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Portrait : Moïse Rahmani
1. Quelles sont les grandes lignes de votre parcours professionnel
et communautaire ?
Je me suis lancé dans le secteur financier à dix-huit ans et j’ai terminé ma carrière professionnelle dans le négoce diamantaire.
De tout temps je me suis intéressé à la communauté. Je dois mon engagement communautaire à deux personnalités hors du commun, deux grand rabbins, Moïse Levy, z’l., Grand rabbin du Congo qui a inculqué à la jeunesse juive de ce pays l’amour du judaïsme et d’Israël et le Grand rabbin du Luxembourg, Emmanuel Bulz, z’l., qui m’a transmis l’amour de la communauté et le devoir que tout juif a envers la sienne. Je lui suis profondément reconnaissant d’avoir gravé en moi cette maxime des Pirke Aboth « Nul ne te demande terminer l’ouvrage, mais tu ne dois pas t’y dérober ». Ne dépendant d’aucune institution, j’agis seul et sous ma propre responsabilité. J’édite, depuis Rosh Hachana 5757 (1990), un magazine culturel, Los Muestros, La Voix des Sépharades qui, au fil de ses dix-sept ans d’existence, est devenu un des principaux journaux culturel juifs européens et une source en ce qui concerne le monde sépharade. J’ajoute que nous n’avons aucun subside ce qui est souvent très difficile.
Je me suis lancé dans l’écriture et j’ai déjà publié près d’une dizaine d’ouvrage axés sur deux thèmes : le culturel et le « politiquement incorrect ».
Sans vouloir me vanter, je pense à avoir ouvert le chemin de la reconnaissance des réfugiés juifs des pays dits arabes en publiant, il y a cinq ans, l’Exode oublié, juifs des pays arabes réédité en 2005 par Luc Pire sous le titre « Réfugiés juifs des pays arabes, l’exode oublié ». J’ai également publié des livres sur les Juifs dans les pays arabes et les minorités et minorisés dans ces pays.
J’ai publié aussi une « Réponse de Noa » pamphlet en réaction à un livre racontant l’histoire de la Belgique mais dans lequel l’auteur n’a pu s’empêcher de déverser, à travers une quinzaine de passages, son fiel contre Israël.
Je viens de sortir, le 25 août 2007, une « Lettre à un frère » adressée au pape Benoît XVI et heureuse coïncidence – je n’aurais pas l’outrecuidance de parler de « conséquence », celui-ci a trouvé, le 7 septembre 2007, qu’il était « temps d’exprimer son repentir et son amitié envers ses frères juifs ». Si cette lettre a atteint son destinataire – ce que je souhaite – elle n’aura pas été vaine.
2. Quelles sont les principales activités de votre organisation ?
L’Institut Sépharade édite un magazine, publie des livres (trois sont en cours) : Alberto Israël, je ne vous ai pas oubliés, qui conte, en termes pudiques mais forts la déportation d’un jeune homme de seize ans. Ce récit, rapporté par Stipas Bosjnak, un Tzigane qui a réussit l’exploit de se mettre en dehors de l’histoire en retraçant la déportation d’un Juif alors que ses proches Tziganes ont subi le même sort ! les relations entre Juifs et Chrétiens au tournant du troisième millénaire par Menahem Macina, un chercheur spécialisé en ce domaine si particulier et enfin « Les Juifs du Congo. La confiance et l’espoir » qui retrace la création de la communauté de Kinshasa, au Congo, et son histoire de 1960 à nos jours.
C’est un hommage mérité qu je leur rends.
Nous avons lancé www.sefarad.org, un des sites juifs les plus fréquentés en Europe puisque nous recevons, chaque jour, une moyenne de deux mille cinq cents visites.
3. Combien de personnes sont liées à votre organisation ?
On ne peut arriver à ce résultat tout seul. Près de deux cents auteurs ont contribué à façonner le journal. Des gens connus ou moins connus. Nous avons marguerite qui assume la mis en page – et ce n’est pas une mince affaire – Myriam Talia, une de mes filles qui me seconde et Rivka, l’amie complice qui anime l’émission « La Voix Sépharade sui Radio Judaïca, tous les jeudis soirs de 19 à 20 H
4. Comment définiriez vous votre implication dans la communauté ?
Intense. Oui je crois que le mot est juste : intense. Je fais mien les mots de Hillel : Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Mais si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? Et si pas maintenant quand ? »
Cela peut paraître présomptueux mais cela reflète mon été d’esprit, surtout les deuxième et troisième parties de cette phrase : si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? Et si pas maintenant quand ? La communauté c’est aussi ma vie.
5. Quel est votre point de vue sur les problèmes actuels dont doit faire face notre communauté (antisémitisme, assimilation..) ?
Je vous renverrai à Jules Isaac qui disait qu’il faut : changer l’enseignement du mépris en celui de l’estime par l’enseignement car seul l’enseignement pourra défaire ce que l’enseignement a fait. Il a commencé, d’autres continuent mais la tâche est longue et ardue.
L’enseignement aux uns et aux autres nous permettra de combattre l’antisémitisme et l’assimilation.
6. Quelle est à votre avis la solution à ces problèmes (comment imaginez vous l’avenir de la communauté juive en Belgique) ?
La réponse est donnée au point 5.
7. Importance de l’éducation juive dans la communauté (écoles – mouvements) ?
Un des moyens est l’éducation mais ce n’est pas tout car, parfois, les parents se réfugient derrière l’école en abdiquant leur rôle d’éducateurs. Eduquer pour connaître. Seule la connaissance permettra à nos jeunes d’avoir la fierté de leur racines, près de six fois millénaires, ne l’oublions pas.
Rédaction : Aviva Abelew
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