mise en scène du régime. Il n'est pas l'un de ces squadristi fascistes, mais le fils d'un héros de la Première Guerre mondiale, que le roi a fait comte. Il illustre le compromis politique passé entre les hommes de la « marche sur Rome » et la monarchie, l'alliance passée entre conservateurs, monarchistes, catholiques et « révolutionnaires » noirs. Le fascisme à travers lui apparaît respectable. Une troisième voie entre nazisme et bolchevisme. Paris et Londres rêvent de s'entendre avec Rome contre Berlin et Moscou. Mais Ciano, plus que le Duce, est vite fasciné par les succès d'Hitler, convaincu de la pusillanimité des démocraties. Ostenc montre bien que ces années 1935-1936 sont les années clés de l'avant-guerre. Ciano rencontre Hitler. Il est flatté, grisé, séduit, a l'illusion de pouvoir jouer une carte italienne. Obtenir de Londres et Paris le droit de conquérir l'Éthiopie, État membre de la Société des nations, en « flirtant » avec Hitler. C'est son « grand jeu ». Mais il n'est pas de taille pour le conduire. L'Italie est condamnée par la Société des nations. Hitler est fort. Alors Ciano - erreur majeure - signe avec lui un traité, l'Axe, qui le lie à Berlin. Il imagine qu'il va garder la liberté de rester non belligérant dans la guerre qui s'annonce, puis il découvre avec effroi la volonté guerrière des nazis. Mais, inconséquent, il pousse le Duce à s'engager dans la guerre d'Espagne, puis dans la conquête de l'Albanie, et une fois la guerre commencée - l'Italie y entre en juin 1940 - à intervenir en Grèce. Son espoir de voir se constituer, avec l'Angleterre, un front antisoviétique n'est qu'un mirage. La guerre est un engrenage implacable, et Ostenc, pas à pas, nous fait sentir le désarroi et l'angoisse qui saisissent Ciano.
Ciano tient un journal secret - l'un des documents essentiels pour cette période - où tout en voulant se donner le beau rôle, on mesure son désespoir, son impuissance, le piège dans lequel il est enfermé. Le temps n'est plus pour lui au double jeu. Il est le beau-fils du Duce. Quand, le 25 juillet 1943, il vote au Grand Conseil fasciste une condamnation de Mussolini, il devient la figure même du traître. La monarchie est aux commandes. L'Italie, le 8 septembre 1943, sort de la guerre (« Monsieur de Savoie ne termine jamais une guerre dans le camp où il l'a commencée », aurait dit Louis XIV...) Mussolini arrêté est libéré par les Allemands.
Il crée sous leur protection, dans le nord de l'Italie, une République fasciste : c'est la fin du compromis politique. Le début d'une guerre civile entre rouges et noirs. Et Ciano, tragédie du mondain, tout à coup plongé dans un univers shakespearien, est seul. Mesure de son aveuglement, il s'est réfugié... en Allemagne. Et Hitler le livre à Mussolini, aux republichini qui ne songent qu'à se venger, au Duce, qui a besoin de ce bouc émissaire « conservateur », pour lui faire endosser la responsabilité des désastres du fascisme.
Les conditions du procès et de l'exécution à Vérone (le 12 janvier 1944) sont sordides. Mussolini est resté sourd aux appels de sa fille : « J'ai attendu jusqu'à aujourd'hui que tu me témoignes un minimum de sentiments d'humanité et d'amitié, lui écrit Edda. Maintenant c'est trop. Si Galeazzo n'est pas en Suisse dans les trois jours... tout ce que je sais, avec preuves à l'appui, je l'emploierais sans pitié. Dans le cas contraire, si nous sommes laissés en paix et en sécurité (de la tuberculose aux accidents d'auto) vous n'entendrez plus parler de moi. » C'est la salve du peloton d'exécution qui répond. Les tireurs sont maladroits. Ils doivent s'y reprendre à deux fois. Mussolini, commente : « Les Italiens aiment se montrer en toutes circonstances ou féroces ou bouffons. » On peut retenir la formule à condition de remplacer « Italiens » par « fascistes ».
 
 
 
Rien ne prédisposait le jeune et mondain comte Galeazzo Ciano (1903-1944) à tenir un rôle de premier plan dans les affaires de l'État italien, si ce n'est peut-être sa prestance avantageuse et sa conversation brillante. Mais, en 1930, le diplomate en poste à Shangaï épouse Edda, la fille aînée de Benito Mussolini. Désormais, le destin des deux hommes sera indissolublement lié. De responsable de la propagande fasciste, le "héros" de la campagne d'Éthiopie devient en 1936, contre l'avis de la vieille garde qui n'apprécie guère son dilettantisme et ses liens avec l'aristocratie romaine, le nouveau ministre des Affaires étrangères et le numéro deux du régime.
 
Sous son ministère, Ciano tint un journal quasi quotidien des événements où il relate avec cynisme et sincérité la montée inéluctable de la guerre et la politique hasardeuse suivie par l'Italie. D'abord favorable à un rapprochement avec Hitler, on le voit s'opposer peu à peu, au lendemain de la signature du pacte d'Acier (mai 1939), à la politique pro-germanique agressive de son beau-père. Partisan de la conclusion d'une paix séparée avec les Alliés, puis de la démission du Duce, il est finalement exécuté comme traître en janvier 1944, un an après sa destitution qui conclut le Journal. C'est grâce à son épouse, qui les emporta avec elle, cachés sous sa jupe, dans sa fuite vers la Suisse, que les précieux carnets y furent publiés au lendemain de la guerre.
 
