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Moïse Rahmani

L’exode oublié. La fuite des Juifs des pays arabes

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L’exode oublié
La fuite des Juifs des pays arabes

L’enjeu :

Le conflit israélo-arabe recouvre de nombreuses questions problématiques et quasi-insolubles, dont la principale est peut-être le “droit de retour palestinien”, propulsé par les Arabes au premier plan de leur lutte pour la Palestine. Ce “droit” est aujourd’hui considéré comme acquis non seulement dans le monde arabe mais aussi parmi les hauts fonctionnaires des Nations Unies et nombre d’Etats membres. Les grands absents de tous les débats sur la question des réfugiés arabo-palestiniens sont le quasi-million de réfugiés juifs originaires des pays arabes, qui dans leur grande majorité ont été intégrés par Israël. On ignore trop souvent sous silence l’histoire et les circonstances qui ont entouré ces deux mouvements de réfugiés.

La plus ancienne diaspora

La présence juive en territoire aujourd’hui arabe remonte à la destruction du premier Temple Juif, en 586 av. J.-C. Ces communautés juives, les plus anciennes de la Diaspora, se sont éteintes dans les années 1940 et au début des années 1950, lorsque leurs membres ont été contraints de fuir pour sauver leur vie. En 1945, on dénombrait approximativement dans le monde arabe 900 000 Juifs répartis dans plusieurs communautés. Aujourd’hui, ils sont moins de 8 000. Certains Etats arabes comme la Libye sont totalement juderein; dans d’autres, il ne reste plus que quelques centaines de Juifs d’un âge avancé. Sur les 900 000 Juifs d’origine arabe, 600 000 environ ont été accueillis par Israel; les autres ont émigré en France, au Canada, aux Etats-Unis, en Australie et en Amérique du Sud.

L’histoire des Juifs sous la domination arabe et musulmane est une histoire longue et variée. Les Juifs (et les Chrétiens) considérés comme dhimmi, constituaient un groupe “protégé” de citoyens de seconde classe. La présence juive en terre musulmane a été marqué par des périodes de grande prospérité, lorsque les Juifs remplissaient des fonctions de conseillers auprès de la classe dirigeante. Ces périodes se sont souvent accompagnées d’avancées remarquables dans le domaine de la médecine, des affaires et de la culture. La philosophie et l’étude religieuse ont également connu un grand essor. Le plus souvent, cependant, les Juifs ont été assujettis à des taxes discriminatoires, contraints d’habiter des quartiers surpeuplés pareils à des ghettos et souvent relégués aux échelons inférieurs de la vie économique et sociale. Pourtant, ce n’est qu’en 1940 qu’ils ont commencé à craindre pour leur vie.

Sur les ailes de l’aigle

En 1941, au cours du festival de Shavuot, 180 Juifs ont été assassinés lors d’un farhoud [pogrom] à Bagdad. Des sources non officielles font état de 700 blessés et de 3 millions de dollars de dommages causés aux biens juifs. Le farhoud a provoqué une onde de choc dans la communauté juive, mais ce n’est qu’après 1948 que la situation est devenue véritablement invivable. Les Juifs ont subi de graves persécutions économiques qui ont réduit à la pauvreté des pans entiers de la communauté juive. En 1950, le gouvernement Irakien a déchu les Juifs de leur citoyenneté et les a autorisé à émigrer. Les émissaires de l’aliyah présents en Irak à l’époque sont formels, “il ne fait aucun doute que le désir de contrôler les biens juifs est derrière tout ça.” Le gouvernement irakien a décrété le gel de tous les avoirs juifs, interdit aux Juifs tout accès à leurs comptes bancaires et décrété la fermeture des entrepôts et des usines appartenant à des Juifs. Des rapports font état de “Juifs agressés dans la rue par la police, par des agents en civil et par de simples citoyens, et dépouillés de tout ce qu’ils possèdent”. Selon deux olim irakiens interrogés le 15 mars 1951, “Le spectre de la famine approchait à grands pas”. La majeure partie des Juifs d’Irak a pu être secourue par Israël au début des années 1950, au cours de l’”Opération Ezra et Nechemia”. Les quelques milliers de Juifs irakiens restés en Irak ont continué d’être victimes de privations économiques, d’arrestations et de harcèlement. Nombre d’entre eux ont réussi à fuir dans les années 1960 et 1970, et cette ancienne communauté juive, forte de 900 000 membres en 1948, n’en compte plus aujourd’hui que quelques centaines.

