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CONTACT J N° 175
Notre Communauté
Les Réfugiés du Silence, pourquoi ce film
A l'occasion de la présentation du documentaire de Pierre Rehov, "Les Réfugiés du Silence" (grande salle du CBG le dimanche 16 mai 2004 à 16h), Contact J a voulu en savoir davantage et a interrogé Moïse Rahmani, le président du B'nai B'rith, organisateur de cet événement. Rappelons que Moïse a écrit un livre "L'Exode oublié, Juifs des pays arabes" qui a été présenté le 14 mai au CBG.
Pourquoi ce film ?
Ce film œuvre d'un cinéaste engagé, Pierre Rehov, décrit à travers divers témoignages, le drame des réfugiés juifs des pays dits-arabes.
Un chiffre doit être présent à l'esprit : il y avait dans ces pays, près d'un million de juifs dont la présence remonte à vingt-cinq siècles est antérieure de plus de mille ans à l'invasion arabe du septième siècle et, aujourd'hui, ils ne sont plus qu'une poignée, moins de quatre mille cinq cents.
Pourquoi maintenant ?
Plus de cinquante ans se sont passés. Chaque conflit avec Israël a amené des exactions contre les Juifs : massacres, arrestations, humiliations, spoliations. 1948, 1956, 1967 et 1973.
Les Juifs chassés ou forcés de partir ont dû se reconstruire, rebâtir leur vie, élever leurs enfants.
Tout comme les survivants de la Shoah ou les enfants cachés qui ont tu leurs souffrances pendant des décennies, par respect et par pudeur envers les rescapés des camps de la mort, les Juifs des pays dits-arabes ont gardé le silence. Les survivants de l'enfer nazi éprouvaient un sentiment de culpabilité : ils avaient survécut alors que leurs proches, leurs familles avaient été annihilés.
Nous avions la vie sauve. Nouas avions nos parents, nos enfants.
Certes, nous avions perdu nos biens. Nos familles étaient dispersées aux quatre coins du monde, nous avions dû abandonner nos morts, mais au moins étions-nous sauf.
Et puis, après la Shoah, est-ce que le monde était prêt à entendre une nouvelle tragédie juive ?
Qui participera à ce débat ?
Nous avons invité plusieurs personnes. Pierre Rehov, tout d'abord. Bien qu'engagé, ses films reflètent la vérité nue. Il a déjà produit : Chrétiens en terre sainte, le Cheval de Troie, la route de Djenine et aujourd'hui, les Réfugiés du Silence.
Nous avons invité ce jeune Amazigh, chercheur et écrivain, Lucien Samir Oulahbib.
Il nous parlera de la situation des Berbères et du combat de certain pour échapper à l'intégrisme et à l'arabisation forcée.
C'est un discours nouveau, un discours qu'il faut entendre et qu'il faut répercuter. Sans polémique, sans haine.
Le rôle de ces Imazighen est de faire comprendre à leurs communautés les dangers de cette islamisation forcenée qui mène au repli identitaire et dont le corollaire est l'importation, chez nous, du conflit du Moyen-Orient.
Nous aurons André Nahum, médecin à la retraite et écrivain, chassé de Tunisie avec un dinar, la contre-valeur d'un euro cinquante.
André est un auteur prolixe qui a chanté son Tunis juif.
C'est également un animateur de radio qui officie à Radio-Judaïque à Paris.
Son billet d'humeur du mercredi est attendu et écouté par des milliers d'auditeurs et son émission, l'Etoile et le Jasmin rend souvent compte de l'actualité littéraire. Etre invité à l'émission d'André Nahum est synonyme de notoriété.
Le professeur Maurice Konopnicki, historien, écrivain anime, depuis de très nombreuses années, le CID, le Centre d'Information et de Documentation qu'il tient à bout de bras, il enseigne à l'Université de Charleroi et anime une émission de radio fort écoutée sur Radio-Judaïca.
Ayant écrit un livre à ce sujet, je participerai également à ce débat qui sera animé par le Professeur Thomas Gergely.
Les connaissances encyclopédiques de Thomas Gergely, enseignant à l'Université Libre de Bruxelles, directeur de l'Institut d'Etudes du Judaïsme, en font le modérateur idéal.
Ce film et ce débat sont organisé par le B'nai B'rith de Bruxelles, le Cercle Ben Gourion l'Institut de la Mémoire Audiovisuelle Juive et l'Union des Etudiants Juifs de Belgique.
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