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Moïse Rahmani, qui est l'éditeur de la revue Los Muestros, la Voix des Sépharades, est, notamment, aussi l'auteur de Rhodes, un pan de notre mémoire, Paris, Éditions Romillat, 2000, de Shalom Bwana, la saga des Juifs du Congo, Paris, Éditions Romillat, 2002 et de Les Juifs du soleil. Portaits de Sépharades de Belgique, Bruxelles, Filipson Editions, 2002, qui forment une sorte de trilogie.
Le premier de ces ouvrages, abondamment illustré de cartes, de gravures anciennes et de photos et précédé d'un avant-propos d'André Chouraqui, présente un tableau très complet de la vie de la communauté des Rodeslis, nom que se donnaient les Juifs de Rhodes. Ce tableau est constitué de vingt chapitres. Certains décrivent l'histoire de cette communauté, qui vécut successivement la période des Chevaliers et une très longue période ottomane avant de devenir italienne à partir de 1912 et d'être anéantie en 1944. Ce récit fait une large place à l'importante émigration des Rodeslis, qui, à partir du début du 20e siècle, les conduisit en Amérique et surtout au Congo belge et les sauva ainsi de la Shoah. D'autres chapitres sont consacrés à la vie communautaire et religieuse à Rhodes, au folklore, à la langue, à la vie domestique et familiale, «au parfum de roses, de cannelle et de miel». Les derniers racontent la déportation et l'extermination (des 1673 déportés, seuls 151 survécurent) et présentent des témoignages de rescapés. Le livre se termine par la liste de ces morts.
Le sujet, moins tragique, de Shalom Bwana, que Roger Elmoznino à évoqué dans une précédente livraison de La Voix sépharade, est l'histoire de l'aventure des Juifs du Congo, dont beaucoup étaient des Rodeslis, pendant l'époque coloniale. Il raconte leur établissement dans ce coeur de l'Afrique noire et décrit l'existence de pionniers, parfois très aventureuse, qu'ils y ont menée. Il abonde en détails sur leur vie culturelle, économique, sociale et fait voir de façon vivante et souriante leur extraordinaire dynamisme, leur ouverture à la population noire et leur sens de la solidarité. Les photographies qui l'illustrent font revivre de façon étonnante un monde qui paraît déjà bien lointain.
Les Juifs du soleil, qui est précédé d'une préface d'André Chouraqui et d'un avant-propos du Président du Consistoire Central Israélite de Belgique, raconte l'histoire des Juifs sépharades de Belgique et trace le portrait de cette communauté, dont le visage actuel prit forme vers la fin du XIXe siècle. Ce portrait est composé de témoignages et de récits de vie individuels, aussi variés qu'émouvants, qui sont regroupés en chapitres thématiques, parmi lesquels il faut mentionner La Guerre et la Shoah, le corps Rabbinique et L'immigration du Congo des Juifs de Rhodes ainsi que des pages consacrées à des personnalités et à des initiatives communautaires diverses. Au delà de leur intérêt humain, ces témoignages sont souvent l'occasion de faire connaître les lignes de forces et les diverses tendances qui traversent cette communauté et de mettre en évidence ses préoccupations et son dynamisme.
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