Ce témoignage historique capital sur la Seconde Guerre mondiale, source de première main pour les historiens du fascisme, n'avait jamais été réimprimé en français depuis 1946. Il devient enfin accessible au grand public dans cette nouvelle édition, préfacée, annotée et entièrement révisée par Pierre Milza, professeur émérite à Sciences Po Paris et éminent spécialiste du fascisme (Conversations Hitler-Mussolini, 2013 ; Histoire de l'Italie des origines à nos jours, 2005 ; Mussolini, 1999).
 
 
Jim HARRISON
Nageur de rivière
Editions Flammarion- J ai lu –
ISBN 9782290100257 - 280 pages -7,10 euros
 
Le nouveau livre de Jim Harrison met en scène deux hommes aux prises avec l'amour, le désir, et toutes les contrariétés qui vont avec, tandis qu'en toile de fond la ville gangrène peu à peu la nature. Clive, historien de l'art distingué mais artiste raté, revient à contrecoeur dans la ferme familiale du Michigan pour s'occuper de sa mère. Et pourtant, à soixante ans, ce retour dans sa maison d'enfance va lui offrir une vraie cure de jouvence. Sur les bords du lac Michigan, Thad vit quant à lui dans une ferme isolée. Confronté à l'injustice et au difficile passage à l'âge adulte, il se prépare à traverser le lac pour rejoindre Chicago. C'est le début d'un long périple et d'un apprentissage décisif pour ce jeune homme jusqu'alors plus à l'aise dans l'eau et les rêves que sur la terre ferme. Ecrit avec la verve de ses meilleurs romans, Nageur de rivière nous rappelle brillamment le talent et la profonde humanité de Jim Harrison.
 
Jim Harrison est né en 1937 à Grayling dans le Michigan aux Etats-Unis. Il a écrit plus de 25 livres, dont les renommés Légendes d'automne, Dalva, La Route du retour, De Marquette à Veracruz. Flammarion a publié avec succès Une odyssée américaine (2009), Les jeux de la nuit (2010) et Grand Maître (2012). Marié, père de deux filles, il partage son temps entre le Montana et l'Arizona.
 
 
Fabrice DROUELLE
Affaires sensibles. 40 ans d’histoires qui ont secoué la France
Editions Robert Laffont
ISBN 978221159316 - 263 pages - 19 euros
 
Pour la première fois, les meilleurs dossiers de l'émission phare de France Inter réunis dans un livre. Les micros dissimulés au Canard enchaîné, la folie meurtrière de Jean-Claude Romand, l'assassinat non résolu du juge Renaud, la fin d'Action directe, le coup de bluff du deux fois Goncourt Romain Gary, l'imbroglio politicojudiciaire du Carrefour du développement, le naufrage suspect du Bugaled Breizh... Autant d'événements sensibles et édifiants qui ont bouleversé l'opinion en leur temps et qui continuent de nous captiver aujourd'hui. Fabrice Drouelle nous en fait revivre une vingtaine dans un livre prenant qui nous aide à mieux comprendre l'actualité à la lumière de notre passé, les soubassements de notre société et la complexité humaine.
 
Fabrice Drouelle est journaliste à France Inter. Rédacteur en chef adjoint et producteur-présentateur de l'émission " Affaires sensibles ", il a, depuis dix ans, présenté successivement les journaux de 8 heures et de 13 heures, la revue de presse, le 13-14 et le 7-9 du week-end.
 
Antoine COMPAGNON
Un été avec Baudelaire
Editions des Equateurs /France inter
ISBN 9782849903988 - 172 pages - 13 euros
 
 
Marcel Proust se répétait Chant d'automne de Baudelaire :
 
" J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer ".
 
Peut-être aucun poète ne nous t-il a laissé autant d'images durables et de vers mémorables. Il fut le poète du crépuscule, de l'ombre, du regret, de l'automne. Mais il est l'homme de tous les paradoxes. Il y a d'ailleurs chez lui une perpétuelle nostalgie du soleil sur la mer, du soleil de midi en été : "Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ". L'été pour Baudelaire fut celui de l'enfance. Un été à jamais révolu. Et sa poésie est aussi la recherche de ce paradis perdu. Moderne et antimoderne, Baudelaire est d'une certaine manière notre contemporain. Aucun poète n'a mieux parlé des femmes –; des femmes et de l'amour –; que Baudelaire dans quelques poèmes sublimes comme La Chevelure ou L'invitation au voyage. Ce fut un homme blessé, un cruel bretteur, un fou génial, un agitateur d'insomnies. Baudelaire aura été l'un des plus lucides observateurs de la désacralisation de l'art dans le monde moderne, lui qui admirait tant la peinture de Delacroix et de Manet. Dandy et proche des chiffonniers, anarchiste de gauche puis de droite, il fut l'homme de tous les paradoxes et originalités. En 30 chapitres qui sont autant de diamants noirs, Antoine Compagnon aborde le réalisme et le classicisme de Baudelaire, le rôle de Paris et de Honfleur, de la ville et de la mer mais aussi le rire, la procrastination et le catholicisme. Dans le même esprit qu'Un été avec Montaigne, " à sauts et à gambades ", Antoine Compagnon nous fait redécouvrir Les Feurs du mal et Les Petits poèmes en prose en nous faisant partager un Baudelaire inclassable et irréductible.
 
Ecrivain et professeur au Collège de France, Antoine Compagnon est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à Baudelaire.
 
 
 
 
 

- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2017

Retour au site sefarad.org -