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Moïse Rahmani

J'vous dis pas. Lettre du 23 mai 2007 à Regards 641 du 22 mai 2007

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Mr Hollander se pose en redresseur de torts : quelle magnifique ambition. Je suis aussi un peu don qhichottesque. La preuve, le "J'vous dis pas... "qu'il me consacre en partie.

Mr Hollander, dans l’avant dernière livraison de Regards, épinglait Joël Rubinfeld. Dans celui de ce mois, c'est moi qui suis mis en cause.

Certes, Mr Hollander écrit que l'on dit de moi que je suis "mesuré et courtois" et je le remercie. Je suis heureux de savoir que c'est l'opinion de certains. Il ajoute, à juste titre, que la colère est mauvaise conseillère. Oui, mais je dois dire que, parfois, elle est légitime et salutaire.

Mr Hollander, en bon publiciste, connaît le poids des mots. Est-ce la raison pour laquelle il tronque des phrases ou les extrait de leur contexte ? Par exemple, s'il est vrai que j'ai écrit "Ex juif", l'honnêteté intellectuelle voudrait que l'on citât la phrase :

Le Soir titrait "ex-enfant juif caché en Belgique, je n'ai pas été à conférence de Jérusalem", et je disais qu'il semblait "avoir deux mots en plus : "enfant caché". Je lis moi : Ex-juif je n'ai pas été à la conférence de Jérusalem car cet enfant est devenu un adulte en partance du judaïsme, un homme qui porte en lui la haine de soi et de ses origines.

D.ieu me pardonne, je n'ai pas à juger qui est juif et qui ne l'est pas et je ne prétends pas le faire.
Mr Abramowicz est peut-être, selon la halakha, juif. Le cardinal Jean-Marie Lustiger aussi (Aaron Lustiger). Pourtant Raphaël Draï, dans sa "lettre ouverte au Cardinal Lustiger", le qualifie de maison qui a perdu ses fondations. Je n'ai pas qualifié Mr Abramowicz de maison sans fondations car c'est définitif. Je préfère en partance du judaïsme car celui qui part peut toujours revenir. Et je ne me prends pas pour D.ieu.

Mr Hollander tronque aussi mes propos. J'écrivais au Soir :
Quelle pitié de voir votre journal, sous couvert d'humanisme, verser dans un sensationnalisme nauséabond.
Certes c'est du sensationalisme nauséabond que de montrer un seul aspect des choses et Le Soir nous a hélas habitué à cette partialité.

Décrire la souffrance des Palestiniens est légitime, certes, mais la mettre en parallèle avec celle des enfants juifs durant la guerre est indéecent et même Mr Hollander semble le condamner.
S'abstenir de parler de la haine palestinienne contre Israël et tout ce qui est juif, ne mettre en avant que les seuls Palestiniens, occulter la souffrance et le drame des Juifs et des Israéliens est indécent et partial.
Pourquoi ne pas parler des populations juives qui vivent sous la menace des Palestiniens, du Hamas, du Fatah...

Je refuse aussi que l'on parle de réfugiées palestiniens (maintenus dans cet état par leurs "frères" arabes et palestiniens) sans évoquer les réfugiés juifs. C'est pourtant ce que Mr Abramowicz fait. Comment qualifie-t-on celui qui occulte sciemment les faits ? S'il veut parler de la souffrance qu'il lit dans les yeux des enfants palestiniens, il aurait du voir la mienne et celle de tous mes amis coupables d'etre juifs, seulement juifs.

Je m'opposerai à tous ceux qui ne veulent pas de moi et à tous ceux qui les soutiennent, même s'ils sont juifs, surtout s'ils sont juifs
(mais je donne raison a Mr Hollander sur le terme "individu".Il est péjoratif et je n'aurais pas du l'utiliser).

Je rêve d'un retour vers l'autre. Je ne l'ai jamais cache. Je l'ai même écrit dans un article, publié en 1990, sous le titre « Ma Communauté idéale ». Je l'ai même repris dans mon livre sur les réfugiés juifs des pays arabes (Editions Luc Pire, Bruxelles, 2006, réédition de mon ouvrage paru en 2003 aux editiions Raphaël, Paris). Je rêvais, à voix haute, d'une communauté idéale ou je ne cède pas ma place car il y a de la place pour deux, pour moi et pour l'autre. Mais l'autre veut-il de moi ? Même Mr Hollander en doute dans son billet. Alors ?

Je retiens l'idée de la table et je le remercie de vouloir régler l'addition. Nous n'en sommes pas encore là. Ce n'est pas moi ni Mr Abramowicz qu'il doit inviter, mais des Israéliens et des Palestiniens, car la paix ne se fera pas à Bruxelles et certainement pas entre Mr Abramowicz et moi (qui sommes-nous : un détracteur d'Israël contre un defenseur d'Israël en diaspora, tous les deux ?) mais entre les ennemis d'aujourd'hui qui seront, je l'espère, les amis de demain. Ce jour, soyez-en sur, c'est moi qui régalerait.

Hier c'était Joël Rubinfeld, aujourd'hui c'est moi. A qui le tour demain ?

le texte complet de ma lettre au Soir est au http://moise.sefarad.org/reaction.php/id/32/

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