L’Irak n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. L’histoire s’est répétée pour de nombreuses autres communautés juives en territoires arabes. La communauté juive d’Egypte a vécu dans un calme relatif jusque dans les années 1950, lorsqu’un groupe d’officiers s’est emparé du pouvoir et que l’Egypte a amorcé son rapprochement avec l’Union soviétique. Au fil des années, de nombreux Juifs égyptiens étaient devenus des hommes d’affaires prospères, et leurs magasins aujourd’hui nationalisés existent toujours. Le 3 novembre 1956, Nasser a exproprié tous les biens de la communauté juive. Tous les employés juifs ont été licenciés des entreprises expropriées, et les commerçants, les professions libérales et les fonctionnaires juifs n’ont plus pu travailler. Le message était clair. Il était préférable pour les Juifs de renoncer à leurs biens et de quitter l’Egypte le plus rapidement possible. Entre novembre 1956 et juin 1957, plus de 22 200 Juifs ont ainsi quitté l’Egypte. Les agressions brutales se sont poursuivies à l’encontre de ceux qui étaient restés, les contraignant à leur tour à l’exil. Plus de 13 500 Juifs égyptiens sont ainsi arrivés en Israël en octobre 1957. Mais les persécutions ont continué, de sorte que sur une communauté de 75 000 personnes, il ne reste plus aujourd’hui que 200 Juifs en Egypte. La valeur des biens et avoirs abandonnés derrière eux par ces émigrants est estimée à 2,5 milliards de dollars.

Aujourd’hui, il ne subsiste plus aucun Juif en Algérie, alors qu’ils étaient 130 000 en 1948. Au Maroc, pays qui a protégé ses Juifs pendant l’Holocauste, il ne reste plus que 5 800 Juifs sur les 286 000 que comptait la communauté en 1948. Dans tous ces pays, comme en Syrie, en Libye, en Tunisie et au Yémen, les autorités ont mené une politique non déclarée d’expulsion. Les biens des Juifs ont été confisqués, leurs avoirs gelés, leurs moyens d’existence anéantis. Les agressions physiques dont ils étaient victimes restaient impunies; parfois, elles étaient le fait des forces de police elles-mêmes. Grâce à leurs efforts concertés pour contraindre les Juifs à l’exode, les Etats arabes ont réussi à extirper et anéantir 2000 ans d’histoire juive dans la région.

Les Juifs, désormais sans argent et sans ressource, se sont tournés vers Israël. Certains sont arrivés à pied, achetant les garde-frontières pour qu’ils regardent de l’autre côté. D’autres ont été secourus par Israël, grâce à des ponts aériens comme l’”Opération Tapis volant” qui a amené 45 000 Juifs yéménites en Israël en 1949. Israël, qui était alors un tout jeune Etat, a accueilli ces réfugiés et s’est efforcé de les intégrer au sein de la société israélienne. Certes il a commis de nombreuses erreurs dans ses premières tentatives d’intégration et d’assimilation des réfugiés, mais cette politique a finalement porté ses fruits. Les réfugiés ont d’abord été installés dans des camps de transit (ma’abarot) pour être ensuite transférés dans des villes nouvelles et autres lieux. Dépouillés de toutes leurs affaires dans leur pays d’origine, débarquant en Israël avec leurs vêtements pour seule richesse, ces réfugiés ont vécu dans des conditions misérables dans les ma’arabot, sans eau courante ni électricité. Les effets de leur fuite forcée et de leur difficile assimilation en Israël continuent de se faire sentir aujourd’hui. En revanche, les enfants de ces réfugiés sont des citoyens israéliens à part entière, qui ont profondément influencé la société israélienne. Les enfants des réfugiés juifs originaires des pays arabes occupent aujourd’hui de hautes fonctions dans l’armée (y compris l’actuel chef d’Etat-major des armées, Shaul Mofaz), au gouvernement et à la Knesset. Ils comptent parmi les noms les plus célèbres du sport, de la musique et des milieux d’affaires en Israël. Et en 2000, Moshe Katzav, immigrant d’origine iranienne - qui a passé ses premières années en Israël dans un ma’abara - a été élu à la présidence de l’Etat d’Israël.

