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L'exode oublié - Juifs des pays arabes, M. Rahmani
La saga des déracinés
LFM.- A l'heure où la question des réfugiés palestiniens en territoires arabes ne cesse de hanter les négociations entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne, Moïse Rahmani s'étend dans son dernier ouvrage, L'exode oublié, sur un chapitre moins connu - pour ne pas dire occulté - des conséquences de l'affrontement entre l'Etat d'Israël et les pays arabophones.
En 1948, date de la création de cet Etat, quelque 940.000 juifs habitaient dans ces pays arabophones; avec la concentration la plus forte dans les pays du Maghreb (le Maroc à lui seul comptait environ 300.000 personnes de confession israélite), mais aussi d'importantes comunautés en Egypte (90.000), au Yémen (60.000), en Libye (40.000), voire en Syrie (35.000).
Citoyens de seconde classe
En l'espace d'un demi-siècle, leur nombre est passé à un peu plus de 4.000 personnes dans l'ensemble des pays arabophones. Considérés jusqu'alors comme dhimmis, citoyens de seconde classe, ils ne vécurent pas une exisence idyllique comme on a bien voulu le présenter dans le passé. "Les brimades étaient quotidiennes et l'existence ne tenait parfois qu'à l'humeur des dirigeants... ou des voisins", explique l'auteur dans son introduction.
La création de l'Etat d'Israël renforça la méfiance dont ils faisaient l'objet et les vagues d'émigration se succédèrent au fil des décennies. Ceux qui restèrent furent dès lors les otages d'un conflit politique aux dimensions régionales et internationales.
Moïse Rahmani ne prétend pas retracer en détail l'histoire de ces juifs vivant dans ces contrées, certains - par générations interposées - s'étant installés bien avant que naisse l'islam. Se contentant d'évoquer parfois brièvement la saga de ces communautés, l'auteur, lui-même né en Egypte avant que sa famille ne fut oblgée d'émigrer sous d'autres cieux, a ecrit des tranches de vie qui illustrent le sort de ces nombreuses familles ayant quitté leur terre natale pratiquement contraintes et forcées.
Parmi les personnes citées figurent notamment deux Edouard, ayant choisi très tôt de vivre au Grand-Duché : l'un, d'origine irakienne, est passé par le Liban où il a connu sa femme, l'autre, né au Maroc, a fait un détour par la Suisse avant de venir s'établir dans la capitale luxembourgoise.
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Moïse Rahmani : L'xode oublié - Juifs des pays arabes, éd. raphaël, 2003, 438 pages. |