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L. S. V. La voix sépharade, 37e annee vol.2
Décembre 2008 - Janvier 2009
Moïse Rahmani a captivé les membres de l'AJOE
L'été dernier, lors du Festival Séfarade de Montréal, l'AJOE eut le privilège de recevoir comme conférencier d'honneur, Monsieur Moïse Rahmani. Sa présentation fut des plus captivantes et émouvantes car il raconta le drame de son Exode d'Egypte, une histoire qui se rapproche tant de celle des milliers de Juifs exilés des pays arabes.
Moïse Rahmani est né au Caire le 29 août 1944. Descendant en partie d'une famille de Rhodes émigrée en Egypte à la fin du XIXe siècle, il est quand même forcé de quitter sa terre natale en 1956 après la guerre de Suez. C'est au Congo belge dans le milieu rhodesli qu'il passe son adolescence.
Un deuxième exode le retrouve installé en Europe à partir de l'année 1969. C'est en Belgique que sa voix d'écrivain retentit alors qu'il milite pour le Judaïsme, qu'il prononce son soutien pour Israël et qu'il lutte contre l'antisémitisme. En septembre 1990, il fonde le journal culturel trilingue (français, anglais, judéo-espagnol), Los Muestros. De plus, il crée l'Institut Séfarade Européen en 1993.
M. Rahmani a aussi publié maintes œuvres dont : Shalom Bwana, la SAGA des Juifs du CONGO (2002). A l'ombre de l'Islam, minorités et minorisés (2005). >Mémoires Héliopolitaines (2005).
Il reçut le prix Marcel Marinover en 2003 pour la publication de ses ouvrages consacrés au judaïsme séfarade.
Mais surtout lors de sa conférence en lisant quelques passages de son œuvre la plus récente, Réfugiés juifs des pays arabes, l'Exode oublié, que Moïse Rahmani a réussi à pénétrer au plus profond de nos cœurs.
Près de cinquante ans après son exil d'Egypte, il est admirable qu'il n'éprouve ni amertume ni ressentiment contre ceux qui l'ont forcé au départ. Au contraire, il nous transmet dans son "Epilogue en forme d'espoir, sa communauté idéale… c'est celle du grand-père qui emmène à pied, à travers n'importe quel quartier de la ville, ses petits-enfants le vendredi soir à la synagogue;;; Des voisins, chrétiens et musulmans viennent leur souhaiter Chabbat Chalom". Un espoir que nous avons tous.
Sa présence parmi nous fut couronnée par un souper "en famille" dans un restaurant du quartier, que présidait Mme Irène Buenavida, accompagnée de tous les membres de l'exécutif de l'AJOEE. Entre les bouchées de pain chami, d'olives et de babaghanoush, ce fut surtout la visite de son très cher ami d'enfance, David Avayou qui ajouta à sa grande joie de pouvoir se retrouver parmi nous, ses compatriotes d'Egypte.
Entre rires et larmes, la conférence de Moïse Rahmani nous a laissé un souvenir inoubliable.
N.B.– C'est avec tristesse que nous apprenons peu de temps après cet événement, le décès de M. David Avayou. Nous partageons avec sa famille la grande peine de son départ prématuré.
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