Les réfugiés arabes

Qu’en est-il des autres réfugiés? En 1948, 650 000 Arabes approximativement (les estimations varient entre 400 000 et 850 000)ont fui Israël, alors déchiré par la guerre. Nombre d’entre eux ont été incités à le faire par les dirigeants arabes qui leur promettaient un retour rapide dans leurs foyers après la victoire. Mais les Arabes ont perdu la guerre. Au lieu d’accueillir leurs frères arabes en territoire arabe, comme l’avait fait Israël pour les réfugiés juifs, les dirigeants du monde arabe ont décidé de les établir dans des camps de réfugiés tentaculaires qui continuent d’exister 50 ans plus tard. La question des réfugiés arabes est devenu l’un des enjeux majeurs du conflit israélo-arabe, et ce en raison d’une volonté délibérée. Les dirigeants arabes, opposés à la reconnaissance de l’Etat d’Israël et peu soucieux d’absorber les réfugiés arabes dans leurs pays respectifs, ont délibérément exploité le malheur de leurs coreligionnaires pour poursuivre la guerre contre l’Etat d’Israël. Lorsqu’il est clairement apparu à ces Etats qu’ils ne parviendraient pas à vaincre Israël militairement, ils ont pensé qu’ils pourraient néanmoins anéantir Israël en insistant sur le “droit de retour” des réfugiés arabo-palestiniens. Ce faisant, ils ont pu non seulement s’épargner les problèmes liés à l’absorption et à l’intégration de ces réfugiés au sein de leurs propres sociétés, mais aussi poursuivre la lutte contre Israël sans engager leurs armées ni risquer d’autres défaites humiliantes. Un afflux d’Arabes en Israël aurait pour effet de déséquilibrer la composition démographique du pays au point qu’Israël cesserait d’être un Etat juif. Dans l’éventualité de la création d’un Etat palestinien comprenant la Judée, la Samarie et Gaza, et de l’exercice du droit de retour dans l’Israël d’avant 1967, les Palestiniens disposeraient de fait de deux Etats, alors que les Juifs n’en auraient plus. Cette exploitation de la question des réfugiés a eu un autre effet positif pour le monde arabe, en ce sens qu’elle lui a permis de gagner un large soutien international à sa cause. Les Arabes savent qu’ils ne pourront pas vaincre Israël par les armes, mais que s’ils parviennent à rallier l’opinion publique internationale, ils auront une chance d’atteindre leur objectif par la voie diplomatique. C’est pourquoi ils se refusent à prendre en compte toutes les concessions israéliennes concernant les territoires, et continuent de mettre l’accent sur la question des réfugiés.

La perpétuation du problème

L’histoire est jalonnée de transferts de populations et de crises résolues de réfugiés. Après la Seconde guerre mondiale, il y a 57 ans à peine, on comptait plus de 60 millions de réfugiés. Il n’en subsiste plus aucun aujourd’hui. Des millions d’Allemands, par exemple, originaires de Tchécoslovaquie et d’autres pays européens, ont été envoyés en Allemagne. A des milliers de kilomètres de distance, en Inde et au Pakistan, près de 6,5 millions de Musulmans ont quitté l’Inde pour émigrer au Pakistan; un nombre égal d’Hindous et de Sikhs ont fait le voyage inverse lorsque ces deux pays ont accédé à l’indépendance. Le seul problème de réfugiés qui n’ait pas trouvé de solution à ce jour est celui des réfugiés arabo-palestiniens.

Non seulement le problème n’a pas trouvé de solution, mais il a été perpétué. En décembre 1949, l’Organisation des Nations Unies a créé un organisme spécial chargé de venir en aide aux réfugiés, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés (United Nations Relief and Work Agency- UNRWA). Cet organisme emploie aujourd’hui près de 20 000 personnes et dispose d’un budget de 311 millions de dollars. Alors même qu’il existait déjà un organisme chargé de secourir les réfugiés à travers le monde entier, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l’Assemblée générale a créé l’UNRWA spécialement pour les réfugiés arabes, pour “réaliser des programmes directs de secours et de travaux en collaboration avec les gouvernements de la région”, pour “organiser une consultation avec les gouvernements du Proche-Orient sur les mesures à mettre en oeuvre pour préparer la fin de l’aide internationale aux programmes de secours”. Le mandat actuel de l’URWA expire le 30 juin 2002. L’UNRWA dirige les programmes d’éducation, de santé et de service social dans les camps de réfugiés, et se veut soi-disant une organisation humanitaire, apolitique. Pourtant, depuis la fin des années 1970, il est avéré que les camps de réfugiés servent de bases terroristes et d’asile, et que souvent, le personnel des Nations Unies connaît ces cellules terroristes, auxquelles il prête parfois un soutien actif.

Une telle mascarade ne peut se comprendre que dans le contexte des relations entre Israël et les Nations Unies. Dès sa création pratiquement, l’Etat d’Israël a été traité comme l’enfant bâtard des Nations Unies. Immédiatement après son adhésion à l’ONU, les Etats arabes et leurs alliés, soutenus par l’Union soviétique et ses Etats satellites, ont entamé une campagne visant à mettre Israël au ban des nations et à le priver de légitimité. C’est ainsi qu’en 1975, l’Assemblée générale a adopté la résolution infâme assimilant sionisme et racisme, dont elle a par la suite reconnu l’absurdité et qu’elle a annulé. Cependant la volonté de se servir des instances et instruments des Nations Unies pour poursuivre la lutte contre Israël est aujourd’hui encore manifeste, comme l’atteste la récente Conférence des Nations Unies contre le racisme qui s’est tenue à Durban. De même que les Etats arabes - dont aucun ne peut se prétendre champion de la démocratie ou bastion des droits de l’homme - ont détourné le langage de la démocratie et des droits de l’homme pour isoler Israël à Durban, de même ils ont exploité le malheur des réfugiés pour servir leurs intérêts propres. Sans tenir compte de la tragédie réelle que vivent ces réfugiés et de leur propre part de responsabilité dans l’apparition et la perpétuation de cette situation, les Etats arabes brandissent la question des réfugiés comme leur dernière et meilleure carte dans leur entreprise d’anéantissement d’Israël.

Un échange de populations

Mais les faits contredisent l’idée d’un rapatriement des Palestiniens en Israël. En dehors même de ses conséquences suicidaires pour Israël, un tel rapatriement aurait pour effet d’introduire une nouvelle norme dans la vie internationale. Au moment de la création de l’Etat d’Israël, deux mouvements de réfugiés se sont opérés : l’un à destination d’Israël, l’autre hors de ses frontières. Il y a eu de fait un échange de populations. Faut-il remonter dans le temps et reconsidérer tous les autres échanges de populations qui se sont produits dans le passé? L’idée ne peut être sérieusement envisagée dans aucun autre cas. Pourtant, les Etats arabes, avec le soutien de l’UNRWA et d’une Assemblée générale bienveillante, ont préféré maintenir les Arabes palestiniens dans leur condition de réfugiés plutôt de les accueillir sur leur territoire en leur accordant la citoyenneté et en leur offrant les moyens de s’intégrer dans la société, réussissant ainsi à faire oublier au monde entier les véritables raisons et les circonstances qui entourent ce problème.

L’heure est venue de lever le voile du silence qui pèse sur l’histoire des réfugiés juifs. Au moment où les Arabes affirment de plus en plus haut leurs véritables objectifs et le “droit de retour” des réfugiés arabo-palestiniens, il est particulièrement important de se rappeler que le conflit israélo-arabe a aussi créé d’autres réfugiés que les Arabes palestiniens. Les réfugiés juifs, toutefois, ne sont plus des réfugiés. Ils sont aujourd’hui des citoyens à part entière et fiers de l’être, dans leur nouvelle patrie. Et bien qu’ils aient abandonné derrière eux des dizaines de milliards de dollars de biens personnels et communautaires, en même temps que les souvenirs d’une vie à tout jamais enfuie, Israël ne revendique pas de “droit de retour” pour ces Juifs en terre arabe. De même, il récuse le “droit de retour” des Arabes en Israël.

Ce point important a été reconnu dans de nombreuses assemblées. En 1978, John McCarthy, expert sur la question des réfugiés de la Conférence catholique unie, a noté que sans le manque de coopération des Etats arabes, la question des réfugiés arabo-palestiniens aurait été résolue. McCarthy a indiqué qu’en l’espace de 30 ans, la Conférence catholique avait contribué à la réinsertion d’un million de personnes environ à travers le monde. “Nous pouvons [réinstaller] les populations si nous avons l’aide, juste l’autorisation des gouvernements. Mais il faut bien se souvenir d’une chose: les pays arabes ne veulent pas accueillir les Arabes... [Ces réfugiés] sont de simples otages.” Et en 1975, Sabri Jiryis, Directeur de l’Institut des études palestiniennes de Beyrouth, a écrit dans le quotidien Al-Nahar :

“A l’évidence, Israël posera la question [de l’expulsion des Juifs des territoires arabes] dans toute négociation sérieuse... sur les droits des Palestiniens... Les arguments d’Israël prendront approximativement la forme suivante: Il est vrai que nous, Israéliens, sommes à l’origine de l’exode des Arabes lors de la guerre de 1948... et que nous avons confisqué leurs biens. Mais en retour, vous Arabes avez provoqué l’expulsion d’un nombre équivalent de Juifs hors des territoires arabes entre 1948 et aujourd’hui. La plupart sont venus en Israël après que vous ayez saisi leurs biens d’une manière ou d’une autre. Ce qui s’est produit relève donc simplement d’une sorte de “transfert de populations et de biens”, dont les conséquences doivent être assumées par les deux parties. Israël rassemble donc les Juifs originaires des pays arabes, et les pays arabes doivent à leur tour accueillir les Palestiniens à l’intérieur de leurs frontières et rechercher une solution au problème.”

Conclusion

Le 28 juillet 2000, Bill Clinton, alors président des Etats- Unis, a suggéré un moyen de résoudre enfin le problème des réfugiés - tant juifs qu’arabes : “Un fonds international devra être mis en place pour les réfugiés. Il existe, je crois, un certain intérêt... des deux côtés, pour la création d’un fonds qui serait chargé d’indemniser les Juifs que la guerre a transformés en réfugiés, ce qui s’est produit après la naissance de l’Etat d’Israël. Israël est peuplé de gens, de Juifs qui vivaient auparavant dans des pays à prédominance arabe et qui sont venus en Israël parce qu’ils étaient devenus des réfugiés sur leur propre terre.” Leur histoire ne doit pas être ignorée ou justifiée par des moyens fallacieux. La tragédie des Juifs contraints de quitter les pays arabes doit être inscrite sur l’agenda international, et son importance se refléter pleinement dans toute solution définitive du conflit du Proche-Orient. Les dépenses considérables engagées par Israël pour intégrer les réfugiés juifs originaires des pays arabes et leur permettre un nouveau départ doivent aussi être prises en compte. Il importe de ne pas oublier que la création de l’Etat d’Israël a entraîné l’apparition de deux problèmes de réfugiés, et non pas un. Il est effectivement tragique que les réfugiés arabes vivent toujours dans des camps de réfugiés plus de cinquante ans après avoir quitté Israël. Mais c’est une tragédie délibérément perpétuée et exploitée par leurs dirigeants à des fins politiques. Il est temps de faire la lumière sur la véritable nature de la question des réfugiés, et de l’échange de populations qui est au cœur du problème.

Source : Congrès Juif Mondial et Congrès Juif Européen

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